Les Gucci, grands seigneurs de la mode italienne auraient des leçons en matière d’intrigues meurtrières à donner aux Médicis... Intrigues sentimentales, financières, conflits sanglants, vengeances s’entremêlent pour faire revivre de menées secrètes de la Renaissance... Le 27 mars 1995, l’Italie est secouée par le meurtre de Mauricio Gucci, petit fils du fondateur de la célèbre maison fondée par Guccio Gucci, au début du XXe siècle, à Florence. Une maroquinerie de qualité visant une riche clientèle internationale. Ancien employé dans un grand hôtel britannique, Gucci s’était familiarisé avec l’esprit, les goûts et les manières de la classe à laquelle s’adressaient ses produits... Très vite la maison devient célèbre et la clientèle internationale compte des célébrités de l’écran qui contribuent largement à sa promotion. Le bonheur doré, cependant, n’inclut pas l’harmonie familiale. Les fils Gucci s’entendent mal entre eux. Ugo deviendra un haut dignitaire fasciste. Aldo, marié à une Anglaise, collaborera, aux côtés de sa femme, avec les Alliés. Rodolfo, choisira le cinéma. On lui prête un intermède amoureux avec Anna Magnani, mais sa carrière artistique s’arrête là. Cependant, grâce à ses relations et ses contacts, la maison paternelle gagne une clientèle de stars. Elizabeth Taylor, Sophia Loren, Ingrid Bergman, Bette Davis, Catherine Hepburn arborent ses sacs, ses foulards. Gucci devient la première marque de luxe italienne exportée aux États-Unis. La gamme des produits s’élargit et bientôt les articles signés Gucci s’arrachent dans le monde entier... Crime, luxe et compagnie Aux années 80, «Gucci» est au sommet de la réussite et de la prospérité mais les héritiers s’entre-déchirent à coups de procès. La troisième génération, née dans l’opulence, multiplie bévues et bêtises. Paolo exige la création de sa propre collection, Mauricio croise le fer avec son père Rodolfo à cause de son mariage, désapprouvé par la famille. Un avocat, né en Italie, mais ayant fait de brillantes études aux États-Unis, à Harvard, ayant un cabinet à Washington, est chargé par Rodolfo, en 1982, de mettre de l’ordre dans les histoires de famille. Son nom est Domenico de Sole. Quelque temps plus tard, la société financière «Inverscrop» prend pour la première fois une part de participation dans Gucci. Au fil des ans, les discordes entre les Gucci s’enveniment et se perpétuent, en s’aggravant. «Inverscrop» finit par chasser la famille et rester le seul maître à bord. Domenico de Sole, le providentiel avocat italo-américain, devient président de la société... Dans les annales de la famille est venu s’ajouter l’assassinat de Maurizio par sa femme, Patricia, toujours en prison après avoir été reconnue coupable de l’assassinat. L’ouvrage de Sara Gay Forden Cette sulfureuse épopée familiale est relatée, avec une profusion de détails, dans un ouvrage qui soulève un véritable tollé en Italie et beaucoup de bruit dans les cercles financiers aux États-Unis. Intitulé The House of Gucci (La maison Gucci), l’ouvrage est l’œuvre (minutieusement documentée) de Sara Gay Forden, rédactrice en chef du magazine italien Una. Américaine, ancienne responsable du bureau du magazine américain Woman’s Daily, à Milan. Mariée à un Italien, vivant à Milan, elle a construit son livre en se basant sur plus de 100 interviews dont celle de Domenico de Sole, actuel président de Gucci, mais aussi avec Patricia Gucci, condamnée à la suite du meurtre de son mari. De l’aveu général, sans être un chef-d’œuvre littéraire, l’ouvrage de cette journaliste a le mérite d’être très bien documenté et véritablement captivant par une multitude d’informations et de détails qu’il apporte à la connaissance de cette industrie de la firme, intimement impliquée à notre époque.
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