Le dollar est resté activement recherché encore hier, à Beyrouth, à des fins non commerciales dans un marché toujours très réticent à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL) toujours soucieuse de rétablir l’équilibre des échanges. En procédant ainsi à satisfaire la demande en cette monnaie au haut de sa fourchette d’intervention, maintenue en l’état comme le bas de cette fourchette entre 1 501,00 et 1 514,00 LL, la BDL est parvenue à la faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais eu égard à l’absence de contreparties valables à l’offre du billet vert sur le marché interbancaire, les établissements de crédit de la place ont été amenés à l’acheter auprès de la BDL au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume d’affaires de la journée d’hier aurait dépassé 15 millions de dollars, entièrement vendus par la BDL à 1 514,00 LL. Dollar toujours soutenu à l’étranger À l’étranger, l’euro a éprouvé beaucoup de difficultés hier à se maintenir aux alentours du seuil de 0,88 dollar avant et après le maintien des taux d’intérêt américains inchangés à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Mais les marchés sont restés toujours prudents à la baisse de la monnaie européenne par crainte d’une nouvelle intervention des Banques centrales occidentales en cas de trop forte dépréciation de cette monnaie. En effet, l’euro est demeuré pratiquement faible sous le seuil de 0,88 dollar sans pour autant casser à la baisse la barre de 0,87 dollar. Selon les analystes de marché, l’intervention du 22 septembre des Banques centrales occidentales avait fourni un plancher à la monnaie unique et les opérateurs craignent une nouvelle salve au cas où elle recule trop fortement. Pourtant, nombre d’intervenants avaient racheté pendant la matinée des dollars en échange d’euros par précaution dans l’attente de la décision de la Fed. À cet égard, les investisseurs, convaincus du maintien des taux américains en l’état vu la baisse du régime de l’économie aux États-Unis, ont estimé devoir se prémunir surtout après les propos attribués à son président, Alan Greenspan, laissant prévoir un resserrement monétaire d’ici à la fin de l’année en cas de résurgence des pressions inflationnistes. Quoi qu’il en soit, le dollar devait profiter du statu quo monétaire américain dans la mesure où il est favorable à la croissance de l’économie à moyen terme. Cela d’autant que dans la zone euro et en Grande-Bretagne on s’achemine aussi vers une stabilité des taux européens et britanniques, ce qui a affecté aussi bien la monnaie unique que le sterling. Pour ce qui est du yen, il a trouvé appui dans la publication hier d’un rapport «Tankan» par la Banque du Japon meilleur que prévu sur le moral des entrepreneurs japonais, surtout dans les grandes sociétés manufacturières. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar a fait montre de fermeté, notamment face aux monnaies européennes, se négociant à New York comme suit : – 0,8745 pour un euro contre 0,8765, la veille – 1,4575 pour un sterling contre 1,4660 – 2,2365 DM contre 2,2315 – 7,5010 FF contre 7,4840 – 1,7360 FS contre 1,7365 – 2 214,15 lires contre 2 209,10 – 108,80 yens contre 108,90. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée faible hier, sous l’impulsion de la rechute des actions A de Solidere et de la sensible baisse des actions C de la Byblos Bank, dans un marché déserté sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,51 % à 64,57 points, de même que l’indice LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,57 % à 140,91 points. Ce mouvement s’est déroulé encore une fois dans un volume d’affaires très mince, ne dépassant pas au total quelque 8 476 actions négociées d’une valeur de 57 036 dollars. Hausse de Wall Street, irrégularité du Nasdaq Sur les places boursières internationales, la tendance s’est reprise hier sur les marchés américains des valeurs mobilières au lendemain de la forte dépression de la veille pour les hautes technologies après l’alerte lancée par Xerox. Cette dernière, qui avait mis en garde les investisseurs face à une dégradation de ses résultats financiers, a dû céder beaucoup de terrain hier, sans pour autant que ne soit affecté le restant de la cote. Mais, il n’en demeure par moins que le climat entourant le marché restait nerveux hier car les investisseurs, qui ont été satisfaits du statu quo monétaire observé par la Fed, ne se sont pas sentis rassurés par le commentaire qui a accompagné cette décision, faisant état de risques potentiels d’inflation. Dans ce contexte, les boursiers s’en tenaient à des indications