ÉNERGIE Tensions entre le Kremlin et les magnats du pétrole
le 08 février 2003 à 00h00
La tension ne cesse de monter ces dernières semaines entre les magnats du pétrole russe excédés de ne pas pouvoir exporter autant de pétrole qu’ils le souhaiteraient à cause d’un réseau d’oléoducs insuffisant et le gouvernement qui veut garder la mainmise sur les infrastructures. Le vice-président du premier producteur de brut national Loukoïl, Léonid Fedoun, a déclaré que jusqu’à 25 millions de tonnes de pétrole pourraient rester bloquées en Russie cette année à cause du manque de capacités du réseau russe d’oléoducs, géré par le monopole d’État Transneft. Le patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovki, avait déjà haussé le ton lors du Forum économique de Davos fin janvier, accusant le Premier ministre Mikhaïl Kassianov de vouloir imposer « un style de gouvernement saoudien » en Russie. Les compagnies pétrolières réclament notamment le feu vert du gouvernement pour construire elles-mêmes un oléoduc afin de suppléer aux carences de Transneft qui ne peut faire face à la hausse de la production. « En janvier, les exportations de pétrole russe ont reculé de 0,3 % », relève Valery Nesterov, analyste de la banque Troïka Dialog. Il y a eu d’une part des problèmes climatiques qui ont empêché le bon fonctionnement des terminaux de la mer Noire et d’autre part un blocage des exportations russes vers le port letton de Ventspils décrété par le gouvernement russe. La production russe de pétrole devrait atteindre 424 millions de tonnes (Mt) en 2003, selon le gouvernement, contre 379 Mt en 2002. Et 80 % de cette production est destinée à l’exportation : « La Russie doit donc augmenter ses exportations en 2003 et a besoin de capacités supplémentaires. Si les compagnies pétrolières ne réussissent pas à exporter, elles seront forcées de réduire leur production », souligne-t-il. Mais Transneft n’a pas pris les mesures techniques nécessaires à cette évolution. « Les compagnies pétrolières sont, elles, prêtes à investir dans leur propre réseau, mais le gouvernement s’y oppose, car le monopole de Transneft est pour lui un moyen de contrôler les compagnies », note M. Nesterov. L’État russe veut de plus s’assurer que le marché intérieur est approvisionné en quantités suffisantes et à prix abordables. Mikhaïl Kassianov avait affirmé début janvier à Mourmansk (Grand Nord) que les oléoducs existants et futurs resteraient la propriété de l’État. C’est justement à Mourmansk que Loukoïl, Ioukos, Sibneft, TNK et Sourgoutneftegaz se proposent de construire un terminal pétrolier commun et un oléoduc relié aux gisements du Grand Nord ou de Sibérie occidentale, qui permettraient de faciliter les livraisons de brut russe vers les États-Unis. Les compagnies se disent prêtes à financer le projet si des droits d’accès préférentiels leur sont accordés. Les patrons des grandes compagnies pétrolières ont écrit à plusieurs reprises au gouvernement russe pour qu’il desserre sa pression sur le réseau d’exportation.
La tension ne cesse de monter ces dernières semaines entre les magnats du pétrole russe excédés de ne pas pouvoir exporter autant de pétrole qu’ils le souhaiteraient à cause d’un réseau d’oléoducs insuffisant et le gouvernement qui veut garder la mainmise sur les infrastructures. Le vice-président du premier producteur de brut national Loukoïl, Léonid Fedoun, a déclaré que jusqu’à 25 millions de tonnes de pétrole pourraient rester bloquées en Russie cette année à cause du manque de capacités du réseau russe d’oléoducs, géré par le monopole d’État Transneft. Le patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovki, avait déjà haussé le ton lors du Forum économique de Davos fin janvier, accusant le Premier ministre Mikhaïl Kassianov de vouloir imposer « un style de gouvernement saoudien » en Russie. Les...
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