Le dollar est resté confiné dans une marge très étroite, à Beyrouth, sur un marché rendu de plus en plus calme par la contraction de la demande et la réticence de l’offre en cette monnaie. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû achever la journée d’hier au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà un an. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à négocier effectivement le dollar entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, en présence d’une contrepartie valable à la vente à ces prix en dehors de la BDL, ont indiqué les cambistes. La contraction de la demande en cette monnaie a néanmoins pesé sur le volume d’affaires qui n’aurait pas dépassé hier quelque six millions de dollars, entièrement traités à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché équilibré de lui-même. L’euro entraîné dans une spirale de baisse À l’étranger, l’euro a enchaîné les records de faiblesse face au billet vert et au yen hier, tombant même pour la première fois de son histoire brièvement sous le seuil de 0,87 dollar, sans raison économique fondamentale, entraîné dans une spirale à la baisse par un marché de plus en plus sceptique sur l’avenir à court terme de la monnaie unique. La dégringolade de l’euro a démarré en début de séance quand la devise européenne est passée sous le seuil de 0,89 dollar en raison de mouvements de ventes techniques. Très fragile, l’euro a par la suite glissé sous le seuil de 0,88 dollar, continuant à dégringoler et cotant brièvement 0,8691 dollar, perdant ainsi près de 25 % de sa valeur face au billet vert depuis son lancement en janvier 1999. La monnaie européenne a également dévissé face à la devise nippone, atteignant un nouveau plancher historique à 92,27 yens. Selon les cambistes, la chute de l’euro a été déclenchée par des mouvements de ventes de gérants de fonds en Asie qui révisent leurs portefeuilles de devises avant l’échéance de la mi-année japonaise qui arrive à la fin du mois. D’après les économistes, l’euro est entré dans une spirale à la baisse, une situation où toute nouvelle est une mauvaise nouvelle. Certains d’entre eux notaient ainsi que la révision à la hausse des gains de productivité aux États-Unis à 5,7 % en rythme annuel au deuxième trimestre au lieu de 5,3 % lors d’une première estimation a donné le coup de grâce à la monnaie unique. D’autres ont attribué l’accès de faiblesse de l’euro à la remontée des prix pétroliers, estimant qu’il pourrait descendre encore plus bas jusqu’à 0,85 dollar si les pays de l’Opep n’augmenteraient pas leur production lors de leur réunion après-demain. Enfin, d’autres facteurs ont été évoqués pour expliquer le fléchissement de l’euro dont surtout la discorde entre les différents responsables européens, après les propos du chancelier allemand Gerhard Schröder qui veut un euro faible pour stimuler les exportations allemandes et ceux du gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, qui veut que l’euro s’apprécie. Nombre d’investisseurs ont pris ces propos comme une invitation à spéculer, poussant l’euro à la baisse. Vu l’ampleur de la chute de l’euro, certains opérateurs plaident en effet pour une intervention de la Banque centrale européenne (BCE) seul moyen pour doper la monnaie unique et faire changer le cours de l’euro. Pourtant, la BCE a refusé hier de commenter directement la chute de sa monnaie sur les marchés des changes, mais elle a renvoyé à une déclaration de son président, Wim Duisenberg, qui avait dit en mai s’inquiéter des risques inflationnistes de la baisse de l’euro. Dans ces conditions, le dollar s’est vu doper face à toutes les autres grandes monnaies, se négociant à New York, comme suit : – 0,8702 pour un euro contre 0,8895, la veille – 1,4385 pour un sterling contre 1,4550 – 2,2475 DM contre 2,1990 – 7,5380 FF contre 7,3750 – 1,7785 FS contre 1,7455 – 2 225,10 lires contre 2 177,05 – 105,90 yens contre 105,80. Bourse de Beyrouth : toujours sous le signe de Solidere À la Bourse de Beyrouth, les actions Solidere des deux catégories A et B continuent de faire la vedette en remontant hier, pour la troisième journée d’affilée, de 5 %, le plafond de hausse autorisé d’une séance à l’autre, en affichant 8 1/4 dollars contre 7 7/8 dollars, la veille, et ce dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est adjugé en nouvelle hausse de 1 % à 66,15 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 140,30 points. Ce mouvement s’est produit hier dans des volumes d’affaires relativement étoffés par les achats de Solidere, pour totaliser 172 307 actions d’une valeur de 1 019 502 dollars. Wall Street : en hausse Sur les places boursières internationales, les