C’est dans le domaine de la défense des droits de l’homme que l’Église réalise le plus légitimement son universalité. Le sous-développement implique une violation chronique et structurelle des droits fondamentaux de la personne humaine. L’Église comprend que l’Évangile, de façon fondamentale et non en raison d’une contingence historique, est lié à la proclamation et à la défense de la dignité humaine. C’est pour cela que dans la formulation de la foi, dans la catéchèse, dans les sermons dominicaux et dans les interventions officielles, l’annonce de l’Évangile et la promotion des droits de l’homme forment un tout. Dans des situations périlleuses, quand toutes les voies sont réduites au silence par la violence et la pression, la voix de l’Église se fait entendre en affirmant : « N’opprime pas ton frère » ; «J’ai entendu les clameurs de mon peuple» ; «Marginalisation d’un peuple : cri des Églises. » Elle ne s’est pas confinée à la proclamation et à la dénonciation. Des évêques et des prêtres entrent presque de force dans les prisons pour visiter prisonniers et torturés ; ils visitent les pauvres pour soulager leur détresse, ils entreprennent toutes les démarches pour localiser et défendre les prisonnie(è)r(e)s politiques, les marginalisé(e)s, les laissé(e)s-pour-compte, ils créent des associations pour la défense des droits de l’homme. L’Église est également assez intelligente pour identifier l’ambiguïté qui peut se cacher sous la défense des droits de l’homme. Il n’est pas suffisant de lutter pour les droits de l’individu : des gouvernements capitalistes ont fait d’une telle attitude leur bannière politique. Il importe de lutter pour les droits sociaux. Le système capitaliste international d’aujourd’hui possède ses règles de jeu et impose des structures sans prêter attention aux droits personnels et sociaux. Par son fonctionnement dans les pays sous-développés, les structures créent une situation qui pratiquement oblige les gouvernements à violer les droits de l’homme. La cause ne réside pas principalement dans la malice des gouvernements, ni dans le sadisme de l’appareil de répression. La cause réelle se cache dans les structures du système capitaliste lui-même, dont les gouvernements brandissent le drapeau des droits individuels sans se rendre compte que ce sont eux les principaux responsables de la situation qui, suivant leurs règles du jeu, conduit à des violations manifestes de la dignité humaine et de la structure de la société nationale. Elles sont nombreuses, les Églises locales qui ont déjà découvert le pharisaïsme caché sous le manteau de la défense des droits de l’homme de la part de certains pays au système économique et politique soi-disant démocratique : ils en dénoncent les effets, mais ils se refusent à s’attaquer aux causes. Sylvain THOMAS
C’est dans le domaine de la défense des droits de l’homme que l’Église réalise le plus légitimement son universalité. Le sous-développement implique une violation chronique et structurelle des droits fondamentaux de la personne humaine. L’Église comprend que l’Évangile, de façon fondamentale et non en raison d’une contingence historique, est lié à la proclamation et à la défense de la dignité humaine. C’est pour cela que dans la formulation de la foi, dans la catéchèse, dans les sermons dominicaux et dans les interventions officielles, l’annonce de l’Évangile et la promotion des droits de l’homme forment un tout. Dans des situations périlleuses, quand toutes les voies sont réduites au silence par la violence et la pression, la voix de l’Église se fait entendre en affirmant : « N’opprime...
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