sectorielles ou des informations sur certaines sociétés, notamment sur leurs résultats trimestriels attendus dès la semaine prochaine, pour prendre quelques initiatives. C’est ainsi que le secteur des semi-conducteurs a été particulièrement recherché à la suite de l’annonce d’une forte hausse des ventes au niveau mondial en août, mois record, selon l’Association de l’industrie des semi-conducteurs. Au contraire, les valeurs de la distribution et des fabricants de logiciels ont été globalement en baisse. Les titres de la pharmacie, de l’Internet, des télécoms et des valeurs bancaires ont été plutôt irréguliers et diversement traités, mais la chimie, les compagnies d’aviation et les cycliques étaient en hausse. En effet, l’indice Nasdaq a nettement réduit ses gains au fil des cotations demeurant au-dessous du seuil des 3 550 points, alors que l’indice Dow Jones de 30 vedettes industrielles remontait d’un plus bas à 10 709,84 points à un plus haut à 10 857,68 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 832,32 points, en hausse de 132,19 points sur la veille. Les Bourses européennes soutenues par les technologiques La remontée des valeurs technologiques et l’ouverture en hausse du Nasdaq ont renforcé la bonne orientation des valeurs européennes mardi. Le marché des technologiques américaines, qui avait perdu près de trois pour cent lundi, a joué au yoyo en matinée et, en fin d’après-midi, était revenu dans le positif. Les indices européens restaient positifs, de même que le Dow Jones, qui gagnait plus de 100 points en fin de matinée. Toutefois, de l’avis des intervenants, les échanges manquaient de conviction en Europe, en raison notamment de la réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale, et de celle, jeudi, de la Banque centrale européenne (BCE). Dans les deux cas, les marchés anticipent un statu quo monétaire. L’Eurotop 300 a gagné 0,56 %. Misys, le concepteur de logiciels industriels britannique, a enregistré la plus forte hausse (+9 %) après une prévision optimiste pour l’exercice en cours. L’Euro Stoxx 50 a avancé de 0,77 % grâce notamment aux français Alcatel, qui a gagné 4,93 % à 76,60 et Vivendi, qui s’est adjugé 3 % à 88,50. Nokia a gagné 1,55 %, Marconi – qui poursuit une tendance de forts gains suivis de prises de bénéfice non négligeables – 1,77 % et Ericsson 2 %. Les marchés allemands ont été fermés hier, en raison de la commémoration de la réunification allemande. Merrill Lynch, qui organisait mardi un «road show» en Europe, a déclaré que les valeurs européennes pourraient surperformer les américaines l’an prochain, grâce à la force du cycle économique. Il a dit préférer les fabricants de matériels pour les télécommunications et les semi-conducteurs, mais qu’il resterait à l’écart des services dans les télécommunications et les médias. Tokyo : pratiquement inchangée Les valeurs japonaises ont terminé pratiquement inchangées mardi, les investisseurs préférant rester prudents après la nouvelle baisse du Nasdaq américain la veille. «De nombreux titres apparaissent survendus actuellement et on constate que les investisseurs institutionnels effectuent régulièrement quelques emplettes à bon compte, mais, dans l’ensemble, les acheteurs adoptent une approche très défensive compte tenu des perspectives de nouvelle baisse à Wall Street», commentait Hitoshi Ichio, «stratégiste» chez Commerz Securities à Tokyo. L’indice Nikkei 225 a fini sur un très léger gain de 9,58 points or 0,06 % à 15 912,09 après avoir passé l’essentiel de la séance dans le rouge. L’indice Topix, qui regroupe toutes les actions de la première section, a gagné 9,03 points, 0,61 % à 1 500,71. Sur la première section, les pertes ont légèrement dépassé les gains par 668 contre 570, dans un volume modérément étoffé de 547,96 millions d’actions, contre 514,81 millions lundi. Le contrat à terme échéance décembre sur l’indice Nikkei a pris 50 points à 15,930. L’enquête trimestrielle de la Banque du Japon (le «tankan») n’a pas suffi à rassurer le marché, rendu nerveux par la prévision d’une perte au troisième trimestre pour l’américain Xerox Corp, qui survient après les profit warnings diffusés par Intel et Apple Computer. Le «tankan» a confirmé que l’activité des entreprises nippones est restée forte et a continué d’alimenter la reprise mais aussi que les sociétés restent prudentes sur les perspectives d’avenir. Les valeurs de semi-conducteurs japonais sont particulièrement exposées, ont remarqué des opérateurs, étant donné qu’elles ont eu la faveur des investisseurs américains.
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