Emmenée par l’homme chewing-gum Bode Mille, médailles d’argent en super-G et d’or du combiné, l’équipe américaine a débuté en fanfare les championnats du monde de ski alpin à Saint-Moritz avec quatre médailles en trois épreuves. Avec ce départ canon, qui leur permet même de précéder l’Autriche au nombre des podiums, les États-Unis sont sur orbite pour battre leur record de cinq médailles établi aux Mondiaux 1982 à Schladming (Autriche) et égalé deux ans plus tard aux JO de Sarajevo. À vingt ans d’écart, on retrouve un dénominateur commun : l’ancien descendeur Bill Marolt, sélectionné aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck. Marolt avait été nommé directeur de l’équipe alpine en 1978. Dans les années suivantes, le team US avait dominé les disciplines techniques avec notamment les jumeaux Steve et Phil Mahre et la slalomeuse Christine Cooper. Mais après cette opération-commando, Marolt, originaire d’Aspen, retourna à l’Université du Colorado pour s’occuper du département sports. Sous sa direction, l’université conquit notamment le titre national de football américain. « Cette expérience a été fondamentale pour comprendre comment business et sport sont articulés », souligne M. Marolt. Président de la Fédération américaine de ski (USSA) depuis 1996, Marolt, fort de ses succès universitaires, a établi un organigramme sur le modèle des meilleures équipes européennes. Si la majorité des entraîneurs est américaine, la fédération a aussi recruté des techniciens autrichiens, suédois, norvégiens. Et le chef entraîneur de l’équipe féminine est le Slovène Marjan Cernigoj. Pour trouver des ressources, Marolt a lancé un plan commercial et créé une fondation qui ont permis de presque quadrupler le budget annuel, de 6 à 22,5 millions de dollars (équivalent en euros) en 6 ans. Le ski alpin vit avec sa part de 4 millions, pas plus que les fonds alloués au fond, au combiné nordique ou à la section pour handicapés. Le champion providentiel Marolt, 60 ans, a aussi géré le talent naissant de Miller. Quand le champion de Franconia (New Hampshire) a émis le souhait de vivre en Autriche, Marolt a accepté. « Mais sans privilège particulier. Bode paie la location de l’appartement. Et nous lui remboursons ses frais, comme pour tout autre athlète », indique M. Marolt. Avec un contrat annuel de base chez Rossignol de 1,2 million d’euros, le double médaillé de Saint-Moritz est d’ailleurs à l’abri du besoin. Miller a commencé à skier, enfant, sur la piste de Cannon Mountain (Nord-Ouest), initié par des parents hippies. Avant la Seconde Guerre mondiale, c’était la seule piste de compétition, tracée en 1933 dans les Montagnes blanches, que comptait le pays. Et comme l’histoire est un éternel recommencement, Miller a remporté sa première médaille d’or dans la station où, lors des JO de 1948, Greta Fraser conquit le premier or de l’histoire du ski américain en slalom. Fraser qui était originaire de Sun Valley (Idaho), au nord de Salt Lake City.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Emmenée par l’homme chewing-gum Bode Mille, médailles d’argent en super-G et d’or du combiné, l’équipe américaine a débuté en fanfare les championnats du monde de ski alpin à Saint-Moritz avec quatre médailles en trois épreuves. Avec ce départ canon, qui leur permet même de précéder l’Autriche au nombre des podiums, les États-Unis sont sur orbite pour battre leur record de cinq médailles établi aux Mondiaux 1982 à Schladming (Autriche) et égalé deux ans plus tard aux JO de Sarajevo. À vingt ans d’écart, on retrouve un dénominateur commun : l’ancien descendeur Bill Marolt, sélectionné aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck. Marolt avait été nommé directeur de l’équipe alpine en 1978. Dans les années suivantes, le team US avait dominé les disciplines techniques avec notamment les jumeaux...