Le marché libanais des changes a éprouvé de la satisfaction hier, au lendemain des résultats de la deuxième et dernière phase des législatives, dans la mesure où ce développement pourrait paver la voie à la formation d’un nouveau gouvernement susceptible de remédier au marasme économique et à la détérioration des finances publiques. Dans cette perspective, certains opérateurs ont estimé hier devoir se positionner en livre libanaise, ce qui a aidé à développer l’offre du dollar à cette fin. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée toujours prête à l’acheter à 1 501,00 LL et à le vendre 1 514,00 LL, le billet vert a dû se maintenir au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà un an. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier en fin de journée entre 1 512,50 et 1 513,50 LL après un départ entre 1 510,00 et 1 513,00 LL pour afficher par moments 1 512,00 LL et 1 512,50 LL, ont indiqué les cambistes. Ce mouvement ne s’est pas accompagné toutefois de beaucoup d’activité avec un chiffre d’affaires de quelque neuf millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place sans aucune intervention de la BDL, dans un marché équilibré de lui-même. Léger essoufflement de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a légèrement glissé hier sous le seuil de 0,90 dollar sur les marchés des changes européens, en l’absence de nouvelles économiques fraîches et du fait de la fermeture des places américaines pour la célébration de la fête du Travail (le Labor Day) aux États-Unis. Selon les cambistes, la monnaie unique s’est repliée sur quelques dégagements bénéficiaires, alors qu’elle avait retrouvé des couleurs vendredi dernier après une semaine mouvementée, bénéficiant du resserrement du marché du travail aux États-Unis. «Le rapport américain sur l’emploi a soutenu l’euro, mais cela risque d’être temporaire», a estimé un statégiste d’une grande banque londonienne. La publication de chiffres moins bons que prévu sur le chômage aux États-Unis a relancé les spéculations sur un essoufflement de l’économie américaine, suggérant par ricochet que la Réserve fédérale américaine (Fed) ne remontera pas ses taux lors de sa prochaine réunion le 3 octobre. Le reste des devises évoluaient dans des marges étroites, en l’absence de nouvelles fondamentales. Le yen était stable de son côté, dans l’attente de la publication des chiffres sur le produit intérieur brut (PIB) japonais au deuxième trimestre 2000, le 11 septembre. À cet égard, des analystes s’attendent à une hausse significative de la croissance tirée notamment par les dépenses de consommation au Japon. «Les opérateurs ont beau spéculer sur les prochains mouvements de devises, ces dernières marquant une pause», observait le stratégiste d’une grande agence d’analyse financière. Selon lui, le seul rendez-vous important de cette semaine sera la réunion demain et après-demain du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre sur les taux d’intérêt dont la décision n’est pas assurée. Même si la majorité des analystes table sur un nouveau statu quo monétaire britannique, certains estiment néanmoins que la Banque d’Angleterre pourrait relever ses taux le mois prochain. Dans cette attente, le dollar a clôturé la journée d’hier à Londres sur un ton hésitant, comme suit : – 0,8980 pour un euro contre 0,9005, vendredi dernier – 1,4580 pour un sterling contre 1,4645 – 2,1775 DM contre 2,1720 – 7,3030 FF contre 7,2845 – 1,7305 FS contre 1,7240 – 2 155,75 lires contre 2 150,20 – 105,70 yens contre 105,90. Bourse de Beyrouth : remontée de Solidere À la Bourse de Beyrouth, l’essentiel des transactions s’est concentré hier sur les actions Solidere de la catégorie A dont la remontée des 63 357 titres négociés de 7 1/8 dollars à 7 1/2 dollars (+5,26 %) a constitué le principal événement de la séance, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,51 % à 64,84 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 140,30 points. Ce mouvement s’est produit toutefois dans un marché à activité modérée avec au total quelque 74 607 actions d’une valeur de 531 740 dollars. Les Bourses européennes portées par les télécoms Les marchés boursiers européens ont inscrit des records pour la deuxième séance consécutive, au niveau de l’indice Eurotop 300, sous la poursuite de la reprise des valeurs des télécommunications et de la bonne tenue des technologiques, alors que les médias se trouvaient à la traîne. L’indice Eurotp 300 a gagné 0,70 % et l’Euro Stoxx 50 1,70 %. Cette forte progression intervient en dépit de la fermeture de Wall Street pour le Labor Day. Les investisseurs ont a nouveau retiré des liquidités sur les valeurs défensives telles que l’agroalimentaire