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Actualités - Chronologie

Bizarre Centre de presse 007

La fondation Nobel de Suède joue toujours davantage en Bourse pour faire fructifier la fortune léguée par Alfred Nobel, dotant depuis un siècle les prix portant le nom du savant et homme d’affaires suédois. L’an dernier, la fondation Nobel a géré des actifs constitués pour près de deux tiers d’actions alors qu’en 1998, elle privilégiait encore les placements de «bon père de famille» dans les titres participatifs convertibles, les investissements à rendement fixe et dans l’immobilier. «Le rendement du fonds légué par Alfred Nobel n’était plus au niveau des sommes distribuées aux lauréats», explique Aake Altéus, directeur financier de la fondation. «Si rien n’avait été entrepris, nous avions encore cinq ans devant nous avant de commencer à manger notre capital», précise-t-il. Créée en 1900, la fondation est la propriétaire du capital du fonds dont elle assure, seule, l’administration économique. En janvier, elle a été autorisée par la direction nationale des chartes et domaines (Kammarkollegiet) à changer ses statuts pour doter les prix Nobel non plus avec le seul rendement fixe de son fonds mais avec d’éventuels gains en capital qu’elle pourrait réaliser sur des opérations de Bourse. La Kammarkollegiet a parallèlement donné son aval au relèvement du plafond du portefeuille en actions du fonds qui, auparavant, ne pouvait excéder 70 % du capital. Armement et paix En 1999, la fondation a ainsi géré des actifs d’une valeur totale de 3,938 milliards de couronnes suédoises (460 millions de dollars), en progression de 24,5 % par rapport à 1998 où ils avaient atteint 3,162 mds SEK. Sur ce total, le portefeuille en actions de la fondation se montait à 2,561 mds SEK au 31 décembre, soit 65 % des actifs contre seulement 55 % en 1998. En conséquence, les revenus tirés de dividendes ont progressé de 28 % (7,3 M SEK) à 33 M SEK tandis que ceux provenant d’intérêts fixes n’ont augmenté que de 4 % (2,4 M SEK) à 66,1 M SEK. «Pour maintenir, année après année, le montant des prix au-dessus de l’inflation, nous devions nous doter d’instruments de gestion modernes que nos vieux statuts nous interdisaient d’employer», affirme encore M. Altéus. La politique d’investissement de la fondation est cruciale car elle conditionne la préservation du fonds Nobel et donc celle du montant des prix. Cette année, la fondation a doté les cinq prix Nobel créés en 1901 (paix, littérature, médecine, physique et chimie) de 45 M SEK, soit 9 M SEK par prix, en augmentation de 14 % par rapport à 1999. Le prix Nobel d’économie, créé en 1968 par la Riksbank (Banque centrale), n’est pas doté par la fondation mais par l’institut d’émission suédois lui-même. Au début des années 50, le gouvernement suédois avait habilité le conseil d’administration de la fondation à effectuer des investissements non seulement dans des biens immobiliers, des obligations et des emprunts garantis mais également, dans une moindre mesure, dans des actions. Cette liberté d’investissement est régulièrement critiquée. En 1998, le quotidien britannique The Observer avait révélé que la fondation finançait ses prix en investissant dans des firmes d’armement fournissant du matériel à des régimes accusés de violation des droits de l’homme. «Investir dans les industries d’armement n’est pas contradictoire avec la défense de la paix», avait alors sèchement répondu Michael Sohlman, le directeur général de la fondation.
La fondation Nobel de Suède joue toujours davantage en Bourse pour faire fructifier la fortune léguée par Alfred Nobel, dotant depuis un siècle les prix portant le nom du savant et homme d’affaires suédois. L’an dernier, la fondation Nobel a géré des actifs constitués pour près de deux tiers d’actions alors qu’en 1998, elle privilégiait encore les placements de «bon père de famille» dans les titres participatifs convertibles, les investissements à rendement fixe et dans l’immobilier. «Le rendement du fonds légué par Alfred Nobel n’était plus au niveau des sommes distribuées aux lauréats», explique Aake Altéus, directeur financier de la fondation. «Si rien n’avait été entrepris, nous avions encore cinq ans devant nous avant de commencer à manger notre capital», précise-t-il. Créée en 1900, la...