Les combats entre Israël et les Palestiniens se sont intensifiés lundi, les Israéliens utilisant pour la première fois des hélicoptères d’assaut pour attaquer des cibles à Gaza, alors qu’en Israël même les affrontements entre manifestants arabes et la police s’aggravaient. Les combats, qui prennent de plus en plus l’allure d’un carnage, ont fait 15 nouvelles victimes lundi, parmi lesquelles sept Arabes israéliens, cinq Palestiniens, un militaire israélien et un juif abattu à bout portant près d’un village palestinien de Cisjordanie. Le bilan de cinq jours d’émeutes s’établissait à 50 morts, dont 49 Palestiniens ou Arabes israéliens. Pour l’heure, ni les appels à la raison du pape Jean-Paul II et du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, ni les efforts du président Bill Clinton, qui a parlé au téléphone avec le Premier ministre israélien Ehud Barak et le dirigeant palestinien Yasser Arafat, ne laissent entrevoir une fin rapide des combats. M. Arafat a reçu lundi le soutien de plusieurs pays arabes, après que l’Égypte et la Syrie eurent appelé à la tenue d’urgence d’un sommet arabe, un appel auquel le Liban et la Jordanie ont immédiatement répondu favorablement. M. Barak, qui a effectué une brève visite dans des garnisons de la bande de Gaza et de Cisjordanie, a réitéré qu’il restait prêt à reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens, mais les a avertis qu’ils n’obtiendraient aucune concession de sa part en ayant recours à la violence. Israël accuse les Palestiniens d’avoir «orchestré» cette flambée de violence à des fins politiques. «Nous nous trouvons actuellement à un stade très délicat du processus de paix. Ceux qui pensent que la violence est un outil efficace dans les négociations ont tort», a affirmé le gouvernement israélien dans un communiqué. Le chef d’état-major adjoint des forces armées israéliennes, le général Moshe Yaalon, a assuré que l’Autorité palestinienne avait «les moyens de faire cesser la violence», mais qu’elle refusait de le faire. L’attaque des deux immeubles de Gaza par des hélicoptères équipés de missiles a fait plusieurs dizaines de blessés, selon les témoins, bien que les bâtiments aient été vides. Le général Yaalon a justifié cette première en assurant que les deux bâtiments étaient utilisés par des policiers palestiniens et des membres des Tanzim (le noyau dur du Fateh, la principale composante de l’OLP) pour tirer sur la colonie juive de Netzarim et les militaires israéliens qui la gardent. Victoire symbolique Mais à Gaza, on assurait de source palestinienne qu’il s’agissait d’immeubles d’habitations dont les résidents avaient été évacués par la police samedi parce qu’ils étaient trop exposés. Les témoins ont rapporté qu’un poste militaire et deux véhicules avaient également été touchés. Les accrochages ont continué autour de Netzarim, après que des Palestiniens eurent de nouveau attaqué cette colonie à coups de pierres et que les soldats eurent ouvert le feu, tuant un manifestant. Un membre des forces de sécurité palestiniennes est mort dans la fusillade qui a suivi. Les Palestiniens ont remporté une victoire symbolique lorsque des adolescents sont parvenus à retirer le drapeau israélien qui flottait au-dessus de la position israélienne, une scène que la télévision palestinienne a diffusée à de multiples reprises. Tout aussi graves pour le gouvernement de M. Barak, de nouveaux affrontements très durs ont eu lieu lundi, pour la deuxième journée consécutive, en Galilée (nord d’Israël), entre policiers et membres de la minorité arabe israélienne, qui observait une grève de solidarité avec les Palestiniens. Cinq Arabes israéliens sont tombés sous les balles de la police, alors que deux autres, blessés lors des affrontements de la veille, qui avaient fait un mort, sont décédés des suites de leurs blessures. Les citoyens arabes d’Israël, qui sont un million sur une population totale de 6,3 millions, sont les descendants des Palestiniens restés sur les terres du futur État hébreu en 1948. Leur militantisme croissant représente, aux yeux de nombreux Israéliens, le risque de voir s’ouvrir une sorte de front intérieur dans le combat contre les Palestiniens. Les combats ont aussi gagné la ville de Jéricho, dans la vallée du Jourdain, jusque-là épargnée, où deux Palestiniens, dont un membre des services de sécurité palestiniens, ont été tués. Des fusillades ont aussi eu lieu à Beit Sahour, près de Bethléem, où un Israélien – un soldat ou un garde-frontière – était dans un état critique. L’Israélien tué ce lundi était apparemment allé au village palestinien de Bidia pour y faire réparer sa voiture, une pratique courante chez les Israéliens, en raison de la différence de prix entre Israël et les territoires.
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