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Lutte antiterroriste et droits de l’homme divisent le Conseil de sécurité

La lutte contre le terrorisme, présentée comme la principale menace contre la paix et la sécurité mondiales, ne doit remettre en cause ni les droits de l’homme ni les lois internationales, ont demandé hier plusieurs des participants à un débat du Conseil de sécurité. Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, a clairement exprimé cette inquiétude dans l’allocution qu’il a prononcée à l’ouverture de ce débat consacré à la lutte contre le terrorisme, auquel ont participé 13 des 15 ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil. La lutte contre le terrorisme, a-t-il ainsi souligné, « ne doit pas diaboliser les opposants politiques, étrangler la liberté d’expression et de la presse et délégitimer l’expression des griefs politiques légitimes ». Le secrétaire général a également dénoncé « les cas trop nombreux où les États invoquent la lutte contre le terrorisme pour menacer ou justifier de nouvelles actions militaires contre des voisins auxquels les opposent des différends ». Le même souci a été mis en relief par le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et par son collègue pakistanais, Khurshid Kasuri, qui a accusé l’Inde d’invoquer à tort la lutte contre le terrorisme pour justifier la répression des musulmans au Cachemire. La lutte contre le terrorisme, a ainsi déclaré M. Ivanov, « doit être basée sur la fondation solide de la Charte des Nations unies et du droit international ». M. Kasuri a quant à lui regretté que « malheureusement certains États cherchent à utiliser la lutte contre le terrorisme pour dénigrer et supprimer le droit des peuples à l’autodétermination comme au Cachemire et en Palestine ». La mention du nécessaire respect des droits de l’homme n’a en revanche pas figuré de manière explicite dans l’intervention du secrétaire d’État américain Colin Powell. Pas plus que dans celle de Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, à l’initiative duquel se tenait cette réunion extraordinaire destinée à « redonner du souffle » à la lutte contre le terrorisme. Le ministre français a toutefois appelé à faire « mieux et plus » pour lutter contre le terrorisme. Ces difficultés à concilier sinon les points de vue, du moins les priorités, se retrouvent dans « la déclaration sur la question de la lutte contre le terrorisme », adoptée à l’unanimité à l’issue du débat mais qui, selon l’expression d’un diplomate, « reflète les difficultés à trouver des formulations acceptables par tout le monde sur certains sujets ou conflits régionaux ». La référence au respect des droits de l’homme, qui figurait de manière appuyée dans une première version de la déclaration comme une obligation, est ainsi transformée dans la version finale en une mention indiquant que les États doivent « s’assurer » que les mesures qu’ils prennent pour lutter contre le terrorisme « sont conformes au droit international, en particulier les instruments relatifs aux droits de l’homme et aux réfugiés, et le droit humanitaire ». Les États-Unis ont également obtenu, selon les diplomates ayant participé à la rédaction de ce texte, que soit supprimée dans la déclaration toute référence au respect de la Charte des Nations unies présente dans la première version. C’est sans doute, fait remarquer un diplomate sous le couvert de l’anonymat, que cette Charte interdit, à moins de réponse à une agression caractérisée, toute action armée, ce qui va à l’encontre de la nouvelle politique de Washington qui veut pouvoir employer la force à titre préventif.
La lutte contre le terrorisme, présentée comme la principale menace contre la paix et la sécurité mondiales, ne doit remettre en cause ni les droits de l’homme ni les lois internationales, ont demandé hier plusieurs des participants à un débat du Conseil de sécurité. Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, a clairement exprimé cette inquiétude dans l’allocution qu’il a prononcée à l’ouverture de ce débat consacré à la lutte contre le terrorisme, auquel ont participé 13 des 15 ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil. La lutte contre le terrorisme, a-t-il ainsi souligné, « ne doit pas diaboliser les opposants politiques, étrangler la liberté d’expression et de la presse et délégitimer l’expression des griefs politiques légitimes ». Le secrétaire général a...