Grâce à des procédés scientifiques très innovateurs, les vêtements non seulement couvrent, habillent et parent le corps mais participent aussi à son bien-être. Le manteau ne se contente plus de protéger du froid et la blouse aérienne de dévoiler des paysages tentateurs... En fonction supplémentaire, ils soigneraient, protégeraient, traiteraient les éventuelles imperfections du corps qu’ils couvrent tout en contribuant «activement» à sa mise en valeur. Certaines grandes marques de textiles appliquent déjà des systèmes ultraperformants, permettant déjà la mise au point de résultats pour le moins surprenants. Brise parfumée et effluves floraux La micro-encapsulation par exemple permet déjà de parfumer le vêtement de façon permanente et indélébile. Il s’agit d’incruster de minuscules billes ne mesurant que quelques microns dans la trame du textile pour que la fragrance au contact de la peau se dégage et embaume le corps. Une autre méthode consiste à plonger le tissu dans un bain parfumé. Réservée à la lingerie, cette méthode assure une efficacité de quatre à cinq heures, avant la disparition de l’effet parfumé au bout de quatre à cinq lavages. Certaines griffes de la lingerie du luxe proposent déjà des parures «traitées» ainsi que des collants. Grâce à certaines fibres, on a déjà réussi à combattre et à éliminer l’électricité statique des vêtements. À l’Institut textile de France, à Lyon, on a approfondi le concept, à la demande d’un fabricant, dans l’intention de la mise au point d’un tissu combattant le stress. La nervosité étant le résultat de multiples mini-décharges, il reste à éliminer ce processus pour que le pari soit gagné. Une fois cette étape franchie, il ne restera plus qu’à imbiber les fibres textiles d’un produit générateur de détente. D’autres laboratoires étudient la possibilité d’introduire des textiles où, comme dans les «patches», seront intégrées des matières médicamenteuses. Ainsi, au lieu d’avaler des comprimés, il suffirait de porter sa chemise-médicament ou son veston «guérisseur». En les portant, ces vêtements parfaitement à la mode diffuseraient leur substance... Les collants «hydratants»... Il fut un temps où les collants provoquaient, chez bon nombre de femmes, des terribles démangeaisons, picotements et autres phénomènes semblables. Les collants actuels, fort heureusement, sont tout à fait libres de réactions semblables. Cependant certains d’entre eux, au bout d’une demi-douzaine de lavages, perdent leur douceur avec la fin de l’effet du traitement industriel qui anéantit leur effet allergigène... On reconnaît les collants qui présentent ce risque par une plume dessinée sur leur emballage. COSMÉTOLOGIE Crèmes de beauté : en toute confiance Une nouvelle science est en train d’acquérir une ampleur éblouissante: la cosmétologie. Depuis un quart de siècle, biologistes, chimistes et chercheurs s’appliquent à adapter de nouvelles acquisitions de la science aux produits cosmétiques. Leur efficacité devient graduellement quasi miraculeuse. Toutes les grandes maisons de production ont leurs centres de recherche encadrés par des chercheurs formés dans diverses universités et facultés de science, de médecine ou de pharmacie... Considérée longtemps comme une occupation de boudoir, une activité de dames ou de salon, la cosmétologie était classée dans les esprits comme une tentative éphémère de réparer «du temps les irrévocables désastres»... Les produits issus ne relevait que de l’éphémère et de l’approximatif... Ils étaient surtout bon pour le moral de l’utilisatrice. L’«effet crème» dans les cercles des initiés désignait clairement l’inefficacité de la tentative d’arrêter «des ans l’inévitable ravage»... Devenant une science performante, digne du niveau des connaissances et des acquisitions scientifiques actuelles, «la science de la parure» (cosmétologie, venant du verbe grec ancien cosmo, signifiant: orner, parer) a tout d’une démarche scientifique à la hauteur des technologies et des découvertes actuelles. Basée sur les connaissances et la technologie scientifique, l’industrie des cosmétiques accumule les performances en démontrant la valeur et le sérieux de cette démarche. La peau, en effet, grâce à la cosmétologie, a révélé les mystères de son fonctionnement, de ses couches, des