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Ingénieurs, hommes d’affaires, professeurs et... un colonel de police répondent à l’appel

Des dizaines d’ingénieurs, hommes d’affaires, professeurs ou policiers irakiens, dont un colonel, sont venus samedi à l’hôtel Palestine de Bagdad proposer leurs services aux Américains pour mettre un terme au chaos dans la ville. À l’origine de cette concentration hétéroclite, un appel des Américains vendredi matin à la radio, notamment la BBC et la radio koweïtienne, demandant aux cadres et techniciens de se présenter au nouveau « Centre opérationnel civil et militaire » (CMOC) qu’ils viennent d’installer dans cet hôtel. Des dizaines d’Irakiens ont répondu à l’appel et proposé idées, solutions, infrastructures. Parmi eux, le colonel Ahmad Abdelrazzak Saïd, dans son uniforme vert olive, précédé de six policiers en civil. Trois autres policiers sont également arrivés dans leur véhicule de fonction, première voiture de police à réapparaître à Bagdad depuis mardi, à la veille de la chute de Bagdad aux mains des Américains. Le capitaine Mohammed Abdel Karim al-Assaidi a expliqué qu’il était « temps de reprendre le travail » au vu de la dégradation de la situation dans la ville. Recensés puis sélectionnés, tous ces volontaires ont été réunis pendant plusieurs heures dans la salle de conférences de l’hôtel, avec les Américains mais aussi des ONG comme Médecins sans frontières. Le colonel Saïd est ainsi reparti au bout de trois heures, sans faire de commentaire. Ingénieur électrique, Omar Qaisi explique, lui, que les techniciens doivent se réunir de nouveau pour rétablir l’électricité « sous 48 heures ». Sami Youssef Ranima, ingénieur emprisonné pendant deux ans pour son opposition au régime, explique : « Nous n’avons ni gouvernement, ni police, ni hôpitaux. Ils ont besoin de notre aide, alors nous voilà, pour les aider à tout remettre en marche le plus vite possible. » Un Irakien à la barbe blanche ne veut pas donner son nom, mais raconte être un colonel de la police militaire à la retraite. « La première chose dont nous avons besoin ce sont des patrouilles dans les rues », explique-t-il, avant d’entrer pour ressortir quelques minutes plus tard, désappointé. « Ils n’ont pas été très aimables avec moi. » Abdallah Karim Hadi, un commerçant, estime que les Américains devraient gouverner l’Irak pendant un temps. « Je vais leur dire qu’au moins dans les deux prochaines années il nous faut un gouvernement américain. En Irak on ne sait plus qui est bon et qui est mauvais. » Un ingénieur, Chaker al-Serraf, contemple l’agitation avec distance. Il espère contribuer à créer un lien entre Irakiens et Américains. « La vraie guerre n’a pas encore commencé. Beaucoup croyaient que les États-Unis allaient amener le paradis, mais il n’en est rien. Les Américains ne nous connaissent pas », dit-il. Aux portes de l’hôtel, les Marines chargés de la sécurité ne savent plus où donner de la tête. L’arrivée du colonel Saïd fut remarquée en particulier. « Qui c’est celui-là ? D’où vient-il ? » demandaient les jeunes soldats. Le colonel s’est présenté, en arabe, traduit par l’interprète des soldats, un Koweïtien revêtu de l’uniforme des Marines et portant des lunettes de soleil dernier cri. Replaçant son béret et tentant de reprendre un air de dignité, le colonel Saïd a expliqué à la presse être venu offrir ses services et ceux de ses collègues pour rétablir l’ordre dans Bagdad. Pendant ce temps, un Marine maintenait sa main sur sa nuque. « Pourquoi tu es venu en uniforme ? », a alors demandé un des policiers en civil à son supérieur. « C’est plus noble, je viens ici faire mon métier », lui a répondu le colonel.
Des dizaines d’ingénieurs, hommes d’affaires, professeurs ou policiers irakiens, dont un colonel, sont venus samedi à l’hôtel Palestine de Bagdad proposer leurs services aux Américains pour mettre un terme au chaos dans la ville. À l’origine de cette concentration hétéroclite, un appel des Américains vendredi matin à la radio, notamment la BBC et la radio koweïtienne, demandant aux cadres et techniciens de se présenter au nouveau « Centre opérationnel civil et militaire » (CMOC) qu’ils viennent d’installer dans cet hôtel. Des dizaines d’Irakiens ont répondu à l’appel et proposé idées, solutions, infrastructures. Parmi eux, le colonel Ahmad Abdelrazzak Saïd, dans son uniforme vert olive, précédé de six policiers en civil. Trois autres policiers sont également arrivés dans leur véhicule de...