L’activité s’est nettement affaiblie hier sur le marché des changes de Beyrouth en raison de la contraction de la demande du dollar et l’absence de toute offre en cette monnaie en dehors de la Banque du Liban (BDL), ont indiqué les cambistes. Le maintien par cette dernière de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, a donc contribué à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà un an. Mais, compte tenu de l’absence d’offre en dollar sur le marché interbancaire, les établissements de crédit ont été amenés à l’acheter auprès de la BDL au point supérieur de sa fourchette d’intervention pour satisfaire les besoins de leurs clients en cette monnaie. Pourtant, ce mouvement d’achat ne devait guère dépasser le cadre d’une demande en devises à des fins commerciales. En effet, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque cinq millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Reprise manquée de l’euro À l’étranger, la Banque centrale européenne (BCE) a échoué hier à revigorer durablement sa monnaie malgré une opération d’achat de 2,5 milliards d’euros sur les marchés des changes internationaux contre dollar et yen, qui a été perçue par les analystes comme une menace d’intervention. Mais le président de la BCE, Wim Duisenberg, a coupé court à cette interprétation en minimisant la portée de ces ventes de dollars et de yens dans la matinée qui avait momentanément fait bondir l’euro à plus de 0,87 dollar. «Cette décision n’avait pas pour objectif une intervention. Elle ne dit rien sur les ventes de devises à venir de la BCE», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de cette banque. Et d’ajouter que «de nombreuses Banques centrales ont l’habitude de vendre régulièrement de leurs réserves de devises étrangères. C’est presque une habitude quotidienne. Pour la BCE c’est la première fois». De plus, l’annonce par Duisenberg que le conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de maintenir ses taux d’intérêt à 4,50 % a également déçu les marchés qui s’attendaient à un geste destiné à soutenir l’euro. De ce fait, la précision de Duisenberg que la baisse de la monnaie unique constituait un sujet de «sérieuse inquiétude» pour la BCE ne devait avoir aucun impact sur le marché même après avoir indiqué qu’elle continuerait à surveiller de près l’évolution de sa monnaie dont le niveau actuel ne correspond pas à ses yeux aux fondamentaux de l’économie dans la zone euro. En outre, l’euro a souffert de la vigueur du dollar qui a été soutenu hier par la publication de nouvelles statistiques excluant toute surchauffe de l’économie américaine. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés par l’annonce que les prix à la production aux États-Unis auraient diminué de 0,2 % le mois dernier après s’être stabilisés en juillet, alors que les ventes au détail progressaient de seulement 0,2 % contre 0,9 % pendant la même période. Ces statistiques américaines, conjuguées à l’augmentation du nombre des demandeurs d’allocations-chômage de 13 000 personnes la semaine dernière, sont venues relancer un courant d’achats d’actifs américains, profitant par ricochet au billet vert qui est parvenu à recouvrer la grande partie du terrain qu’il avait perdu face à l’euro pendant la matinée et à renouer avec la hausse par rapport aux autres grandes monnaies, se négociant à New York, comme suit : – 0,8650 pour un euro contre 0,8590, la veille – 1,4060 pour un sterling contre 1,4100 – 2,2610 DM contre 2,2760 – 7,5835 FF contre 7,6345 – 1,7705 FS contre 1,7710 – 2 238,50 lires contre 2 253,55 – 107,45 yens contre 107,10. Bourse de Beyrouth : en légère reprise À la Bourse de Beyrouth, et contrairement à la veille, la baisse des actions B de Solidere de 8 3/8 à 8 1/8 dollars dans une proportion plus grande que la hausse de celles de la catégorie A de 7 7/8 à 8,00 dollars, a légèrement affecté l’ensemble du marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné hier 0,17 % à 66,10 points, pendant que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 141,32 points. Mais, comme la veille, ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité avec un volume d’affaires portant seulement sur 3 008 actions d’une valeur globale de 23 326 dollars. Hausse du Nasdaq et baisse de Wall Street Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont réservé un accueil mitigé aux chiffres montrant de nouveaux signes d’un ralentissement de la croissance économique aux États-Unis. Si la baisse de 0,2 % des prix à la production en août est venue rassurer les investisseurs sur l’absence de signes inflationnistes aux États-Unis, la diminution des dépenses des ménages américains illustrée par le ralentissement de la hausse des ventes de détail de 0,9 % en juillet à 0,2 % en août constituait