CORRESPONDANCE Kazem al-Saher chante Bagdad aux États-Unis
le 06 mars 2003 à 00h00
WASHINGTON - Irène MOSALLI Il rêve d’elle nuit et jour et il l’aime par-dessus tout. L’objet de cette déclaration enflammée ? La ville de Bagdad, assimilée à une amoureuse et à laquelle le chanteur irakien, Kazem al-Saher, a dédié l’une de ses plus célèbres chansons qu’il est en train de chanter à pleine voix aux États-Unis. Il y effectue actuellement une tournée pendant que se prépare une guerre contre son pays. Il n’a nullement craint d’affronter l’atmosphère tendue et belliqueuse qui prévaut ici, où le mot Irak évoque des images de combat et de terrorisme. Bien au contraire, le célèbre chanteur a voulu se faire le messager d’un autre visage de son pays : celui d’un peuple qui aime la paix, un peuple créatif qui compte beaucoup d’artistes, de philosophes et de poètes. Et lui, en qui l’on retrouve la fluidité de Frank Sinatra et la popularité d’Elvis Presley, a opté pour un répertoire où dominent la nostalgie et surtout l’amour. Deux ingrédients aussi efficaces que la pure contestation de la violence et les discours politiques. Le chanteur irakien a commencé par se produire à Las Vegas. Puis ce furent le Beacon Theatre à New York, Detroit et Chicago. Il doit encore se produire à Berkeley (Californie) et à San Diego. Cette tournée est sponsorisée par TV et Radio Orient. L’orchestre qui l’accompagne est constitué de quinze musiciens de divers pays arabes (Liban, Jordanie, Palestine, Syrie et Égypte) vivant et travaillant aux États-Unis. L’un d’entre eux, Bassam Saba, un maestro du nay, a fait un enregistrement avec le violoncelliste Yo-Yo Ma. À l’unanimité, la presse américaine a acclamé son talent et son excellente tenue sur scène. Kazem al-Saher a voulu être un artiste avant tout et témoigner pour son pays en tant que tel, sans aucun clin d’œil aux spectateurs ou à la presse. Et pourtant celle-ci n’a pas ménagé ses efforts pour l’engager dans une discussion politique. Lui est resté en dehors de ce débat. Il a simplement dit : « Je souhaite qu’il n’y ait pas de guerre et que chacun puisse vivre en paix… La télévision ne propose que des images négatives : guerre, tueries, armes de destruction massive. Nous avons besoin de respirer un air plus léger qui détende et qui donne de l’espoir.» Aspirant à la compréhension et à la coopération entre diverses cultures, il vient d’enregistrer un duo avec la soprano britannique Sarah Brightman. Cette chanson, intitulée La guerre est finie, figurera sur le nouvel album de l’un et de l’autre. De plus, les deux artistes en feront un vidéo-clip le printemps prochain.
WASHINGTON - Irène MOSALLI Il rêve d’elle nuit et jour et il l’aime par-dessus tout. L’objet de cette déclaration enflammée ? La ville de Bagdad, assimilée à une amoureuse et à laquelle le chanteur irakien, Kazem al-Saher, a dédié l’une de ses plus célèbres chansons qu’il est en train de chanter à pleine voix aux États-Unis. Il y effectue actuellement une tournée pendant que se prépare une guerre contre son pays. Il n’a nullement craint d’affronter l’atmosphère tendue et belliqueuse qui prévaut ici, où le mot Irak évoque des images de combat et de terrorisme. Bien au contraire, le célèbre chanteur a voulu se faire le messager d’un autre visage de son pays : celui d’un peuple qui aime la paix, un peuple créatif qui compte beaucoup d’artistes, de philosophes et de poètes. Et lui, en qui l’on...
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