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Scènes de pillage et de lynchage à Bassora(photo)

La ville de Bassora, dans le sud de l’Irak, n’est pas encore entièrement passée sous le contrôle des troupes britanniques, a déclaré hier le Premier ministre Tony Blair devant la Chambre des communes. Un constat qui se traduit sur le terrain par l’exaspération qui se répand parmi les habitants de Bassora face à l’anarchie régnant dans leur ville en l’absence de toute autorité locale ou de police, et face à l’apparente impassibilité des troupes britanniques. « Même si nous haïssions Saddam, avec lui au moins on ne contrevenait pas à la loi par peur de la rétorsion. Entre cela et le désordre actuel, c’est du pareil au même pour nous », résume Hossam, un commerçant qui garde son petit magasin d’alimentation et de tabac fermé par peur des voleurs et qui le surveille 24 heures sur 24 avec des membres de sa famille. Les soldats britanniques sont d’ailleurs parvenus de justesse à sauver un homme soumis à un lynchage de la mort. « Ils ont arrêté de lancer des pierres quand ils nous ont vus, mais certains en avaient encore dans les mains. L’un d’eux avait une bouteille cassée », a raconté le commandant Damian Hoskins, du régiment Royal Tank. « Il savait qu’il allait mourir. Il était plus que terrifié. Il était résigné. » Depuis lundi, jour où les forces britanniques ont pris le contrôle de la quasi-totalité de la deuxième ville d’Irak, les pillages de bâtiments publics et les règlements de comptes se sont multipliés. « Nous recevons des personnes qui ont été blessées dans les saccages, poignardées par des voisins, atteintes par balles dans des règlements de comptes entre membres du parti Baas et leurs détracteurs », explique le Dr Mouayad Joumah Lefta qui travaille dans le plus grand hôpital de Bassora. « Les Britanniques sont responsables de cela », estime le médecin qui relate avoir défendu avec ses propres collègues l’hôpital contre des voleurs avant d’obtenir qu’un groupe de soldats britanniques s’installe mercredi sur le toit. Interrogés, les militaires britanniques postés à différents points stratégiques de la ville font valoir qu’ils essaient « de faire le maximum » mais admettent que « la situation est difficilement contrôlable ». Selon eux, la 7e brigade blindée et les Royal Marines ont arrêté plusieurs pilleurs qui tentaient de quitter Bassora à bord de camions chargés d’aliments. Mais l’amertume est vive après les violents bombardements subis par la ville. « Ce qui nous arrive ne les touche absolument pas. Ils nous haïssent parce que nous sommes arabes », lance un habitant en pointant les soldats britanniques sur leurs chars devant le siège en ruines du parti Baas. Dans une rue voisine, des dizaines de femmes et d’enfants recueillent dans un grand cratère d’obus l’eau de canalisations rompues. « En principe, c’est pour laver le linge ou faire du thé une fois l’eau bouillie, mais si l’eau potable n’arrive pas, on sera obligé de boire celle-ci », explique Choukria, mère de quatre enfants et divorcée. Par ailleurs, de nombreux habitants ne cachaient pas leur scepticisme et leur méfiance devant la possibilité qu’un chef tribal de la région prenne la tête d’une administration locale provisoire. « Les chefs tribaux ont aidé Saddam (Hussein), qui les a achetés en leur donnant des milliers de dollars avant la guerre, et maintenant ils se sont mis à la disposition des Américains et des Britanniques. Ce ne sont pas des gens honnêtes », déclarait Hossam, ingénieur dans la pétrochimie, résumant l’opinion de beaucoup d’autres Irakiens de Bassora. Dans le reste du sud du pays, les forces de la coalition ont continué hier d’étendre leur zone d’influence vers le nord de la ville et l’est, le long de la route entre Bassora et al-Amara. Près d’al-Amara, les Marines ont rencontré une résistance minimale des 10e et 14e divisions irakiennes « qui avaient déjà abandonné leurs armes », selon le Centcom, et occupent désormais le quartier général de la 10e division blindée. Dans ce secteur, la transition est en cours vers l’activité purement humanitaire, selon le Centcom, notamment avec la distribution de denrées acheminées par les Britanniques, les Australiens et les Espagnols jusqu’au port d’Oum Qasr. C’est également à Oum Qasr que plus de 7 000 Irakiens sont retenus prisonniers dans un camp, ont par ailleurs indiqué des responsables américains et britanniques du Centcom.
La ville de Bassora, dans le sud de l’Irak, n’est pas encore entièrement passée sous le contrôle des troupes britanniques, a déclaré hier le Premier ministre Tony Blair devant la Chambre des communes. Un constat qui se traduit sur le terrain par l’exaspération qui se répand parmi les habitants de Bassora face à l’anarchie régnant dans leur ville en l’absence de toute autorité locale ou de police, et face à l’apparente impassibilité des troupes britanniques. « Même si nous haïssions Saddam, avec lui au moins on ne contrevenait pas à la loi par peur de la rétorsion. Entre cela et le désordre actuel, c’est du pareil au même pour nous », résume Hossam, un commerçant qui garde son petit magasin d’alimentation et de tabac fermé par peur des voleurs et qui le surveille 24 heures sur 24 avec des membres de...