titres vedettes de Wall Street ont repris leur rôle de valeurs refuges face aux inquiétudes des investisseurs sur la performance financière des entreprises américaines, alors que des prises de bénéfices continuaient à peser sur la Bourse électronique Nasdaq après les gains du mois d’août. De ce fait, le Nasdaq est resté déprimé par la faiblesse des titres de fabricants de puces, après les commentaires négatifs de la maison de courtage Piper Jaffray la veille sur Intel, fléchissant au-dessous des 4 050 points. Les gains de l’indice Dow Jones des industrielles ont été gonflés par la progression d’une de ses composantes, l’action de la banque d’affaires américaine J.P. Morgan, qui pourrait être reprise par la première banque allemande Deutsche Bank, selon des informations parues dans l’hebdomadaire économique allemand Wirtschaftswoche. Le patron de Deutsche Bank, Rolf Breuer, entend réaliser la transaction par échanges d’actions et s’active en conséquence pour faire coter son établissement à la Bourse de New York, a indiqué le magazine devant paraître aujourd’hui. Cette nouvelle, ainsi que le rachat par Citigroup de la société américaine de services financiers Associates First Capital pour 31,1 milliards de dollars ont alimenté les spéculations sur une consolidation dans le secteur financier. Enfin, l’annonce d’une révision à la hausse de la productivité américaine au deuxième trimestre (+5,7 %) et à la baisse des coûts salariaux pendant la même période (-0,4 %) est venue aussi soutenir Wall Street. En effet, l’indice Dow Jones des industrielles a bondi hier d’un plus bas à 11 253,21 points à un plus haut à 11 401,19 points avant d’afficher en préclôture, à 23h, heure de Beyrouth, 11 347,17 points, en hausse de 86,56 points sur la veille. Recul des Bourses européennes dans le sillage du Nasdaq Les Bourses européennes ont reculé mercredi, sous l’effet des technologiques, alourdies par deux jours de baisse sur le Nasdaq et la révision d’un analyste qui, pesé sur le secteur des semi-conducteurs. L’indice des valeurs technologiques a perdu 2,85 %, les télécommunications 1,65 % et les médias 0,64 %. Les TMT (télécommunications, médias, technologies) qui avaient tiré le marché à la hausse vendredi et lundi, ont retombé, et les gérants se demandent si ce rebond était bien inspiré. «Je me demande si ce rally était sérieux. Il semble qu’il y ait beaucoup de sociétés qui montent sans raison apparente. Une vraie hausse doit être fondée sur plus que cela, d’autant que nombre de sociétés ont encore des problèmes à résoudre», a déclaré Jamie Sandison à Edinburgh Fund Managers. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop de 300 actions a cédé 0,23 % et le DJ Euro Stoxx 50 0,56 %. Tokyo : en baisse pour la septième séance consécutive La Bourse de Tokyo a reculé de 0,3 % mercredi, enregistrant ainsi son septième jour de baisse consécutif, les investisseurs attendant l’échéance des contrats et des options sur contrats à terme, selon des opérateurs. L’indice Nikkei-225 a perdu 52,40 points à 16 399,87 points. L’indice Topix a cédé 6,80 points à 1 484,24 points. 522 millions d’actions ont été échangées mercredi contre 528,2 millions mardi. Le marché attend l’échéance des contrats vendredi pour déterminer les prix des contrats et des options sur contrats à terme de septembre, a précisé le chef d’investissement de Nomura Securities, Muneyuki Ichihara. «De nombreux investisseurs attendent l’échéance qui sera la première depuis le retrait le mois dernier de la politique monétaire du taux d’intérêt zéro par la Banque du Japon», a-t-il ajouté. Un analyste de marché de Nikko Securities, Kazue Mayuzumi a indiqué que le marché prenait une pause avant la publication lundi prochain du PNB japonais au deuxième trimestre. «Les investisseurs attendent de voir si le PNB sera l’impulsion pour une remontée du cours des actions», a indiqué M. Mayuzumi. Les cours ont légèrement progressé dans la matinée, les investisseurs partant à la chasse aux bonnes affaires après la baisse de 730 points en six jours enregistrée par le Nikkei, mais la reprise n’a été que de courte durée. «Aucun investisseur n’a paru chercher des prix supérieurs car il était difficile de résister à la tendance générale», selon M. Mayuzumi. En début de séance, les investisseurs ont acheté des valeurs vedettes comme Kyocera, plus important fabricant de plaquettes de circuits intégrés en céramique, selon des courtiers. «Mais la plupart des gains ont été effacés par les replis des fabricants de semi-conducteurs après la baisse du Nasdaq», a analysé un courtier de Kankaku Securities, Masatoshi Sato.
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