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Actualités - Chronologie

Sommeil, ce tiers de la durée d'une vie (photo)

D’après les évaluations scientifiques, un tiers de la vie humaine est consacré au sommeil. Mais il ne constitue pas pour autant du temps perdu. Cet état de suspension de la vigilance, réversible immédiatement en cas de stimulation sensorielle, représente un processus vital au même titre que respirer ou manger. Il se distingue des autres états d’inconscience (coma, hypnose, narcose) par cette réversibilité qui permet de passer à l’état de veille par un simple bruit, une lumière, un mouvement ou un simple appel de la voix, en opposition au sommeil profond provoqué par des médicaments où le sujet ne se réveille pas sous l’effet de pareilles stimulations sensorielles. On distingue quatre stades de sommeil lent, de profondeur croissante et un état de sommeil dit «paradoxal» (celui du rêve) qui alternent au cours d’une même nuit. Le premier stade du sommeil lent correspond à l’endormissement. Il représente environ un cinquième de la durée totale du sommeil. Le second stade, c’est le sommeil confirmé (50 % de la durée totale). Les deux phases réunis constituent le sommeil léger. Les phases 3 et 4 : sommeil profond (7 % à 8 %) suivi du sommeil très profond (16 %), ce dernier précédant immédiatement le sommeil paradoxal. Au cours d’une nuit de sommeil, les différents stades se succèdent plusieurs fois, réalisant 4 à 5 cycles complets. L’électroencéphalogramme (EEG) permet, en mesurant l’activité cérébrale, différente selon qu’on se trouve en phase de sommeil lent ou de sommeil paradoxal, de définir les différents stades. À quoi sert le sommeil ? L’organisme, débarrassé d’autres tâches au cours de cette pause, se consacre à libérer chez l’enfant et l’adolescent l’hormone de croissance. Cette hormone est indispensable au développement de la musculature et de l’ossature, au renouvellement tissulaire et à la fabrication des globules rouges. Ce processus se réalise durant le sommeil profond. Pendant la phase du sommeil paradoxal, les informations recueillies durant la journée s’emmagasinent et la mémoire se consolide. Parallèlement, pendant le sommeil, sur le corps s’opèrent la cicatrisation des plaies, le renouvellement cellulaire et la fabrication d’anticorps défenseurs de l’organisme en cas d’agression. Chez le nouveau-né, de nombreuses heures de sommeil sont indispensables afin que la maturation cérébrale s’achève. Changements physiologiques L’endormissement est marqué par un relâchement musculaire, une perception de plus en plus atténuée des bruits extérieurs et un certain nombre de modifications physiologiques. La baisse de la température du corps suit celle de la tension artérielle, du rythme cardiaque, de la respiration. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le sommeil, le rythme cardiaque ralentit, le tonus musculaire diminue, le rythme de la respiration baisse. Les reflexes sont conservés. Les stimulations nécessaires à l’éveil du dormeur au cours d’une phase de sommeil profond doivent être beaucoup plus fortes que durant l’endormissement. Au stade 4 du sommeil lent, l’organisme atteint son niveau de repos le plus complet. Le sommeil paradoxal Le sommeil paradoxal («REM» de l’anglais «Rapid Eye Movements»), entraînant de rapides mouvements oculaires sous les paupières closes du dormeur, est à la fois le plus profond et le plus actif sur le plan cérébral. Sur les graphiques de l’électroencéphalogramme, les similitudes entre dormeurs et individus éveillés étaient nombreuses et les courbes très proches. Ce sommeil (qui est celui du rêve) représente 20 à 25 % de la durée totale du sommeil chez l’adulte. Chez un sujet normal, la privation de sommeil entraîne rapidement des accès dépressifs et, si elle persiste, des hallucinations ou des délires. En tout état de cause, le rôle du sommeil paradoxal (REM) semble être de servir de soupape, à travers le rêve, aux contraintes morales et sociales imposées par la vie en société. Le rêve semble être une sorte de dérivatif à des sentiments violents. En d’autres termes, un exutoire qui facilite la vie en commun des hommes. Paradoxalement, la privation de sommeil donne des résultats positifs dans certains cas, elle est utilisée dans un but thérapeutique par la psychiatrie, sous stricte surveillance médicale. De toute façon, les indications médicales de la privation de sommeil sont excessivement restreintes. Les gros dormeurs et les autres Face au sommeil, il n’existe pas d’égalité. Pour certains adultes, 5 à 6 heures sont amplement suffisantes pour se recharger en énergie. Pour d’autres, 8 heures est un minimum très souvent dépassé... Pour les enfants, la gamme est large. Le nourrisson dort 18 heures en moyenne alors que le sujet âgé se contente de quelques heures de sommeil nocture mais a tendance à somnoler durant la seconde partie de la journée. Existe-t-il un lien entre sommeil et appétit ? Plusieurs enquêtes épidémiologiques, dont une américaine faite dans un milieu estudiantin et une autre française portant sur sept mille écoliers, ont démontré que moins on dormait plus le besoin de manger devenait pressant, avec comme conséquence inévitable l’embonpoint. En état de veille, en effet, l’organisme réclame un apport calorique plus important, de l’ordre de 10 % à 15 %. De surcroît, selon les observations des enquêteurs, ce pourcentage supplémentaire est largement dépassé. De l’avis des spécialistes, dans un grand nombre de pays, on mange davantage de ce que l’organisme réclame. Ce qui se traduit par le problème de l’obésité auquel sont confrontées certaines classes sociales.
D’après les évaluations scientifiques, un tiers de la vie humaine est consacré au sommeil. Mais il ne constitue pas pour autant du temps perdu. Cet état de suspension de la vigilance, réversible immédiatement en cas de stimulation sensorielle, représente un processus vital au même titre que respirer ou manger. Il se distingue des autres états d’inconscience (coma, hypnose, narcose) par cette réversibilité qui permet de passer à l’état de veille par un simple bruit, une lumière, un mouvement ou un simple appel de la voix, en opposition au sommeil profond provoqué par des médicaments où le sujet ne se réveille pas sous l’effet de pareilles stimulations sensorielles. On distingue quatre stades de sommeil lent, de profondeur croissante et un état de sommeil dit «paradoxal» (celui du rêve) qui alternent au cours...