À une époque où athlètes et entraîneurs sont passés maîtres dans l’art d’en dire long sans presque rien révéler, le sélectionneur du XV d’Angleterre, Clive Woodward, fait figure d’exception. « Jugez-nous sur la Coupe du monde », avait-il dit en 1997, quand il avait pris le XV à la Rose en main. L’Angleterre avait perdu un match de poule contre la Nouvelle-Zélande et avait été éliminée par l’Afrique du Sud en quart de finale. Les observateurs de l’hémisphère Sud avaient reconnu, au moins en privé, que les Anglais restaient de respectables compétiteurs sur la scène mondiale. Hier, Woodward n’y est pas allé par quatre chemins lorsqu’il a évoqué la « finale » du tournoi des Six-Nations qui opposera dimanche son équipe à l’Irlande à Lansdowne Road. « Je n’ai même pas envisagé la défaite », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. « Aucun match ne pourrait être plus important. Lundi n’existe pas, il n’y a que dimanche ». Pour la première fois, Woodward a admis en public l’importance de la rencontre de dimanche avant la Coupe du monde qui débute en octobre en Australie. L’Angleterre a battu la Nouvelle-Zélande, les champions du monde australiens et l’Afrique du Sud à Twickenham en novembre dernier. Dans son jardin, le XV à la Rose n’a plus connu la défaite depuis son revers face aux All Blacks il y a quatre ans. Mais depuis 1997, les Anglais ont toujours dérapé dans les moments décisifs. En 1998, ils avaient perdu contre la France lors du premier match du tournoi avant de s’incliner contre le pays de Galles, puis l’Écosse et enfin l’Irlande à l’occasion du dernier match du tournoi alors que le grand chelem leur tendait les bras. Ambiance folle « Gagner le grand chelem est quelque chose que nous n’avons pas été capables de faire ces dernières années avec ce groupe de joueurs », a souligné Woodward. Le grand chelem semble être le minimum que l’équipe d’Angleterre puisse faire en cette année de Coupe du monde, trophée jamais remporté par une formation de l’hémisphère Nord. « Ils jouent le meilleur rugby du monde, sans l’ombre d’un doute », a dit l’entraîneur irlandais Eddie O’Sullivan. Avant de prévenir : « Mais ils viennent jouer dans notre jardin ». « Je suis sûr que l’ambiance sera folle cette semaine car ils ont, pour la première fois depuis 1948, la chance de pouvoir faire le grand chelem », a rappelé le capitaine anglais Martin Johnson, qui n’était pas de la défaite d’il y a deux ans. « Je pense que l’équipe d’Irlande est bien meilleure que celle qui nous a battus en 2001 ». Le XV au Trèfle a eu besoin d’un drop de dernière minute pour venir à bout du pays de Galles la semaine dernière, mais elle n’en reste pas moins une formation compétitive avec dans ses rangs le centre Brian O’Driscoll, sans conteste un des meilleurs joueurs du monde à ce poste. Le week-end commencera par un match qui devrait condamner les Gallois à la cuiller de bois. Le XV au Poireau se rend en effet au Stade de France affronter des Bleus qui se sont refaits une santé contre l’Italie lors de leur précédente rencontre. L’Écosse, pour sa part, tentera de finir sur une victoire contre la Squadra Azzurra avant de laisser partir son entraîneur, Ian McGeechan. Il occupera à l’avenir le poste de directeur du rugby écossais. « Je ne demande qu’une chose à mes joueurs contre l’Italie. Une victoire ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À une époque où athlètes et entraîneurs sont passés maîtres dans l’art d’en dire long sans presque rien révéler, le sélectionneur du XV d’Angleterre, Clive Woodward, fait figure d’exception. « Jugez-nous sur la Coupe du monde », avait-il dit en 1997, quand il avait pris le XV à la Rose en main. L’Angleterre avait perdu un match de poule contre la Nouvelle-Zélande et avait été éliminée par l’Afrique du Sud en quart de finale. Les observateurs de l’hémisphère Sud avaient reconnu, au moins en privé, que les Anglais restaient de respectables compétiteurs sur la scène mondiale. Hier, Woodward n’y est pas allé par quatre chemins lorsqu’il a évoqué la « finale » du tournoi des Six-Nations qui opposera dimanche son équipe à l’Irlande à Lansdowne Road. « Je n’ai même pas envisagé la défaite...