particularités de ses cellules, du rôle des enzymes et de l’hydratation. Ainsi on a pu réaliser que la peau n’est nullement une barrière infranchissable mais une couche cornée protectrice, assurant le rôle de garde-frontière. À travers elle, un produit actif, qu’il soit bénéfique ou indésirable, peut pénétrer dans l’organisme... Des tests de plus en plus poussés et audacieux ont permis et permettent toujours des performances inimaginables dans le passé. Des produits miraculeux Des expériences de plus en plus poussées, en travaillant sur des échantillons de peau, permettent aujourd’hui de déterminer l’efficacité ou les limites des crèmes, ainsi que d’autres produits cosmétiques. Sans oublier que la mise au point de ces produits entraîne obligatoirement tout effet secondaire. Ce qui implique que certains ingrédients entrant dans la composition d’un produit (les substances allergigènes par exemple) doivent être refoulés. En d’autres termes, obtenir d’eux leurs principes actifs utiles, en y faisant le tri, et refouler ou anéantir les indésirables. La composition d’une crème, d’une huile antisolaire, s’érige au niveau d’une complexe stratégie scientifique proche d’une rude bataille. Aujourd’hui, les spécialistes connaissent exactement l’action de chaque substance ou élément qui entre dans une composition. Rien n’est laissé dans l’ombre ou au hasard. Atout supplémentaire: les grands groupes financiers et autres investissent dans la recherche de nouvelles matières premières qui contribueront à de nouvelles performances. Nous sommes loin, on le constate, très loin même des anciennes pommades pour dames et des élixiris «donnant» bonne mine... CHEVEUX À quelle couleur se vouer ? Face au miroir, à l’approche d’une nouvelle saison, on a envie de changement... Accueillir le printemps et bientôt l’été «casquée» d’une teinte opposée à la sienne, c’est un peu renaître ni tout à fait une autre ni tout à fait la même... Le changement, cependant, n’est pas sans périls... Un ensemble de facteurs collaborent pour rendre le choix bien plus difficile qu’on ne le pense. D’autant plus que le rattrapage n’est ni facile ni sans périls, autant pour la santé des cheveux que pour le résultat visible de l’expérience... Des teintes et des teints Aussi importantes pour la réussite d’une coloration, la teinte choisie et son harmonisation avec le teint et la couleur des yeux. Un regard charbonneux, sous un casque d’or, est une tentative très périlleuse si on n’a pas un maquilleur très expérimenté à ses côtés et beaucoup de temps devant soi pour les essais et les retouches... En principe, dans le registre des blonds, les blonds cuivrés sont les plus recommandables. Clairs ou foncés, moins plutôt que plus flamboyants, ils s’harmonisent avec le teint méditerranéen et les pupilles autant foncées que claires. Modulabes à souhait, ils couvrent quatre tons (très clair, clair, moyen, foncé) et s’harmonisent parfaitement avec la carnation orientale. Avantage supplémentaire, ils peuvent être appliqués même sur des bases assez foncés, y compris le brun clair. À savoir: le «cuivre» sur cheveux longs et dégradés, ou courts et ébouriffés, met en valeur les peaux claires autant que les peaux mates. Il est toutefois à déconseiller aux très jeunes personnes, ses tonalités convenant peu aux visages juvéniles. Doré ensoleillé Réalisé sur une base claire ou moyenne (châtain clair), le blond doré illumine la chevelure et donne de l’éclat au visage. Il convient plus particulièrement aux teints légèrement rosés, ainsi qu’aux visages hâlés ou mats. Il est à éviter si la base naturelle est châtain foncé ou brun, compte tenu du risque de voir la teinte des cheveux virer au jaune ou à l’orange sous l’effet du soleil et de la lumière. Blond beige et blond cendré Deux teintes à éviter si on a la peau mate. Le blond beige, très savant, convient surtout aux teints et aux traits clairs et fins, quel que soit l’âge, mais il faut savoir, contrairement à ce qu’on pense généralement, qu’il vieillit les visages un peu fatigués ou affaissés. Il convient peu aux teints ternes. Il est vivement déconseillé de faire cette couleur soi-même car la décoloration très poussée nécessite des produits agressifs dont l’évolution a besoin de la surveillance d’un professionnel. Le blond