Le climat de calme et de stabilité entourant le marché libanais des changes n’a subi aucun changement hier aussi bien sur le front de la contraction de la demande du dollar que sur celui de la réticence de l’offre privée en cette monnaie. Dans ces conditions, l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, est restée déterminante de la tendance. La devise américaine, qui a été fixée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être pratiquement négociée au haut de cette fourchette et très rarement en dehors de la BDL qui est demeurée la principale contrepartie valable à la vente. Pourtant, l’activité du marché ne parvenait guère à se développer en raison de la contraction de la demande, comme en témoigne le volume d’affaires de la journée d’hier qui n’aurait pas dépassé quelque sept millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. L’euro résiste malgré le « non » danois À l’étranger, l’euro a résisté hier sur les marchés des changes internationaux, restant ancré au-dessus de 0,88 dollar, bien que le «non» soit donné gagnant selon les sondages réalisés à la sortie des urnes du référendum au Danemark sur l’adhésion de ce pays à la monnaie unique. Selon les cambistes, l’euro est resté pratiquement stable durant toute la journée d’hier, évoluant entre 0,8810 et 0,8860 dollar, en dépit de la victoire imminente du «non», car le marché craint une nouvelle intervention des Banques centrales occidentales. «La Banque centrale européenne (BCE) ne se laisserait pas accuser de n’agir qu’une fois pour toutes. Il faudrait donc s’attendre à de nouvelles interventions si l’euro est sous pression», a déclaré hier Klaus-Dieter Kühbacher, membre du conseil des gouverneurs de la Bundebank. Et d’ajouter que le Groupe des Sept (pays occidentaux les plus industrialisés) était susceptible d’intervenir pour soutenir l’euro si ce dernier venait à baisser en conséquence d’un éventuel «non» danois à la monnaie unique. La Banque centrale du Danemark serait pour sa part intervenue hier pour soutenir la couronne danoise, selon les cambistes. «Le cours de la couronne danoise s’est raffermi pour atteindre 7,46 pour un euro contre 7,4660 auparavant, ce qui tend à indiquer que l’institut d’émission danois serait intervenu modérément», a-t-on indiqué dans ces mêmes milieux. Le Premier ministre danois, Poul Nyrup Rasmussen, et la Banque du Danemark avaient tous les deux souligné qu’ils veilleraient à la défense de la couronne quelle que soit l’issue du référendum. De plus, une étude de Merrill Lynch parue hier affirmait que les conséquences d’un «non» danois risquent d’être plus politiques qu’économiques. «Si le Danemark disait “non” à l’euro, ce vote ne devrait pas secouer le marché des changes et le marché obligataire européen comme cela avait été le cas en 1992», après le premier «non» danois à l’union monétaire européenne. De son côté, le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, a répété hier que la valeur externe de l’euro jouait un rôle important pour le maintien de l’inflation dans les limites que s’est fixées la BCE. «Il ne peut être question de douce insouciance pour la BCE», a ajouté M. Welteke. Quoi qu’il en soit, il était clair que les autorités monétaires occidentales restaient très vigilantes. L’effet intervention était toujours en place, rendant les opérateurs très prudents leur faisant rappeler l’intervention concertée des grandes Banques centrales du Groupe des Sept de vendredi qui avait fait remonter l’euro tombé un peu plus tôt à un plus bas à 0,8443 dollar. C’est dans ce contexte que le dollar devait se négocier, à New York, après le «non» danois dans la calme, comme suit : – 0,8820 pour un euro contre 0,8835, la veille – 1,4635 pour un sterling contre 1,4645 – 2,2175 DM contre 2,2135 – 7,4370 FF contre 7,4235 – 1,7305 FS contre 1,7240 – 2 195,30 lires contre 2 191,35 – 107,55 yens contre 107,40. Bourse de Beyrouth : redressement de la cote À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est inversée hier après plusieurs journées de baisse continue à la suite du redressement des actions A de Solidere de 7 1/8 à 7 1/4 dollars et de celles de la Banque européenne pour le Moyen-Orient (BEMO) de 3 1/4 à 3 3/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,34 % à 64,89 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,20 % à 141,72 points. Ce mouvement s’est produit hier dans un volume relativement étoffé avec 47 600 actions négociées d’une valeur globale de 322 500 dollars. Hausse des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains