Rechercher
Rechercher

Actualités

Téhéran veut faire entendre sa voix pour l’après-Saddam

Téhéran a exprimé hier sa volonté de faire entendre la voix de l’Iran par les États-Unis en affirmant qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement installé à Bagdad par les Américains. « Nous ne soutiendrons pas un gouvernement mis en place par les Américains en Irak, un tel gouvernement est un gouvernement imposé », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi lors d’une conférence de presse. Téhéran ne pourra « respecter » un futur gouvernement irakien que si ce dernier a été élu par les Irakiens eux-mêmes, sous la supervision des Nations unies, s’il entretient « des relations de bon voisinage avec l’Iran » et observe les accords existants entre les deux pays, a ajouté le ministre. Les Iraniens ne s’étaient pas exprimés aussi catégoriquement, au moins depuis le début de la guerre, sur l’après-Saddam Hussein. Mais ils pourraient s’être impatientés de voir leurs points de vue si peu pris en compte par les Américains, estiment des diplomates. Cependant, Téhéran, aussi prompt à condamner une guerre « satanique » qu’à dénoncer en temps de paix la main de l’Amérique derrière la moindre agitation politique, s’est montré d’une grande retenue face au conflit. M. Kharazi lui-même a de nouveau minimisé hier l’importance des missiles ou roquettes, américains ou irakiens, tombant sur son sol. Mais Téhéran s’inquiéterait d’être aussi mal payé de retour qu’il l’avait été lors de la crise afghane voilà un an et demi, bien que les projets américains pour l’après-Saddam Hussein soient tout sauf clairs, disent des diplomates. Il s’irriterait d’avoir vu ses efforts et propositions diplomatiques négligés. Même s’ils sont habitués aux diatribes du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, qui a mis en garde l’Iran vendredi, les Iraniens observent que les Américains associent les Kurdes aux opérations militaires dans le nord de l’Irak et tiennent à l’écart les chiites dans le sud. Or, rappellent des diplomates, ces chiites, également majoritaires en Iran, incarnent l’un des seuls espoirs de Téhéran d’infléchir le cours des événements parce que les Américains ne peuvent les ignorer. Reste à savoir quelle est l’influence réelle de l’Iran sur les chiites d’Irak. « Est-ce que les Iraniens tiennent tant que cela à ce que les chiites s’engagent au côté des Américains », demande par ailleurs un diplomate. Tandis que la direction collégiale de l’opposition irakienne a exhorté les Irakiens à « se préparer » au soulèvement contre Saddam Hussein, la principale organisation chiite, basée à Téhéran, les a appelés à rester « neutres » dans le conflit. « Nous sommes évidemment inquiets et nous avons dit à nos amis turcs de ne pas envoyer leurs forces » au Kurdistan irakien, a dit M. Kharazi, interrogé lors d’une conférence de presse sur l’éventualité d’une prise de Kirkouk, grande ville pétrolière du nord de l’Irak dont les Kurdes voudraient faire leur capitale. « Nous comprenons les inquiétudes de la Turquie qui sont aussi les nôtres, a-t-il ajouté, mais nous n’approuverions pas l’entrée de forces turques en Irak. » La Turquie revendique le droit d’envoyer dans le nord de l’Irak des milliers de soldats, de crainte que les Kurdes qui y vivent ne proclament leur indépendance et ne propagent des idées séparatistes parmi la minorité kurde de Turquie.
Téhéran a exprimé hier sa volonté de faire entendre la voix de l’Iran par les États-Unis en affirmant qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement installé à Bagdad par les Américains. « Nous ne soutiendrons pas un gouvernement mis en place par les Américains en Irak, un tel gouvernement est un gouvernement imposé », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi lors d’une conférence de presse. Téhéran ne pourra « respecter » un futur gouvernement irakien que si ce dernier a été élu par les Irakiens eux-mêmes, sous la supervision des Nations unies, s’il entretient « des relations de bon voisinage avec l’Iran » et observe les accords existants entre les deux pays, a ajouté le ministre. Les Iraniens ne s’étaient pas exprimés aussi catégoriquement, au moins depuis le début de la...