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L’Égypte montre des signes de ralliement à la position américaine

Jusqu’à présent totalement opposée à une guerre contre l’Irak, l’Égypte, un des principaux alliés arabes des Américains, montre des signes croissants d’un ralliement à la position de Washington. Une photo s’étale dimanche dans l’influent quotidien al-Ahram, qui montre le président du groupe de presse, Ibrahim Nafie, serrant la main de Condoleeza Rice, après un entretien où la conseillère de la Sécurité de George W. Bush détaille les responsabilités américaines en Irak, après sa « libération ». Le cliché est l’un des signes « que les choses changent, qu’il vaut mieux s’aligner sur les États-Unis », explique le politologue Moustapha Kamel al-Saïd. Véritable sas de communication entre une opinion publique très antiaméricaine et le président Hosni Moubarak, un des « modérés » pro-occidentaux du camp arabe, la presse ne cessait depuis plusieurs mois de s’en prendre violemment aux États-Unis et à Israël, unis selon elle dans un même complot contre l’Irak et le monde arabe. Déjà vendredi, M. Nafie avait signé le premier article de la presse gouvernementale critiquant Saddam Hussein, dans lequel il s’étonnait de voir le président irakien jeter de l’huile sur le feu, en menaçant les États-Unis. « Au moment où les États arabes déploient des efforts énormes pour parvenir à une solution pacifique, le régime irakien multiplie les déclarations tonitruantes qui les entravent, donnant au camp de la guerre aux États-Unis des arguments pour justifier une attaque », accusait M. Nafie. « M. Moubarak a tiré des conclusions : les États-Unis sont déterminés à lancer une campagne militaire. Ils vont gagner. Il y aura une nouvelle situation au Proche-Orient. Des gens, dont son fils Gamal, lui disent qu’il vaut mieux prendre ce train plutôt que de rester sur le quai », ajoute M. al-Saïd, qui enseigne à l’Université du Caire. Une délégation égyptienne menée par le conseiller politique de M. Moubarak, Oussama el-Baz, se trouve actuellement aux États-Unis et le fils cadet du président, Gamal, qui dirige la puissante commission politique du parti au pouvoir, est du voyage. « Il y a avec eux des journalistes, dont Abdel Menaem Saïd (al-Ahram), qui prône cette ligne d’alignement sur les États-Unis », affirme M. al-Saïd. La position défendue jusqu’à présent par Le Caire était qu’il fallait à tout prix éviter une guerre qui engendrerait un « chaos » régional, qu’on attendait de Bagdad plus de coopération avec les inspecteurs en désarmement et que l’Égypte n’engagerait aucune force. Un autre proche de M. Moubarak, Ibrahim Saada, donne dans l’hebdomadaire Akhbar al-Yom un nouvel indice de cette évolution. Certains veulent « le boycottage » des produits américains, « la rupture des relations diplomatiques », « l’attaque des intérêts » de ce pays, ou que M. Moubarak dise « que toute attaque contre l’Irak serait une attaque contre l’Égypte », écrit-il. « Mais le président n’adopte pas cette attitude, qui serait inutile et ne réglerait pas la crise », et « si nous sommes d’accord que personne ne veut la guerre contre l’Irak, il faut aussi convenir que les agissements de Saddam Hussein n’aident pas à en éloigner le spectre », ajoute-t-il. De fait, loin de rejoindre les rangs des radicaux, Le Caire multiplie les signes qu’il entend poursuivre un rôle de modérateur régional que ne cesse d’encourager Washington. La récompense de l’Égypte, qui reçoit déjà environ deux milliards de dollars d’aide américaine par an, sera économique, prévoit M. al-Saïd.
Jusqu’à présent totalement opposée à une guerre contre l’Irak, l’Égypte, un des principaux alliés arabes des Américains, montre des signes croissants d’un ralliement à la position de Washington. Une photo s’étale dimanche dans l’influent quotidien al-Ahram, qui montre le président du groupe de presse, Ibrahim Nafie, serrant la main de Condoleeza Rice, après un entretien où la conseillère de la Sécurité de George W. Bush détaille les responsabilités américaines en Irak, après sa « libération ». Le cliché est l’un des signes « que les choses changent, qu’il vaut mieux s’aligner sur les États-Unis », explique le politologue Moustapha Kamel al-Saïd. Véritable sas de communication entre une opinion publique très antiaméricaine et le président Hosni Moubarak, un des « modérés »...