Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a tenté dimanche de discréditer les articles de presse rapportant les critiques de hauts responsables militaires selon lesquels il est intervenu pour limiter les effectifs engagés en Irak, en les qualifiant de « fictions » de la part de « gens qui jouent aux devinettes ». « C’est faux, absolument faux », a déclaré M. Rumsfeld, interrogé sur un article à paraître aujourd’hui dans l’hebdomadaire New Yorker, selon lequel des plans lui ont été présentés à six reprises et qu’il les a rejetés en demandant une réduction des forces engagées. M. Rumsfeld a, au contraire, pris ses distances par rapport au plan d’attaque suivi en Irak en affirmant que « le plan que nous avons est celui » du général Tommy Franks, qui commande les forces en Irak. « C’est son plan et il a été approuvé par les membres de l’état-major, chacun des membres a dit qu’il était exécutable et ils le soutiennent », a-t-il dit. Le secrétaire à la Défense a aussi été interrogé sur un autre article, paru dimanche dans le Washington Post, basé sur des entretiens avec plus d’une douzaine d’officiers américains qui tiennent M. Rumsfeld pour responsable du déploiement de troupes dont les forces ne sont pas adaptées à une opération terrestre. Les civils qui entourent M. Rumsfeld ont « micromanagé » le plan car ils ne faisaient pas confiance aux généraux et voulaient prouver qu’une force légère et mobile pouvait vaincre les Irakiens, écrit le quotidien. « Les civils (du bureau de M. Rumsfeld) ont mis leur veto à la priorité et à la séquence de déploiement des forces conjointes dans la région telles que demandées par les (officiers) combattants, et ils ont manipulé (la priorité) pour servir leurs priorités », selon un officier qui a requis l’anonymat. « Leur action a désynchronisé non seulement le calendrier d’arrivée des personnels et de leur équipement, mais aussi le bon mélange d’unités de combat et d’unités de soutien au combat », selon ce responsable cité par le journal. « Il (M. Rumsfeld) pensait qu’il en savait plus que nous. C’est lui qui a pris toutes les décisions à chaque étape », a pour sa part déclaré un responsable militaire sous le couvert de l’anonymat dans les colonnes du New Yorker (voir par ailleurs). « Les gens qui font des commentaires sur le plan de guerre, je pense, sont probablement des gens qui ne l’ont jamais vu. Si vous interrogiez le général Franks sur le plan, il vous dirait qu’il n’y a rien qu’il n’ait demandé et qu’il n’ait pas obtenu », a répliqué M. Rumsfeld dimanche. Il a martelé sur quasiment toutes les chaînes de télévision américaines dimanche : « C’est un plan excellent, je serais ravi qu’on me l’attribue, mais ce serait injuste car c’est essentiellement le produit du général Tommy Franks. » Le secrétaire à la Défense a cependant précisé que le général Franks avait élaboré son plan en étroite collaboration avec lui-même, le chef d’état-major interarmées, le général Richard Myers, le Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche et le président George W. Bush. Pour une majorité d’Américains, Washington a été trop optimiste Une majorité d’Américains considère que l’Administration du président George W. Bush a fait preuve de trop d’optimisme sur le déroulement probable de la guerre contre l’Irak, révèle un sondage du magazine Time et de la chaîne de télévision CNN publié hier. Quelque 55 % des personnes interrogées pensent que Washington a donné trop de faux espoirs sur le conflit, 29 % déclarant que les responsables l’ont fait pour obtenir le soutien des Américains, et non pas parce qu’ils le pensaient. Par ailleurs, 86 % estiment que les militaires américains font tout leur possible pour éviter la mort de civils irakiens, 43 % considérant que plus de victimes irakiennes serait un prix acceptable à payer pour battre les forces de Bagdad. Bagdad aurait exécuté des soldats qui tentaient de faire défection L’opposition irakienne a affirmé hier que les forces de Saddam Hussein avaient exécuté de nombreux soldats irakiens qui tentaient de faire défection. « 100 militaires qui avaient déserté les rangs de l’armée » ont été exécutés dans le sud de l’Irak, a affirmé dans un communiqué l’Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (Asrii), principal groupe d’opposition chiite irakienne basé en Iran. Les États-Unis retirent de Turquie le gros de leur matériel militaire Les États-Unis ont retiré hier une importante partie du matériel militaire qu’ils avaient prépositionné à Mardin et Kiziltepe, deux villes du sud-est de la Turquie situées à environ 250 km de la frontière irakienne. « Ils étaient en Turquie conformément au vote des députés turcs du 6 février « autorisant la venue de militaires américains pour la rénovation des ports et aérodromes locaux, a expliqué Joseph Pennington, porte-parole de l’ambassade des États-Unis à Ankara. « Cette motion était valide pour trois mois et elle arrive bientôt à son terme « , a-t-il ajouté. Deux soldats britanniques renvoyés pour avoir refusé de combattre Les autorités britanniques ont confirmé hier que deux militaires avaient été évacués du Koweït en février, sans toutefois dire s’ils risquaient d’être déférés devant une cour martiale pour avoir refusé de combattre. Il s’agit d’un simple soldat et d’un spécialiste de la 16e brigade d’assaut aérien, une unité de première ligne engagée depuis dans d’intenses combats dans le sud de l’Irak. Un complexe de Qoussaï Hussein pris pour cible à Bagdad Des bombardements hier à l’aube dans le centre de Bagdad ont pris pour cible un complexe situé à l’intérieur d’un palais présidentiel, utilisé par Qoussaï Hussein, l’un des fils du numéro un irakien. Ce complexe avait déjà été touché par plusieurs missiles aux premiers jours de la guerre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a tenté dimanche de discréditer les articles de presse rapportant les critiques de hauts responsables militaires selon lesquels il est intervenu pour limiter les effectifs engagés en Irak, en les qualifiant de « fictions » de la part de « gens qui jouent aux devinettes ». « C’est faux, absolument faux », a déclaré M. Rumsfeld, interrogé sur un article à paraître aujourd’hui dans l’hebdomadaire New Yorker, selon lequel des plans lui ont été présentés à six reprises et qu’il les a rejetés en demandant une réduction des forces engagées. M. Rumsfeld a, au contraire, pris ses distances par rapport au plan d’attaque suivi en Irak en affirmant que « le plan que nous avons est celui » du général Tommy Franks, qui commande les forces en Irak. « C’est...