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Un sommet arabe plombé à l’avance par les divergences

Dans ce qui pourrait être une ultime tentative de prévenir une guerre en Irak, aux redoutables conséquences pour ses voisins, les dirigeants de la région préparent la tenue rapide d’un sommet arabe, qui aura lieu au Caire. « Il faut absolument que le sommet arabe se tienne, n’importe où, en raison de l’importance d’une décision arabe commune face à la grave situation que traverse la région, que ce soit en Palestine ou en Irak », a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, dans l’édition de mardi du quotidien égyptien al-Akhbar. M. Moussa avait examiné dimanche à Beyrouth les préparatifs de ce sommet, dont la présidence tournante est actuellement tenue par le Liban. Le ministre bahreïni de l’Information, Nabil al-Hamar, a annoncé hier que le sommet annuel de la Ligue arabe, qui était prévu initialement le 24 mars à Manama, serait transféré au Caire. M. Hamar a ajouté que son pays avait « accueilli favorablement une proposition du secrétariat général de la Ligue arabe pour avancer le sommet ». Des diplomates arabes ont précisé qu’il pourrait se tenir le 1er ou le 2 mars. Avant ce sommet, aura lieu le 16 février, également au Caire, une « réunion urgente » des ministres arabes des Affaires étrangères sur la crise irakienne. Lors d’une réunion à la Ligue arabe, M. Moussa a par ailleurs exprimé son « extrême pessimisme » quant à la situation actuelle, soulignant qu’une guerre entraînerait « plusieurs dizaines de milliards de dollars » de pertes pour la région, sans parler des « répercussions morales, sécuritaires et sociales ». L’Irak, qui reproche aux dirigeants de la région leur manque de solidarité, insiste pour la tenue rapide d’un sommet, afin, selon le quotidien Babel, dirigé par le fils aîné de Saddam Hussein, Oudaï, de lancer « aux partisans de la guerre et des tueries le signal fort que la nation arabe – peuples et gouvernements – s’oppose aux menaces américaines et soutient le grand Irak ». Mais les observateurs attendent peu de ces réunions, ministérielle ou au sommet, du fait des divergences arabes et de la passivité qui s’est emparée tant des dirigeants que des opinions publiques, face au caractère apparemment inéluctable d’une guerre menée par les États-Unis. Le roi Abdallah II de Jordanie avait donné le ton au forum économique de Davos le 26 janvier, estimant qu’il était désormais « trop tard pour une solution diplomatique » dans la crise irakienne. La position de plusieurs régimes arabes a d’ailleurs évolué au fil des mois, de la mise en garde aux États-Unis contre les conséquences régionales catastrophiques d’un conflit, aux critiques de plus en plus marquées du régime irakien, dénotant une acceptation progressive de la politique américaine. Déjà à Istanbul le 23 janvier, six pays du Moyen-Orient, dont cinq voisins de l’Irak plus l’Égypte, s’étaient, tout en rappelant leur opposition à une guerre, tournés non vers Washington mais vers Bagdad, demandant à l’Irak plus de coopération avec l’Onu sur son désarmement. Nombre de régimes arabes sont en effet enclins à s’aligner in fine sur la position américaine, du fait de dépendances économique, politique ou sécuritaire, à divers degrés, à l’égard de Washington. Tel est le cas notamment du Koweït, de Qatar ou de Bahreïn, qui acceptent sans publicité d’accueillir les forces américaines susceptibles d’envahir l’Irak, et d’autres pays liés aux États-Unis, tels que l’Arabie saoudite, la Jordanie ou l’Égypte. La presse égyptienne s’emploie ainsi depuis plusieurs jours à préparer l’opinion à une nouvelle guerre du Golfe, par des critiques répétées contre Saddam Hussein, qui, rappelle le journal gouvernemental Akhbar al-Yom, a « commis des crimes contre son peuple, notamment la liquidation de ses opposants et l’utilisation de gaz contre les Kurdes, en 1988 ».
Dans ce qui pourrait être une ultime tentative de prévenir une guerre en Irak, aux redoutables conséquences pour ses voisins, les dirigeants de la région préparent la tenue rapide d’un sommet arabe, qui aura lieu au Caire. « Il faut absolument que le sommet arabe se tienne, n’importe où, en raison de l’importance d’une décision arabe commune face à la grave situation que traverse la région, que ce soit en Palestine ou en Irak », a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, dans l’édition de mardi du quotidien égyptien al-Akhbar. M. Moussa avait examiné dimanche à Beyrouth les préparatifs de ce sommet, dont la présidence tournante est actuellement tenue par le Liban. Le ministre bahreïni de l’Information, Nabil al-Hamar, a annoncé hier que le sommet annuel de la Ligue arabe, qui était...