De Beverley Hills à Potsdamer Platz, c’est le consensus : The Hours, le film de Stephen Daldry avec Nicole Kidman métamorphosée en Virginia Woolf, figure à la fois parmi les favoris aux Oscars et les favoris aux Ours d’or qui seront décernés samedi prochain à l’issue de la 53e Berlinale. Une Berlinale qui a décidément du nez, puisque Chicago, de Rob Marshall, ouvrait le bal, jeudi dernier, hors compétition, tandis que Gangs of New York, de Martin Scorsese, baissera le rideau samedi prochain. Les trois candidats à l’Oscar du meilleur film ont été produits par la société Miramax, dont le patron, Harvey Weinstein, était encore lundi soir à Berlin. Parmi les autres favoris, tant à Hollywood qu’à Potsdamer Platz, figure Adaptation de Spike Jonze avec Nicolas Cage qui, en attendant un éventuel Oscar, pourrait déjà aspirer à un Ours d’argent pour le prix d’interprétation, comme Nicole Kidman pour The Hours. Alors qu’il reste encore sept candidats à découvrir sur les 22 films en compétition à Berlin, Hero, du Chinois Zhang Yimou, recueille un nombre appréciable de suffrages ainsi que In This World du Britannique Michael Winterbottom, l’odyssée de deux jeunes réfugiés afghans. Un thème qui est revenu mardi au premier plan avec Au loin les lumières (Lichter) de l’Allemand Hans-Christian Schmid, l’un des benjamins de la compétition. Dans une Europe qui essaie de dépasser les frontières et de s’élargir, des émigrants venus d’Ukraine échouent sur les rives de l’Oder, entre la Pologne et l’ex-Allemagne de l’Est, dans une région sinistrée par le chômage. Sans manichéisme, le réalisateur porte un regard attachant sur ces laissés-pour-compte qui se volent, se trompent et s’aident parfois tandis qu’à côté des hommes d’affaires sans frontières célèbrent un nouveau projet d’usine, en s’offrant les faveurs de jeunes Polonaises. Après un week-end constellé de stars américaines, l’Europe était aussi à l’affiche avec Son frère, de Patrick Chéreau, un opus intimiste sur l’angoisse devant la maladie, la douleur et la mort, filmé avec un réalisme clinique, qui ne triche jamais et laisse le spectateur exangue. C’est un film sur la beauté des corps et leur dégradation, « à la fois une histoire dure, une agonie, mais une agonie choisie », dit Patrice Chéreau et une histoire d’amour entre Thomas et Luc enfin réconciliés. « La maladie transforme tous les rapports humains et c’est ce qui m’a intéressé ». Troisième candidat européen de la journée, Yes Nurse, No Nurse (Ja zuster, nee zuster), du Néerlandais Pieter Kramer, est une comédie musicale très kitsch, adaptée d’une série télévisée à succès qui a pour cadre une maison de repos. La petite guerre qui oppose les hôtes excentriques de l’infirmière Klivia à un voisin grincheux ne risque pas de faire de l’ombre à la Velma et à la Roxie de Chicago. Une pépinière de talents D’ateliers d’écriture en séminaires sur la production, la Berlinale organise pour la première fois, en marge des projections officielles, un campus pour jeunes talents qui côtoient ainsi les vieux briscards du métier, tels l’Allemand Wim Wenders ou l’Américain Dennis Hopper. « Dans les années 60 et 70, on faisait un film tous les ans. Maintenant, il faut des années pour arriver à en faire un deuxième après le premier », explique le réalisateur de Paris, Texas (1984) et des Ailes du désir (1987). D’où le projet de la Berlinale de tenir ce forum de rencontres avec les professionnels du cinéma, pour aider les jeunes à se faire un nom. « Ce campus encourage la réflexion, il ouvre une fenêtre sur les nouvelles technologies et les différentes initiatives cinématographiques », résume Dieter Kosslick, directeur de la Berlinale. « Ce campus peut aussi vous faire réaliser que vous n’êtes pas fait pour ce métier », prend-il le soin d’ajouter. Environ 500 cinéastes en herbe, dont 150 Allemands, participent à l’événement organisé à la Maison des cultures du monde, une salle de congrès en plein centre de la capitale. Certains sont venus d’Algérie, de Côte d’Ivoire ou d’Australie. Tous ont dû réaliser un court-métrage pour leur dossier de candidature envoyé par Internet. Les étrangers ont bénéficié d’une subvention de 150 euros, et leurs frais d’hébergement – en auberge de jeunesse – sont pris en charge. Jusqu’à vendredi, les « jeunes talents » choisissent à la carte les ateliers : montage, cinéma numérique, « Comment devenir un scénariste en 90 minutes », « Démystification du star-system », «trouver un producteur public ». Dans l’atelier consacré à la coproduction, le Français Cedomir Kolar (Before the Rain, No Man’s Land) donne ses conseils pour convaincre les producteurs : «Arrivez avec un script traduit en plusieurs langues, annoncez un prix, évitez les grands festivals », dit-il aux jeunes qui prennent des notes studieuses. L’atelier dirigé par Wim Wenders et l’acteur américain Dennis Hopper a été rapidement pris d’assaut mais jugé trop didactique par nombre de participants. « Il faudrait réduire le nombre d’invités, comme les places sont limitées à chaque fois», renchérit Ron Dyens, producteur français. « Je pense qu’on essuie un peu les plâtres dans l’organisation puisque c’est une première à Berlin, ajoute-t-il. Beaucoup de participants ont malheureusement un peu l’impression que cette opération de Talent campus est plus une question de prestige pour la Berlinale qui essaie de rivaliser avec Cannes », ajoute Ron Dyens. Cannes a en effet lancé depuis plusieurs années une « Cinéfondation » qui organise chaque année une compétition parallèle pour des films d’écoles et finance deux fois par an une résidence pour six réalisateurs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats De Beverley Hills à Potsdamer Platz, c’est le consensus : The Hours, le film de Stephen Daldry avec Nicole Kidman métamorphosée en Virginia Woolf, figure à la fois parmi les favoris aux Oscars et les favoris aux Ours d’or qui seront décernés samedi prochain à l’issue de la 53e Berlinale. Une Berlinale qui a décidément du nez, puisque Chicago, de Rob Marshall, ouvrait le bal, jeudi dernier, hors compétition, tandis que Gangs of New York, de Martin Scorsese, baissera le rideau samedi prochain. Les trois candidats à l’Oscar du meilleur film ont été produits par la société Miramax, dont le patron, Harvey Weinstein, était encore lundi soir à Berlin. Parmi les autres favoris, tant à Hollywood qu’à Potsdamer Platz, figure Adaptation de Spike Jonze avec Nicolas Cage qui, en attendant un éventuel Oscar, pourrait...