L’extrême droite a changé de visage en Autriche, «modifiant considérablement son apparence» en se cachant derrière le populisme tout en utilisant l’Internet et les réseaux étrangers. Dans un rapport qui n’est pas encore définitif du ministère autrichien de l’Intérieur, les autorités notent que l’extrémisme de droite «a changé ces derniers temps considérablement son apparence, ses objectifs et ses méthodes». Le rapport étudie les mouvements extrémistes et non pas la percée de l’extrême droite officielle, représentée par Joerg Haider dont le parti FPOe est entré au gouvernement en février, à la désapprobation des partenaires européens de Vienne qui ont décrété des sanctions. Les nouveaux extrémistes de droite, décrits comme des «agitateurs», visent plus à «enterrer systématiquement la démocratie et ses valeurs fondamentales» qu’à faire renaître le nazisme, explique le ministère. Ils s’expriment à travers des «courants populistes qui ne laissent pas toujours ouvertement percevoir des objectifs nationaux-socialistes», selon les autorités. Leurs actions s’effectuent «principalement par la parole et l’écriture comme en Allemagne et par des opérations de propagande», précise le rapport qui note une utilisation toujours plus fréquente de l’Internet, ce qui complique les poursuites judiciaires. Environ 300 skinheads sont fichés en Autriche, mais «le chiffre réel est vraisemblablement le double», indique le rapport. Les autorités autrichiennes leur portent une attention particulière mais relèvent que ceux-ci ne sont dans la plupart des cas pas liés à des groupes néonazis. «La plupart des groupes de skinheads sèment l’agitation sans motif politique», a assuré Maximilian Schleifer, expert du ministère de l’Intérieur, chargé de la lutte contre l’extrémisme de droite. En revanche, les véritables extrémistes de droite autrichiens tissent des liens avec leurs collègues allemands et le rapport confirme que des extrémistes de droite autrichiens, dont des idéologues, «trouvent un terrain d’action en Allemagne» où la législation contre le néonazisme, le révisionnisme et l’incitation à la haine est, selon M. Schleifer, moins sévère qu’en Autriche. «Ils sont membres du NPD (parti néonazi allemand, le Parti national-démocrate) et sont chapeautés par la branche bavaroise du NPD», rappelle le rapport qui mentionne notamment le révisionniste Herbert Schweiger. Condamné à plusieurs reprises, cet Autrichien «manque rarement les grandes manifestations du NPD et du DVU» (Union du peuple allemand), selon le rapport. Fin août, le chef du NPD Udo Voigt a annoncé son intention de créer des branches de son organisation à l’étranger, notamment en Suisse et en Autriche, dans une interview télévisée. L’action des extrémistes de droite autrichiens à l’étranger ne se limite cependant pas à l’Allemagne mais s’étend notamment à l’Espagne et l’Afrique du Sud, où «ils se font remarquer à travers divers médias», souligne le ministère de l’Intérieur, qui note cependant une perte progressive de leur influence en Autriche. Le rapport rappelle que sept Autrichiens ont participé du 17 au 22 avril à une rencontre d’extrémistes de droite au Chili.
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