Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Luxembourg Le grand duc abdiquera samedi en faveur de son fils Henri

Les protestations populaires contre Slobodan Milosevic ont atteint une ampleur sans précédent hier à Belgrade où des manifestants ont pris le contrôle du Parlement et de plusieurs médias, dont la radio-télévision d’État, après de violents incidents qui ont fait une trentaine de blessés. Dans la soirée, Vojislav Kostunica, le chef de l’Opposition démocratique de Serbie (DOS) s’est adressé en tant que «président de la Yougoslavie» à «la Serbie libérée» et aux dizaines de milliers de manifestants rassemblés dans le centre de Belgrade. En tant que nouveau président, il a convoqué le nouveau Parlement yougoslave, issu des législatives du 24 septembre, hier à 21h00 (19h00 GMT), tout en appelant au «calme». Seule réaction officielle, le Parti socialiste (SPS) du président Milosevic a rendu l’opposition responsable des «émeutes» et menacé de riposter «avec tous les moyens». Slobodan Milosevic est resté quant à lui silencieux. Selon M. Kostunica, il s’est «enfui» de Dedinje, le quartier de Belgrade, où il possède une résidence, et un responsable de la DOS Zarko Korac a affirmé ignorer où il se trouve. En dépit des heurts qui ont opposé manifestants et forces de l’ordre essentiellement devant le Parlement fédéral, en fin de journée, des policiers de plus en plus nombreux ont été vus pactisant avec les manifestants. Tant devant la télévision d’État serbe (RTS) que devant le Parlement, des policiers, mais aussi des éléments des unités antiterroristes ont jeté leurs casques, certains enlevant les chargeurs de leurs fusils, pour rejoindre les manifestants. À Kolubara, les policiers se sont également retirés de la mine et devaient remettre le contrôle des équipements aux mineurs en grève depuis près d’une semaine. Le contrôle de Slobodan Milosevic sur son peuple semble «s’effriter de plus en plus», ont estimé les États-Unis. «Milosevic a perdu le contrôle sur l’armée comme sur la police», a estimé Zoran Djindjic, un des dirigeants de la DOS, sur les ondes d’une radio allemande, Hit Radio FFH. «La majorité de la population est désormais avec nous. Il n’y a plus aucun doute que nous allons gagner», a-t-il ajouté. «Vojislav Kostunica a gagné. Il est notre président et M. Milosevic doit l’accepter. S’il ne le fait pas, il aura des millions de gens contre lui, non plus passivement, mais activement», a-t-il averti. Pour la première fois, l’opposition a réussi hier à rassembler plus de 300 000 personnes dans le centre de Belgrade pour réclamer le départ de Milosevic. Ce raz-de-marée a coïncidé avec l’annonce par le président de la Cour constitutionnelle, cité sur le site Internet de Radio Free Europe, de l’annulation pure et simple du scrutin présidentiel du 24 septembre. L’annulation de l’élection présidentielle yougoslave a été unanimement condamnée par les Occidentaux comme une nouvelle manipulation du président Milosevic, et la Russie a appelé à la fin de la confrontation dans ce pays. L’Union européenne, dont la France assure la présidence, a dénoncé dans une déclaration la décision de la Cour constitutionnelle yougoslave, car elle a «pour seul objectif de nier la victoire de Vojislav Kostunica». En milieu d’après-midi, des manifestants sont entrés dans le Parlement, après de violents incidents avec les forces de l’ordre. Ces heurts ont fait au moins trente blessés, certains par balles, ont indiqué des infirmiers des services des urgences. Un peu plus tard, d’autres manifestants occupaient la RTS, qui a cessé d’émettre, puis la télévision indépendante Studio B, dont le pouvoir avait pris le contrôle, et enfin TV Politika (progouvernementale). Au Parlement, comme à la RTS, des incendies se sont déclarés mais ont été circonscrits en début de soirée par les pompiers. Des manifestants sont apparus aux fenêtres du bâtiment, jetant à terre les portraits du président Slobodan Milosevic et des documents. Plusieurs voitures de police ont été incendiées, et des scènes de pillage isolées ont été signalées dans le centre-ville. Un journaliste de l’AFP a entendu quatre coups de feu. Au moment où les heurts ont éclaté, plus de 300 000 partisans de l’opposition étaient rassemblés devant le Parlement et dans les artères avoisinantes, scandant «maintenant ou jamais», «à l’assaut», «il est fini».
Les protestations populaires contre Slobodan Milosevic ont atteint une ampleur sans précédent hier à Belgrade où des manifestants ont pris le contrôle du Parlement et de plusieurs médias, dont la radio-télévision d’État, après de violents incidents qui ont fait une trentaine de blessés. Dans la soirée, Vojislav Kostunica, le chef de l’Opposition démocratique de Serbie (DOS) s’est adressé en tant que «président de la Yougoslavie» à «la Serbie libérée» et aux dizaines de milliers de manifestants rassemblés dans le centre de Belgrade. En tant que nouveau président, il a convoqué le nouveau Parlement yougoslave, issu des législatives du 24 septembre, hier à 21h00 (19h00 GMT), tout en appelant au «calme». Seule réaction officielle, le Parti socialiste (SPS) du président Milosevic a rendu l’opposition...