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Actualités - Chronologie

Médias - Festival international à Perpignan Les droits à l'image en question

La question des droits des photographes est l’une des plus discutées au festival international «Visa pour l’image» de Perpignan, dans le sud de la France, dans un marché du photojournalisme confronté à la mondialisation, à la concentration et à la multiplication des supports grâce au numérique. Posture défensive de la banque d’images américaine Corbis ou fronde des photographes regroupés dans le mouvement européen FreeLens : la tension générée par ce sujet était perceptible parmi les participants au festival, devenu en douze éditions le rendez-vous annuel de la profession. Tout frais débarqué dans le monde du photojournalisme, Corbis (65 millions d’images, dont 2,1 millions en ligne) a été le premier sur la sellette, d’autant qu’il est un des principaux sponsors de «Visa». La société appartenant à Bill Gates est en train de renégocier les contrats au sein de la célèbre agence Sygma, rachetée en juin 99, et une première mouture, remettant en cause le droit d’auteur, a suscité l’inquiétude des reporters. «C’est une maladresse de Corbis, mais il faut tout remettre à plat, explique François Hebel, directeur général pour l’Europe de Corbis Sygma. Nous voulons des contrats qui reflètent la réalité de l’activité de nos photographes». «Beaucoup de choses ont changé dans ce métier, il y a de nouvelles lois, les procès au nom du droit à l’image se multiplient», souligne cet ancien directeur de l’agence Magnum. Or les contrats types datent parfois de la fin des années 60 et les relations entre photographes et agences reposent souvent sur de simples accords verbaux. La propriété et l’utilisation des archives, désormais consultables par l’Internet, constituent l’un des points de friction. Les photographes craignent de perdre la maîtrise de l’utilisation ou des revenus de leurs images. De leur côté, les agences souhaitent mettre un terme à un flou juridique accentué par le passage de nombreux professionnels d’une entreprise à l’autre dans les années 80. Utilisation des archives Pour autant, M. Hebel a «bon espoir d’aboutir relativement vite à un accord» avec l’Association des journalistes reporters photographes de Sygma. Un rapprochement confirmé par le représentant de l’association, Alain Nogues, qui estime que les deux parties pourraient «conclure d’ici une semaine». Nul doute que cet accord – que Corbis s’est engagé à publier sur le Web – sera regardé de près par Hachette Filipacchi Médias (groupe Lagardère), qui a constitué en moins d’un an un pôle photo européen. Mais la question des droits ne concerne pas seulement les agences. Le collectif FreeLens a dénoncé lors du festival la volonté de certains groupes de presse magazine d’imposer des contrats «ne respectant pas le Code de la propriété intellectuelle». Selon les représentants de FreeLens, ces groupes veulent notamment «avoir le droit de réutiliser le sujet, notamment sur les supports numériques, sans rémunérer le photographe ou à des tarifs très bas, et surtout sans que celui-ci puisse exercer un contrôle sur la deuxième publication». «Une personne est photographiée dans un contexte, explique la photographe Marie Dorigny, elle peut nous attaquer en justice si le contexte change». Or ces contrats prévoient également «le transfert de toute responsabilité de l’éditeur de presse sur le seul photographe en cas de litige». «Autrement dit, souligne un des membres du collectif, nous perdons le contrôle de l’utilisation de nos images mais nous sommes seuls responsables devant la justice». Le manifeste de FreeLens a déjà recueilli quelque 500 signatures, dont certaines prestigieuses, comme Henri Cartier-Bresson, René Burri, Abbas ou les photographes de l’agence Vu.
La question des droits des photographes est l’une des plus discutées au festival international «Visa pour l’image» de Perpignan, dans le sud de la France, dans un marché du photojournalisme confronté à la mondialisation, à la concentration et à la multiplication des supports grâce au numérique. Posture défensive de la banque d’images américaine Corbis ou fronde des photographes regroupés dans le mouvement européen FreeLens : la tension générée par ce sujet était perceptible parmi les participants au festival, devenu en douze éditions le rendez-vous annuel de la profession. Tout frais débarqué dans le monde du photojournalisme, Corbis (65 millions d’images, dont 2,1 millions en ligne) a été le premier sur la sellette, d’autant qu’il est un des principaux sponsors de «Visa». La société appartenant à...