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Actualités - Chronologie

Pétrole et euro soufflent sur les braises de l'inflation française

Attisée par l’envolée des prix du pétrole et la descente aux enfers de l’euro, l’inflation donne des signes de réveil en France, sans pour autant que les prix soient encore entrés dans une spirale dangereuse pour la croissance. En août, les prix ont progressé de 0,2 % par rapport au mois précédent et l’inflation sur 12 mois a continué à grimper pour atteindre le seuil de 1,8 %, inconnu en France depuis janvier 1997. Principal responsable de cette remontée : le bond de 20,2 % des produits pétroliers sur un an. «Si le pétrole se stabilise, on ne devrait pas aller beaucoup au-delà de ce 1,8 %», explique Michel Devilliers, chef du département de la conjoncture à l’INSEE où l’on table toujours sur une décrue de l’inflation d’ici à la fin de l’année. Pour l’instant, souligne-t-il, il n’y a pas de contagion de la hausse des prix du pétrole aux autres prix. «Jamais depuis le lancement de l’euro», l’inflation en France n’a dépassé la ligne rouge des 2 % tracée par la Banque centrale européenne (BCE), alors que dans l’ensemble de la zone euro, la hausse des prix, calculée sur douze mois, a dérapé à 2,4 %, souligne pour sa part Emmanuel Ferry, économiste à la société de Bourse Exane. Le ministre de l’Économie Laurent Fabius estime aussi qu’actuellement «l’inflation est maîtrisée» en France. À condition que le prix du pétrole entame une décrue, faute de quoi il pèserait sur la croissance, comme il l’a reconnu mardi devant les députés socialistes. Olivier Eluère, économiste au Crédit Lyonnais, note également que «pour l’instant, il n’y a pas eu de répercussion, ou très peu de la flambée du brut sur les autres prix, ni de fortes remontées des salaires». Il n’y a donc pas, à ses yeux, «de spirale inquiétante». Mais, prévient-il, «il ne faudrait pas que le pétrole continue de monter, car autrement les entreprises finiront par le répercuter». Or, pour l’heure, le pétrole ne semble pas décidé à renouer avec la baisse. Malgré la décision de l’Opep d’augmenter sa production, son cours dépassait encore les 34 dollars le baril mardi à Londres. L’euro pèse aussi d’un bon poids dans la balance. Sa chute vertigineuse par rapport au dollar renchérit les produits importés, notamment le pétrole dont le prix est libellé en monnaie américaine. Or, mardi, il a plongé à un nouveau plancher historique. «La combinaison d’un pétrole fort et d’un euro faible constitue l’un des principaux risques qui pèsent actuellement sur la croissance», analyse Emmanuel Ferry. Un surcroît d’inflation réduirait le pouvoir d’achat des Français et donc leur consommation. Il accroîtrait aussi les coûts de production pour les industriels, réduisant leurs profits. Mais sa principale nuisance serait de conduire la BCE à utiliser beaucoup plus brutalement l’arme de la hausse des taux d’intérêt pour calmer l’inflation et redonner de l’attrait à l’euro, ce qui briderait le recours au crédit et pèserait sur la croissance. Wim Duisenberg, le président de la BCE, a d’ailleurs prévenu mardi dernier à Bruxelles que la situation de l’euro était «un véritable motif d’inquiétude, puisqu’elle s’ajoute à la pression à la hausse des prix à la consommation dans la zone euro». Il a rappelé que les instruments pour une intervention de la BCE «existent».
Attisée par l’envolée des prix du pétrole et la descente aux enfers de l’euro, l’inflation donne des signes de réveil en France, sans pour autant que les prix soient encore entrés dans une spirale dangereuse pour la croissance. En août, les prix ont progressé de 0,2 % par rapport au mois précédent et l’inflation sur 12 mois a continué à grimper pour atteindre le seuil de 1,8 %, inconnu en France depuis janvier 1997. Principal responsable de cette remontée : le bond de 20,2 % des produits pétroliers sur un an. «Si le pétrole se stabilise, on ne devrait pas aller beaucoup au-delà de ce 1,8 %», explique Michel Devilliers, chef du département de la conjoncture à l’INSEE où l’on table toujours sur une décrue de l’inflation d’ici à la fin de l’année. Pour l’instant, souligne-t-il, il n’y a pas de...