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Pakistan Derrière le pouvoir civil, l’armée plus présente que jamais

L’élection jeudi du Sénat clôt le processus de retour à un pouvoir civil au Pakistan après trois ans de régime militaire, sans remettre en cause le ferme contrôle sur le pays de l’armée et de son premier représentant, le président-général Pervez Musharraf. Ayant pris le pouvoir lors d’un coup d’État en douceur en octobre 1999, le général Musharraf « s’est bien gardé de le rendre en restaurant les institutions civiles, mais a même renforcé son contrôle sur le pays », estime Samina Ahmed, collaboratrice du centre d’études politiques International Crisis Group (ICG). Le président Musharraf, 60 ans en août prochain, s’est d’abord assuré, à l’issue d’un référendum controversé en avril 2002, de s’autoproclamer chef de l’État pour les cinq années à venir, puis de renouveler également pour cinq ans son mandat de chef d’état-major de l’armée de terre. La réintroduction en novembre de la Constitution de 1973, suspendue lors du coup d’État, a été précédée en août de l’adoption d’un « cadre légal » (Legal Framework Order, LFO) permettant au président notamment de dissoudre le Parlement, de nommer les chefs des armées et d’approuver les nominations des juges des hautes cours. Le LFO a également créé un Conseil national de sécurité (NSC) chargé d’institutionnaliser la présence des militaires au pouvoir et de superviser le gouvernement civil. L’Assemblée nationale, qui a ouvert mercredi sa première session, et le Sénat sont dominés par un parti mis en place au bénéfice exclusif du président Musharraf, la Ligue musulmane du Pakistan-Quaid (PML-Q), après que la classe politique traditionnelle eut été divisée et bridée par le pouvoir. Non contents du politique, les militaires pakistanais sont également omniprésents dans l’économie, l’éducation ou les services de santé. Enfin, l’armée jouit d’une image prestigieuse dans le pays, hanté par sa rivalité avec son puissant voisin indien.
L’élection jeudi du Sénat clôt le processus de retour à un pouvoir civil au Pakistan après trois ans de régime militaire, sans remettre en cause le ferme contrôle sur le pays de l’armée et de son premier représentant, le président-général Pervez Musharraf. Ayant pris le pouvoir lors d’un coup d’État en douceur en octobre 1999, le général Musharraf « s’est bien gardé de le rendre en restaurant les institutions civiles, mais a même renforcé son contrôle sur le pays », estime Samina Ahmed, collaboratrice du centre d’études politiques International Crisis Group (ICG). Le président Musharraf, 60 ans en août prochain, s’est d’abord assuré, à l’issue d’un référendum controversé en avril 2002, de s’autoproclamer chef de l’État pour les cinq années à venir, puis de renouveler également pour...