cendré convient aux cheveux très lisses et à base claire. Sur des cheveux plus sombres, il jaunit et l’effet n’est nullement favorable à l’aspect autant du visage que de la chevelure... Pantalon, un trésor volé aux hommes Quand dans les années 30 du XXe siècle, Marlene Dietrich, beauté fatale de l’époque, osa se promener en pantalon sur les quais de la Seine comme à Hollywood ou à New York, le scandale fut tonitruant. Une femme qui osait s’exhiber en habits d’homme ne pouvait avoir droit à la considération ou à l’estime. Trente ans plus tard, ce vêtement, symbole de masculinité incontesté, avait été irrévocablement confisqué par les femmes, libérées de tous les interdits qui les accablaient durant des siècles... Dès lors, ce vêtement est devenu «amphisexe», également portable par les unes comme par les autres... Paru pour la première fois sous l’Empire perse, ce «vêtement à deux jambes» a arpenté l’histoire, les continents et les siècles. Revendications, révolutions, mutilations ne se faisaient jamais sans lui. Vêtement caméléon, il savait faire la guerre et vivre en paix, habiller riches et pauvres, grands et petits avec une égale efficacité. Chez les femmes, l’adoption du pantalon fut dictée par la nécessité. Ce fut sous les jupes et les jupons, pour des raisons de pudeur et de bienséance. Avec l’avènement de la bicyclette, il permit aux femmes de pédaler sur des vélocipèdes... La guerre 1914-1918 a contribué à la féminisation de ce vêtement. En Europe, froid et restrictions aidant, les femmes portèrent les pantalons de leurs maris, partis faire la guerre. Peu avant, quelques stars des potins et de la scène, des lettres aussi, telles Colette ou Sarah Bernard, «portaient culotte», affichant indépendance et singularité. Ce fut aussi le cas pour Katherine Hepburn et Marlene Dietrich, transgressant interdits et tabous sanglées dans des costumes d’hommes, «l’œil mi-clos et cigarette au bec»... Un peu d’histoire La première preuve de l’existence de «ce vêtement à deux pattes» remonte à trois siècles avant Jésus-Christ, sous l’Empire perse. En 329 av. J-C, porté par les soldats. Quelques siècles plus tard, on le retrouve dans l’acte d’accusation de Jeanne d’Arc. En 1792, les sans-culottes adoptent le pantalon en signe d’opposition aux aristocrates, porteurs de culottes à la française. En 1800, une ordonnance datée du 16 brumaire de l’an IX, en France, stipule que «toute femme désirant s’habiller en homme devra se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation». En 1853, le premier jean est taillé dans la toile de tente des chercheurs d’or, par Oscar Levi Strauss. Quelques années auparavant, 1830, le pantalon s’était imposé sous les jupes féminines. En 1860, le pantalon, quasi généralisé, est porté sous la crinoline en plein apogée. 1863: Mary Walter, première femme chirurgien-militaire, est arrêtée à plusieurs reprises à cause «de son déguisement masculin»... 1880: apparition du pli de pantalon. 1889: création par Charles Poynter d’un costume-tailleur pour la princesse de Galles, future reine Alexandra. 1889: création de la salopette, au Kansas (É-U), adoptée de suite par les fermiers. 1890: la première jupe-culotte des «cyclo-women» fait son apparition. Le 27 octobre 1892, un avis du ministère de l’Intérieur français rappelle que le port de vêtements masculins par les femmes n’est autorisé qu’aux fins des sports vélocipédiques. 1898: les champions de golf lancent la mode des «Knickerbockers». 1900: Sarah Bernhardt, à 56 ans, apparaît habillée en garçon dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Le costume était réalisé par Paul Poiret, à ses débuts, alors dans sa carrière chez Jacques Doucet. 1905: le pantalon de harem fait son apparition, initialement dans le ballet Shéhérazade. 1910: les femmes sont autorisées de sortir «en culotte» à condition de tenir une bicyclette ou les rênes d’un cheval. 1918: le jodhpur rapporté par les officiers anglais de l’armée des Indes est adopté par les cavalières. 1920: Coco Chanel lance le pantalon à pont, inspiré de l’uniforme marin. 1942: Claire McCardel lance la combinaison-pantalon. 1947: Christian Dior remet à l’honneur la jupe en réaction au pantalon. RUBRIQUE RÉALISÉE PAR Claire Gebeyli
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