pour eux un sujet de préoccupation dans la mesure qu’elle nuisait aux titres de la grande consommation. Cela étant, Wall Street n’a guère pu bénéficier de la reprise des valeurs financières dont la tendance a été soutenue par l’absence de surchauffe économique, contrairement à la Bourse Nasdaq qui a renoué avec la hausse avec la remontée des fabricants de semi-conducteurs, des télécommunications et de l’Internet. En outre, l’accès de faiblesse de l’euro face au dollar commence à peser lourdement sur les sociétés américaines exportatrices. Dans ce contexte, l’indice Nasdaq s’est rapproché du seuil des 4 000 point, contrairement à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a fléchi d’un plus haut à 11 208,07 points à un plus bas à 11 078,96 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 11 095,60 points, en baisse de 86,58 points sur la veille. Fermeté des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont fait preuve de fermeté jeudi après-midi, soutenus par la bonne orientation de Wall Street à la faveur de statistiques qui alimentent le sentiment d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a gagné 0,94 % et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro a pris 1,08 % alors que clôturent la plupart des places européennes. Au même moment, le Nasdaq progressait de 2,13 % mais le Dow Jones restait à la traîne et se repliait de 0,5 %. Les investisseurs se délectent des chiffres des prix à la production en août aux États-Unis, en baisse de 0,2 % alors que le marché s’attendait à une hausse d’autant, et de ceux des ventes au détail, en augmentation de 0,2 % contre 0,3 % prévu. En Europe, les compartiments des technologiques et des télécoms ont mené la danse, en net rebond de près de 4 % et 2,8 % respectivement. Des groupes comme Marconi et Alcatel reviennent en force avec le tassement des cours du brut qui pèse sur les valeurs pétrolières. Marconi a fait un bond de plus de 9 % et Alcatel n’est pas en reste avec un saut de 7,3 %. TotalFinaElf et Royal Dutch/Shell ont rétrogradé de plus de 2 %. L’indice sectoriel Dow Jones de l’énergie a perdu 2,4 %. Les courtiers SG Securities et Deutsche ont tous deux abaissé leur recommandation sur les valeurs pétrolières. «Le rebond d’aujourd’hui (hier) fait suite à plusieurs journées molles et le secteur des TMT a sous-performé, aussi je pense que les investisseurs prennent date pour des bénéfices et rachètent des positions découverts», a commenté Kevin Gardiner, stratégiste chez J.P. Morgan. «Cela dit, nous sommes plus détendus maintenant vis-à-vis du marché. Nous estimons que l’Eurotop 300 touchera un nouveau plus haut d’ici à la fin de l’année, soutenu par le fait qu’il n’y aura pas de ralentissement économique, que les prix pétroliers se tassent et que les bénéfices des entreprises continueront à croître dans toute l’Europe», a-t-il ajouté. Tokyo : réduction des gains La Bourse de Tokyo a clôturé la séance de jeudi en léger progrès, les gains réalisés en début de séance ayant été érodés par des prises de bénéfices à la veille d’un week-end de trois jours et dans la perspective des clôtures de comptes semestriels. L’indice Nikkei a clôturé sur un gain de 22,76 points (+0,14 %) à 16 213,28 après avoir touché en séance un plus haut de 16 311,04. L’indice Topix, qui regroupe toutes les valeurs de la première section, a gagné 0,54 point (+0,04 %) à 1 483,59. Le contrat de décembre sur le Nikkei a baissé de 40 points à 16 160. Les baisses ont été légèrement plus nombreuses que les hausses, malgré une progression des technologiques dans le sillage de leurs homologues américaines. «Les fondamentaux n’ont pas l’air trop mauvais, mais les investisseurs préfèrent jouer la sécurité, et certains attendent de nouvelles performances du Nasdaq avant d’acheter», a commenté Haruki Takahashi (Tsubasa Securities). Les marchés japonais seront fermés aujourd’hui à l’occasion de la Journée nationale du respect aux personnes âgées. Mais le même jour sont attendues les importantes statistiques américaines sur l’inflation, susceptibles de receler une mauvaise surprise pour Wall Street. Les opérateurs soulignent également que la hausse a de nouveau été limitée par des ventes de participations croisées. Cette phase, habituelle en période de clôture des comptes semestriels, a atteint son point culminant, mais devrait encore peser sur la cote pendant environ une semaine. Aux technologiques, on a noté particulièrement la hausse du géant de l’électronique Hitachi Ltd, qui a progressé de 4,45 % après avoir révisé à la hausse sa prévision de bénéfice net pour le premier semestre. Celle-ci est désormais de 55 milliards de yens, soit onze fois le chiffre correspondant à la même période de 1999.
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