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Actualités - Chronologie

Koweit Dix ans après, Saddam Husseinhante encore les esprits

Dix après l’invasion irakienne, le Koweït vit toujours dans la hantise de Saddam Hussein. Le temps lui a rendu un peu de son prestige international mais il n’a pas fait disparaître le traumatisme de l’occupation. Les Koweïtis observent le dirigeant irakien avec angoisse. Certains redoutent qu’il ne réplique par une salve d’armes chimiques aux raids des avions britanniques et américains déployés sur leur territoire. Tous craignent son caractère imprévisible. «Saddam Hussein est un psychopathe et un trompe-la-mort. Nous nous attendons à tout», déclare un investisseur en bourse de 36 ans, Mohammad al-Badah. «Commémorer le 10e anniversaire de l’invasion irakienne est un acte de mémoire très douloureux», ajoute-t-il. Le 2 août 1990, jour où les chars irakiens déferlèrent sur l’émirat, «est une blessure dans l’âme de chaque musulman et de chaque Arabe. J’étais à Koweït pendant l’invasion. C’était horrible». «Les Koweïtis sont nerveux et ils ont des raisons de l’être», déclare un officier occidental basé dans l’émirat. «Saddam a réussi à se maintenir au pouvoir. Nos plans partent du principe qu’il n’y aucune raison pour qu’il s’écarte, sauf s’il meurt d’une façon ou d’une autre». Malgré le soutien des diplomates et des militaires occidentaux, le Koweït a du mal à retrouver sa place dans une région dont l’équilibre a été ébranlé par la crise de 1990-1991. « Quand il sera mort » «L’invasion nous a appris la prudence, une très grande prudence. Elle a aussi déplacé des montagnes et a fait disparaître les idées reçues qui pesaient sur nous depuis des décennies. Nous avons pris conscience de notre petite taille et nous sommes devenus beaucoup plus pragmatiques», déclare un jeune dirigeant d’entreprise. Au nom de ce nouveau pragmatisme, le Koweït, qui fut longtemps un bastion du nationalisme panarabe, a brisé un des tabous du monde arabe en invitant les forces occidentales à s’installer de façon permanente sur son territoire. D’autres États arabes ont fait de même mais ils ne sont pas sur la ligne de front avec l’Irak et la présence militaire étrangère est moins visible sur leur territoire. Le Koweït a également signé des accords de défense avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu. Il fait tout pour garder le soutien des grandes puissances et, selon des diplomates, sait utiliser l’argument de la générosité pour attacher certains pays à sa cause. Nombreux sont cependant les Koweïtis qui se disent déçus par l’incapacité de Washington à renverser Saddam Hussein. Un parlementaire à qui on demandait de fixer une échéance à l’ouverture de pourparlers de réconciliation avec le chef de l’État irakien a résumé l’opinion de nombreux dirigeants koweïtiens par sa réponse : «Quand il sera mort». Le ministre koweïtien de la Défense a surpris, la semaine dernière, lorsqu’il a dit n’avoir «pas d’objection à discuter avec les Irakiens à condition qu’ils relâchent 10 % des prisonniers de guerre et des otages koweïtiens dont le nombre dépasse 600». Mardi, à la veille de l’anniversaire de l’invasion, le ministre koweïtien des Affaires étrangères a remis les choses au point. «Parler de reprise des relations avec le régime irakien est (...) hors de question dans les conditions actuelles, alors que ce régime continue d’afficher un comportement hostile à l’égard du Koweït», a dit cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah.
Dix après l’invasion irakienne, le Koweït vit toujours dans la hantise de Saddam Hussein. Le temps lui a rendu un peu de son prestige international mais il n’a pas fait disparaître le traumatisme de l’occupation. Les Koweïtis observent le dirigeant irakien avec angoisse. Certains redoutent qu’il ne réplique par une salve d’armes chimiques aux raids des avions britanniques et américains déployés sur leur territoire. Tous craignent son caractère imprévisible. «Saddam Hussein est un psychopathe et un trompe-la-mort. Nous nous attendons à tout», déclare un investisseur en bourse de 36 ans, Mohammad al-Badah. «Commémorer le 10e anniversaire de l’invasion irakienne est un acte de mémoire très douloureux», ajoute-t-il. Le 2 août 1990, jour où les chars irakiens déferlèrent sur l’émirat, «est une blessure...