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Les Allemands décevants

L’Allemagne, pays de vieille tradition de ski alpin, était toujours sans médaille après huit des dix épreuves des championnats du monde à Saint-Moritz, une crise que les dirigeants veulent dédramatiser et dont ils promettent de tirer les conséquences. Rentrer sans médaille serait «décevant» pour le directeur technique alpin, Walter Vogel. « Mais le ski alpin allemand est dans une phase difficile. Nous sentons les conséquences de déficits structurels », admet-il. En 1999 déjà, l’équipe d’Allemagne était rentrée bredouille de Vail (États-Unis). Deux ans plus tard, Martina Ertl était devenue à Saint-Anton (Autriche) championne du monde du combiné, Hilde Gerg avait gagné le bronze du super G et Florian Eckert, absent pour blessure aux Mondiaux 2003, avait terminé surprenant troisième de la descente. La moisson avait également été maigre aux JO 2002 de Salt Lake City où la seule médaille allemande était celle de bronze d’Ertl en combiné. On était loin des deux médailles d’or de Katja Seizinger et du titre olympique de Hilde Gerg en slalom à Nagano, en 1998. Prendre le tableau des médailles comme une aune agace Martina Ertl, 29 ans, 10e du slalom géant jeudi, 6e du combiné, et 11e en super G. « Chaque athlète essaie de donner son maximum », plaide-t-elle. « Lorsque (le journal populaire) Bild écrit que nous sommes en vacances, je répliquerai que je me suis levée ce matin (jeudi) à 6h00. En vacances, je ne me lève pas à 6h00», s’insurge Martina Ertl qui admet toutefois que l’équipe «manque de densité et de force». Les conditions d’entraînement pour les jeunes, le système scolaire et un manque de coopération entre les fédérations locales et régionales avec les instances du sport d’élite sont à l’origine du malaise, estime M. Vogel. Le vivier de talents de 14 à 15 ans est de cinq à huit par sexe. « Quand ils viennent chez nous, ils croient qu’ils ont réussi. Il faut leur expliquer que c’est seulement le début. Si on veut vraiment rejoindre l’élite mondiale, il faut autrement s’échiner », insiste pour sa part l’entraîneur des hommes, Martin Osswald, dont les protégés n’ont aucun espoir de médailles. « Jusqu’à présent, la DSV n’a pas licencié d’entraîneur. Mais celui qui ne tire pas dans le même sens n’a pas sa place », avertit le secrétaire général et directeur sportif de la Fédération allemande de ski (DSV), Thomas Pfueller. La meilleure Allemande a été jusqu’à présent Maria Riesch, 18 ans, 5e du combiné. « Personne ne casse les structures figées de la DSV, critique pour sa part le double champion olympique de Lillehammer (1994), Markus Wasmeier. La direction ne s’est pas adaptée aux temps nouveaux. » Des Mondiaux sans médaille n’auraient toutefois pas de conséquences financières sur le ski alpin allemand, qui représente 6,5 millions d’euros dans le budget annuel de 20 millions d’euros de la DSV. Quinze millions d’euros annuels proviennent des droits de télévision, vendus jusqu’en 2007. La mise en place d’un coordonnateur au niveau scolaire pour les jeunes de moins de 14 ans et le renforcement de la formation athlétique des skieurs sont deux pistes pour sortir de la crise.
L’Allemagne, pays de vieille tradition de ski alpin, était toujours sans médaille après huit des dix épreuves des championnats du monde à Saint-Moritz, une crise que les dirigeants veulent dédramatiser et dont ils promettent de tirer les conséquences. Rentrer sans médaille serait «décevant» pour le directeur technique alpin, Walter Vogel. « Mais le ski alpin allemand est dans une phase difficile. Nous sentons les conséquences de déficits structurels », admet-il. En 1999 déjà, l’équipe d’Allemagne était rentrée bredouille de Vail (États-Unis). Deux ans plus tard, Martina Ertl était devenue à Saint-Anton (Autriche) championne du monde du combiné, Hilde Gerg avait gagné le bronze du super G et Florian Eckert, absent pour blessure aux Mondiaux 2003, avait terminé surprenant troisième de la descente. La...