Les milieux d’affaires et le patronat danois s’attendaient hier à une hausse des taux d’intérêt, à d’importantes tensions sur la couronne et à une raréfaction des investissements étrangers après le rejet de l’euro par leur pays. Le «non» opposé jeudi par le royaume à la monnaie unique constitue «une très mauvaise nouvelle», a déclaré le directeur adjoint de la Fédération des industries danoises, Jörgen Hansen. «Nous devons maintenant envisager un relèvement du taux de change (de la couronne, ndlr) et une perte d’influence puisque nous ne ferons pas partie de la Banque centrale européenne», a-t-il précisé. «En conséquence, nous devrons suivre une politique fiscale plus stricte pour convaincre les marchés que nous restons ancrés à l’euro», a-t-il ajouté. La National Banken (Banque centrale) a conforté ce pessimisme en relevant hier, à l’ouverture des marchés, de 50 % points de base son principal taux directeur (repo) à 5,60 % contre 5,10 %. Cette décision, prise avec effet immédiat, «fait suite aux dernières pressions sur la couronne» et doit servir à «lever les incertitudes sur son cours», a expliqué l’institut d’émission. À 11h00 (09h00 GMT), à la Bourse de Copenhague, la monnaie danoise s’échangeait pourtant à la hausse, à 7,4577 DKK pour 1 euro. Hier, elle avait atteint son niveau le plus bas par rapport à la monnaie européenne, à 7,4685 DKK. Pour décourager les spéculateurs, le Premier ministre (social-démocrate) danois, Poul Nyrup Rasmussen, avait indiqué dès jeudi soir que son gouvernement était prêt à «défendre la stabilité du cours» de la monnaie nationale. Il avait immédiatement reçu le soutien des ministres des Finances des onze pays de la zone euro regroupés au sein de l’Eurogroupe qui l’ont assuré, dans un communiqué, que le Danemark continuera à bénéficier de l’assistance du mécanisme de change européen puisqu’il est «déterminé à maintenir la couronne à l’intérieur des marges de fluctuation étroites existantes». Vendredi, il a reçu celui du président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, qui assuré le Danemark du soutien de la BCE sur les marchés. Depuis 1998, la couronne danoise est liée à la monnaie unique européenne au sein d’un SME-bis où elle fluctue avec une marge de 2,25 % autour d’un taux pivot de l’euro fixé à 7,46038 DKK pour 1 euro. L’ancien Premier ministre (conservateur) Poul Schlüter a également sévèrement jugé l’issue négative du référendum de jeudi. «Nous serons plus pauvres, nous recevrons moins d’investissements en provenance de l’étranger et notre image sur la scène internationale va s’écorner», a-t-il déclaré au Financial Times. Quelques jours avant le scrutin, le ministre danois des Finances, Mogens Lykketoft, avait prévenu qu’un «non» à l’euro entraînerait une hausse de 0,5 % des taux d’intérêt et la perte de 15 000 à 20 000 emplois dans les années à venir. Un «oui» aurait en outre permis au Danemark d’économiser entre 5 à 10 milliards de couronnes (671 M à 1,34 md euro) au titre des intérêts de la dette, selon M. Lykketoft.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les milieux d’affaires et le patronat danois s’attendaient hier à une hausse des taux d’intérêt, à d’importantes tensions sur la couronne et à une raréfaction des investissements étrangers après le rejet de l’euro par leur pays. Le «non» opposé jeudi par le royaume à la monnaie unique constitue «une très mauvaise nouvelle», a déclaré le directeur adjoint de la Fédération des industries danoises, Jörgen Hansen. «Nous devons maintenant envisager un relèvement du taux de change (de la couronne, ndlr) et une perte d’influence puisque nous ne ferons pas partie de la Banque centrale européenne», a-t-il précisé. «En conséquence, nous devrons suivre une politique fiscale plus stricte pour convaincre les marchés que nous restons ancrés à l’euro», a-t-il ajouté. La National Banken (Banque centrale) a...