et les pharmaceutiques pour les placer sur les télécommunications, qui ont récemment inscrit des plus bas depuis neuf mois. «Cela ne sera pas la grosse vague d’achats que nous avons vue la semaine dernière jusqu’à ce qu’il y ait une direction en provenance de Wall Street aujourd’hui, mais il y a une demande considérable de la part des investisseurs privés et le sentiment à l’égard des TMT reste ferme», a commenté l’un d’eux. «Les cas particuliers domineront aujourd’hui, la plupart des mouvements constatés dans la matinée sont des réactions aux informations du week-end». L’indice sectoriel DJ des télécoms a progressé de 2,3 %, suivi par celui des valeurs technologiques avec une hausse de 1,12 %. En dépit du bond des TMT (technologie-médias-télécoms) la semaine dernière, la rentabilité des licences UMTS attribuées à prix d’or en Europe tracasse toujours les investisseurs. L’Espagne est critiquée pour le prix jugé trop bon marché des licences 3G qu’elle a octroyées en mars et, à en croire le Financial Times, Madrid prendra une décision en octobre sur la question de savoir s’il convient d’attribuer davantage de licences et de lever des taxes supplémentaires sur les sociétés déjà retenues. Par ailleurs, ABB et Deutsche Telekom tiennent aujourd’hui une conférence de presse à la mi-journée sur leur candidature commune pour les licences UMTS en Suède. ABB a perd 41,28 % mais DT s’est adjugé 5,6 %. Scoot.com, la petite capitalisation spécialisée dans les services d’annuaires en ligne, a fait un bond de 48 % après des informations publiées ce week-end sur un possible rachat par Vivendi. Vivendi a été en hausse de 0,7 %. France Télécom s’est illustrée à Paris avec un gain de près de 5 %. Les équipementiers de télécommunication se sont comportés bien également avec Siemens, Nokia et Alcatel qui ont affiché respectivement des hausses de 1,2 %, 2,16 % et 1 %. Freeserve a gagné près de 11 % à la faveur des conjectures qui entourent l’acquisition par l’allemand T-Online du portail espagnol Ya.com pour 550 millions d’euros en numéraire et par échange d’actions. T-Online a gagné 4,88 %. Air France, une des rares sociétés à annoncer ses résultats hier, est revenue de 3 % après sa correction de vendredi, sur l’annonce d’une croissance de son résultat net de 84,9 % à 267 millions d’euros au cours du 1er trimestre de l’exercice 2000/2001. Tokyo : cinquième baisse consécutive La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse pour la cinquième séance d’affilée lundi, le marché restant prudent avant la réorganisation de l’indice Nikkei-225 et avec la fermeture des places américaines hier pour le Labor Day. «Le marché est resté attentiste avant de voir comment New York rouvrira après le Labor Day, a noté Hiroichi Nishi, de Nikko Securities. Les investisseurs hésitent en outre à nouer des positions importantes avant la réorganisation du Nikkei». Plusieurs changements dans l’indice phare de la Bourse de Tokyo sont attendus dans les semaines à venir avec le retrait de la cote de plusieurs titres et la réorganisation annuelle de l’indice le mois prochain. Le marché est également sous pression avec les dénouements saisonniers de participations croisées qui devraient rester importants pour l’instant. Le Nikkei a perdu 51,57 points, soit 0,31 %, à 16 688 21, ce qui porte la baisse de l’indice en cinq séances à 2,87 %. L’indice Topix de toutes les valeurs de la première section a reculé de 5,08 points (0,34 %) à 1 502,40, mais le contrat septembre sur Nikkei a pris 20 points à 16 740. On a dénombré 721 baisses pour 535 hausses et 161 valeurs inchangées dans la première section dans un volume limite de 500 millions de titres contre 639 millions vendredi. Les vedettes des high-techs ont baissé dans l’ensemble, menées par les principales valeurs des puces informatiques. NEC a perdu 4,11 % à 3 030 yens, Fujitsu 3,77 % à 3 060 yens et Toshiba 2,07 % à 1 039. Ces valeurs, qui ont fortement progressé en août en raison d’une vague de relèvements des prévisions de résultats et de la hausse de 0,67 % du Nasdaq vendredi, ont intéressé les investisseurs cherchant à prendre des bénéfices à court terme. Contre la tendance, Hitachi s’est adjugé 1,94 % à 1 264 yens. Le fabricant de produits d’électronique grand public et de semi-conducteurs a annoncé tabler sur un bénéfice net supérieur à ses prévisions pour l’exercice clos en mars 2001. Des responsables d’Hitachi se sont refusé à tout commentaire sur des données spécifiques, mais le quotidien financier Nihon Keizai Shimbun a écrit samedi que le bénéfice net du groupe devrait avoisiner les 100 milliards de yens contre 16,92 milliards en 1999-2000.
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