étaient en hausse hier, après la douche froide des mauvaises nouvelles d’entreprises ces derniers jours, dans une ambiance de chasse aux bonnes affaires. De fait, les marchés, toujours anxieux à l’approche de la vague de résultats trimestriels des sociétés qui seront annoncés dès le milieu du mois prochain, se sont concentrés hier sur les valeurs survendues les jours précédents et donc bon marché. Cela étant, les pharmaceutiques ont été recherchées après que Bristol-Myers Squibb eut annoncé un doublement de ses résultats sur les cinq prochaines années grâce à une politique active de croissance externe et un recentrage de ses activités sur le médicament. Les valeurs Internet étaient marquées aussi par des chasses aux bonnes affaires après leur dégringolade de la veille dans la foulée du service de produits de voyage Priceline.Com qui avait fait chuter l’action Yahoo. C’est dans ce contexte que l’indice Nasdaq s’est sensiblement repris ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a bondi d’un plus bas à 10 623,18 points à un plus haut à 10 856,17 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 835,51 points, en hausse de 217,15 points sur la veille. Réduction des pertes de Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont réduit leurs pertes jeudi en fin de journée dans le sillage de Wall Street, mais le recul des trois compartiments des TMT – technologiques, médias et télécoms – illustre la persistance d’inquiétudes sur les futurs résultats. À la clôture de la plupart des Bourses européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 cédait 0,34 %, et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro reculait de 0,44 %. Le secteur des fabricants d’équipements de télécoms a nettement reculé sur des rumeurs infondées selon lesquelles Goldman Sachs réduirait sa recommandation sur Nokia. Goldman a démenti la rumeur sur Nokia, mais la banque américaine, dans une récente note, avait souligné les craintes de pertes supérieures aux prévisions pour Ericsson et Nokia. Nokia a chuté de 3,5 % et Ericsson a abandonné 3,9 %. Le britannique Marconi et son concurrent français Alcatel ont perdu 6,57 % et 6,16 %. Les investisseurs craignent qu’après la série des avertissements sur leurs résultats lancés par de grandes sociétés américaines, les entreprises européennes ne suscitent à leur tour des inquiétudes sur leurs futurs bénéfices. Ces inquiétudes se sont concrétisées par un recul de 5,2 % accusé par DaimlerChrysler, la Deutsche Bank et Goldman Sachs ayant revu à la baisse leur estimation des résultats du constructeur germano-américain. «Avec la volatilité qui persiste, ce n’est pas facile de repérer des tendances qui ont tenu un jour ou deux», a noté Richard Kersley, de CSFB. On a toutefois pu constater un certain report des investissements sur des valeurs défensives comme celles de la santé et des services publics, comme sur les financières. Tokyo : à un plus bas de 18 mois La Bourse de Tokyo a clôturé à un plus bas de 18 mois jeudi, les inquiétudes sur les résultats des entreprises américaines continuant à peser sur le marché. L’indice Nikkei a abandonné 12,99 points, soit 0,08 %, à 15 626,96, sous son plus bas depuis le 24 mars 1999 touché mercredi. Le Topix de toutes les valeurs de la première section a perdu 8,68 points, soit 0,60 %, à 1 439,43. «Le marché est sous pression à cause des trois E : (prix de) l’énergie, euro et (bénéfices des) entreprises. Avec les trois quarts des résultats attendus aux États-Unis, les investisseurs ne sont pas pressés de prendre des positions maintenant», a expliqué Hiroyuki Nakai, de Nippon Global Securities. Le contrat à terme échéance décembre sur l’indice Nikkei a perdu dix points à 15 690. Les baisses ont surpassé les hausses par 850 à 426 sur la première section, avec 135 valeurs inchangées, dans un volume de 452,66 millions de titres, en légère baisse par rapport aux 480,86 millions atteints mercredi. Les valeurs de la haute technologie ont été irrégulières. Le fabricant de semi-conducteurs NEC a effectué un rebond de 0,42 % à 2 375 yens, alors qu’il avait rétrogradé de 13 % depuis le «profit warning» d’Intel la semaine dernière, mais Sony a perdu 6,42 % à 10 640 yens. Sony Computer Entertainment America, la filiale américaine du géant japonais de l’électronique, a fait savoir mercredi que la production de sa console de jeux PlayStation 2 avait pris du retard et que les objectifs de mise initiale sur le marché seraient réduits de moitié.
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