À l’orée du nouveau millénaire, le Metropolitan Museum of Art explore, à travers des prêts de nombreux musées et collections privées, les racines culturelles de la ville de New York. Gigantesque et amusante, l’exposition Art et cité impériale : New York, 1825-1861 raconte, à partir des centaines de pièces, objets décoratifs, plans architecturaux, daguerréotypes, photographies, peintures, sculptures, gravures et lithographies, l’histoire de New York. Le destin de la ville de New York s’est forgé dès la seconde moitié du XIXe siècle. En 1825, avec la construction du canal de l’Érie reliant les Grands Lacs et l’océan Atlantique via la Hudson River, New York se trouve propulsée dans une nouvelle orbite qui changera totalement son orientation. Le grand port de New York devient la porte d’accès à l’Ouest, assurant à la ville sa proéminence commerciale. durant les 35 années qui suivront, jusqu’à l’éclatement de la guerre civile en 1861, la «cité impériale» connaît un développement considérable. Elle devient une mégalopole et un carrefour international. Les années 1825-1840 marquent l’apogée de l’art architectural s’inspirant largement du style grec introduit en Amérique à la fin des années 1820 par l’ingénieur et architecte Ithiel Town. New York prend des proportions considérables en taille et en population, et devient rapidement le centre privilégié pour les architectes. Les rues et les principales artères de Manhattan commencent à prendre forme, et les plans d’architecture pour la réalisation de Central Park par Olmsted et Vaux sont présentés. Les photographies et les gravures de la ville montrent la 5e Avenue encore déserte avec quelques immeubles épars. l’activité urbaine reste concentrée en decà de Union Square. En 1825, New York compte 125 000 habitants. En 1860, elle en compte 815 000. La moitié des New-Yorkais étaient des émigrés étrangers dont le tiers était Irlandais, 15 % d’Allemands et seulement 15% de Noirs. Physiquement, ethniquement, culturellement et commercialement, New York commence à rassembler à la ville d’aujourd’hui. Bien que tenant compte de l’évolution chronologique, la présentation de cette exposition en douze galeries est thématique. En 1825, New York célèbre la fin des travaux du canal de l’Érié et ses artistes créent la National Academy of Design, une des premières institutions artistiques du pays. L’imposant portrait du marquis de Lafayette peint par Samuel F.B. Morse, inventeur du télégraphe, maître photographe, fondateur et premier président de la National Academy of Design, montre l’importance de l’art du portrait de cette époque. C’est par ce genre artistique que l’élite culturelle et historique est immortalisée. Peindre la nature américaine sauvage devient aussi un genre fort apprécié. Le peintre Thomas Cole, suivi de Asher B. Durand et Frederic E. Church fonde la Hudson River School. New York devient aussi le centre des arts et des lettres. Cette exposition montre l’interaction entre arts visuels et littérature. Ces chefs-d’œuvre reflètent la relation entre les membres du groupe appelé Knickerbocker comprenant les écrivains new-yorkais William Cullen Bryant, Fitz-Greene Halleck et Washington Irving, et les artistes William Dunlap, Asher B. Durand, John Wesley Jarvis, Samuel F.B. Morse et John Quidor. Le nom de Knickerbocker vient de «Diedrich Kickerbocker» pseudonyme utilisé par Washington Irving pour son livre satirique ayant pour titre Histoire de New York du début du monde à la fin de la dynastie hollandaise. (History of New York from the Beginning of the World to the End of the Dutch Dynasty» (1809) Knickerbocker était aussi le nom donné à la première publication mensuelle comprenant des essais et des critiques d’art. Le groupe évolue en Knickerbocker Fraternity, puis en Sketch Club pour devenir en 1847 le Century Club qui existe encore auojourd’hui. En juillet 1835, New York, à l’instar de Londres et Paris, connaît aussi sa première grande exposition universelle. La New York Exhibition of the Industry of all Nations plus célèbre sous le nom de New York Crystal Palace, est modelé à l’image du Crystal Place de Londres. Il devient à la fois musée et grand magasin. Un grand incendie, survenu en 1858, détruit totalement la structure métallique. L’invention de la photographie en 1839 en France marque un important tournant. New York adopte ce nouveau medium qui deviendra propre à l’art américain. La naissance de la photographie convenait parfaitement à l’esprit de la nouvelle démocratie américaine favorisant l’accès du grand public à l’art et à la culture. Pour Samuel F.B. Morse, les daguerréotypes et la photographie ont fourni l’occasion de développer l’art du portrait pour une plus grande audience. À partir des années 1850, New York se transforme en centre de la mode. Les acheteurs se pressent de toutes parts pour s’achalander. Broadway devient le cœur de ce «grand centre commercial». Les produits et les habits exposés suggèrent la panoplie variée de produits de luxe que l’on trouvait à New York à cette époque. L’exposition exceptionnelle qui se tient jusqu’au 7 janvier prochain attire un nombre impressionnant de visiteurs. «Les New-Yorkais et les visiteurs du monde pourront comprendre, à travers les centaines d’œuvres exposées, la place de New York en tant que centre de la culture en Amérique. La ville de New York d’aujourd’hui, une vibrante capitale de l’art, de l’architecture, du design et de la mode, trouve ses racines dans cette période», explique Philippe de Montebello, directeur du Metropolitan Museum.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À l’orée du nouveau millénaire, le Metropolitan Museum of Art explore, à travers des prêts de nombreux musées et collections privées, les racines culturelles de la ville de New York. Gigantesque et amusante, l’exposition Art et cité impériale : New York, 1825-1861 raconte, à partir des centaines de pièces, objets décoratifs, plans architecturaux, daguerréotypes, photographies, peintures, sculptures, gravures et lithographies, l’histoire de New York. Le destin de la ville de New York s’est forgé dès la seconde moitié du XIXe siècle. En 1825, avec la construction du canal de l’Érie reliant les Grands Lacs et l’océan Atlantique via la Hudson River, New York se trouve propulsée dans une nouvelle orbite qui changera totalement son orientation. Le grand port de New York devient la porte d’accès à l’Ouest,...