Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les pistons du président pour éviter la guerre

Bill Clinton avait été la cible d’une vive polémique pour ne pas avoir porté l’uniforme dans ce pays à la fin des années 60. De nombreux anciens combattants, ainsi que des simples citoyens américains, généralement républicains, lui tiennent toujours rigueur de son passé antimilitariste. Durant sa première campagne présidentielle en 1992, il avait tenté sans succès de dissimuler la façon dont il avait tout fait pour ne pas partir au Vietnam. Les républicains avaient alors largement exploité ce détail de sa biographie. Il est aujourd’hui de notoriété publique que M. Clinton s’est fait «pistonner» à la fin des années 60 par un officier, le colonel Eugene Holmes, alors qu’il était étudiant en sciences politiques à Oxford (Angleterre). Début mai 1969, le jeune Clinton s’était vu officiellement notifier son ordre de mobilisation pour le 28 juillet de la même année. Excluant prudemment l’objection de conscience, qui aurait pu ruiner ses ambitions politiques, il était revenu spécialement d’Oxford pour faire jouer des relations personnelles dans son État de l’Arkansas. Ces démarches l’avaient aidé à décrocher une place au sein du programme de formation des officiers de réserve de la faculté de droit de l’Arkansas, dirigé par le colonel Holmes, ce qui lui avait permis de bénéficier d’un sursis de trois ans. Dans une lettre à cet officier datée du 3 décembre 1969 et rendue publique en février 1992, il disait «s’opposer et mépriser la guerre» du Vietnam, au point d’organiser des manifestations antimilitaristes devant l’ambassade des États-Unis à Londres. Après un relâchement de la conscription par un tirage au sort rendant très improbable sa mobilisation, M. Clinton avait renoncé au sursis qu’il venait d’obtenir. Contrairement à celle de 1992, l’actuelle campagne présidentielle n’a pas été marquée par une controverse sur le Vietnam. Le candidat démocrate et vice-président Al Gore est allé au Vietnam. Il y est resté cinq mois, du 26 décembre 1970 au 24 mai 1971, au quartier général de la 20e brigade du génie, en tant que journaliste. Son état-major de campagne a veillé à publier des photos le montrant en uniforme, le fusil M-16 en bandoulière, à Bien Hoa, dans le sud du Vietnam, afin d’étouffer dans l’œuf d’éventuelles critiques sur la brièveté de son service. Un très léger vent de polémique a toutefois effleuré son rival républicain, George W. Bush, qui n’a pas combattu au Vietnam. En juillet 1999, le Los Angeles Times avait affirmé que Bush avait bénéficié de la notoriété familiale pour se faire enrôler en 1968 dans l’aviation de la Garde nationale du Texas, échappant ainsi à la conscription. Cette information n’a cependant eu aucune incidence sur le cours de la campagne présidentielle.
Bill Clinton avait été la cible d’une vive polémique pour ne pas avoir porté l’uniforme dans ce pays à la fin des années 60. De nombreux anciens combattants, ainsi que des simples citoyens américains, généralement républicains, lui tiennent toujours rigueur de son passé antimilitariste. Durant sa première campagne présidentielle en 1992, il avait tenté sans succès de dissimuler la façon dont il avait tout fait pour ne pas partir au Vietnam. Les républicains avaient alors largement exploité ce détail de sa biographie. Il est aujourd’hui de notoriété publique que M. Clinton s’est fait «pistonner» à la fin des années 60 par un officier, le colonel Eugene Holmes, alors qu’il était étudiant en sciences politiques à Oxford (Angleterre). Début mai 1969, le jeune Clinton s’était vu officiellement...