Rechercher
Rechercher

Actualités

Les colons de Gaza craignent Sharon plus que la gauche

Le leader du Parti travailliste israélien, Amram Mitzna, veut démanteler toutes les colonies de la bande de Gaza dans un délai d’un an, mais paradoxalement, c’est plutôt le chef de la droite, le Premier ministre sortant Ariel Sharon, qui inquiète les colons. Le président du Conseil régional des implantations de la bande de Gaza, Avner Shimoni, assure que le programme de M. Mitzna ne l’empêche pas de dormir. Il est vrai que les quelque 8 000 Israéliens qui ont choisi de vivre dans la bande de Gaza au milieu de plus d’un million de Palestiniens en ont vu d’autres. Pas une nuit ne se passe sans que des Palestiniens essaient de s’infiltrer dans l’une des quelque 20 colonies, transformées depuis le début de l’intifada en véritables camps retranchés de l’armée israélienne, ou sans qu’un obus de mortier ou une roquette Qassam s’abatte sur l’une d’entre elles. À Neve Dekalim, la « capitale » du Goush Katif, un bloc de 16 colonies agricoles dans le sud-ouest de la bande de Gaza, un quartier résidentiel est ainsi surnommé « le quartier des mortiers », en raison du nombre de projectiles qui y sont tombés. À l’est de la localité, un gigantesque mur grisâtre de 12 m de hauteur a été érigé pour protéger les habitants de Neve Dekalim de leurs voisins palestiniens de Khan Younès, dont les premières maisons sont situées à tout juste 200 m. Dans ce contexte, les promesses électorales de M. Mitzna, qui s’est aussi engagé à démanteler en un an les petites colonies isolées de Cisjordanie, dont l’enclave juive d’Hébron, s’il devient Premier ministre, sont donc prises avec un certain recul. « Cela ne me fait pas peur », déclare M. Shimoni. Et pour cause : M. Mitzna n’a pas l’ombre d’une chance d’arriver au pouvoir. « Regardez donc ce qui se passe chez les travaillistes », explique-t-il dans une allusion à la chute libre de ce parti dans les sondages, qui lui donnent à peine 20 sièges, sur un total de 120 à la Knesset, contre 25 en 1999. Le Likoud, le parti de M. Sharon, est, au contraire, crédité d’au moins 30 sièges, assurant quasiment le maintien du Premier ministre au pouvoir. Et pour les habitants du Goush Katif, cela n’est pas forcément rassurant, dans la mesure où M. Sharon se dit prêt à accepter, sous certaines conditions, la création d’un État palestinien indépendant et à faire des « concessions douloureuses ». Il se refuse à dire en quoi elles consisteraient, mais beaucoup pensent qu’il s’agit d’une référence implicite au démantèlement de certaines colonies, à commencer par celles de la bande de Gaza. Il a, en outre, annoncé qu’il voulait créer un nouveau gouvernement d’unité nationale avec les travaillistes. « Je ne suis pas sûr qu’il ne donnera rien aux Arabes », confie Nathan Bar, 26 ans, qui travaille dans une laiterie de Katif, un moshav (communauté agricole) au nord de Neve Dekalim. Durant sa longue carrière, M. Sharon a pourtant fait plus que n’importe quel politicien pour développer les colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais la plupart des colons n’ont pas oublié que c’est lui, alors ministre de la Défense d’un gouvernement de droite, qui avait fait raser en 1982 la colonie de Yamit, dans la péninsule du Sinaï, dans le cadre du traité de paix avec l’Égypte. Plusieurs résidents de Yamit vivent d’ailleurs dans le Goush Katif, où on n’a pas oublié ces événements. Dans la yeshiva (école talmudique) de Neve Dekalim, une sculpture en forme de mur représentant les dernières heures de Yamit accueille d’ailleurs les visiteurs. M. Shimoni se veut toutefois optimiste pour l’avenir des colonies de la bande de Gaza. « Dans 20 ans, j’espère que nous serons non pas 8 000, mais 80 000 », dit-il. Mais dans l’immédiat, il espère dur comme fer que M. Sharon sera contraint par l’arithmétique parlementaire de mettre sur pied une coalition avec l’extrême droite, car, si c’est le cas, « il sera marqué de près », dit-il.
Le leader du Parti travailliste israélien, Amram Mitzna, veut démanteler toutes les colonies de la bande de Gaza dans un délai d’un an, mais paradoxalement, c’est plutôt le chef de la droite, le Premier ministre sortant Ariel Sharon, qui inquiète les colons. Le président du Conseil régional des implantations de la bande de Gaza, Avner Shimoni, assure que le programme de M. Mitzna ne l’empêche pas de dormir. Il est vrai que les quelque 8 000 Israéliens qui ont choisi de vivre dans la bande de Gaza au milieu de plus d’un million de Palestiniens en ont vu d’autres. Pas une nuit ne se passe sans que des Palestiniens essaient de s’infiltrer dans l’une des quelque 20 colonies, transformées depuis le début de l’intifada en véritables camps retranchés de l’armée israélienne, ou sans qu’un obus de mortier ou une...