Critiques et conseils de l'ancien président Carter
le 08 août 2000 à 00h00
L’ancien président américain Jimmy Carter, qui a orchestré les accords de paix de Camp David en 1978 entre Israël et l’Égypte, a donné des conseils et a émis une critique sur les récentes négociations du sommet israélo-palestinien, dans une tribune au New York Times dimanche. Jimmy Carter loue les efforts du président Clinton et des leaders israélien et palestinien mais rappelle que dans de telles négociations, le médiateur «doit garder au moins un semblant de neutralité». «Embrassades d’un côté et admonestations de l’autre sont toujours une tentation politique après un échec, mais cela rend très difficile d’organiser à l’avenir d’autres négociations nécessitant une confiance mutuelle dans le médiateur», écrit l’ancien président. Après l’échec du sommet de Camp David le 25 juillet, Bill Clinton avait salué la flexibilité d’Ehud Barak, Premier ministre israélien, et blâmé le leader palestinien Yasser Arafat pour sa rigidité. Il a même suggéré quelques jours plus tard que les États-Unis pourraient envisager de transférer leur ambassade à Jérusalem, au lieu de Tel-Aviv, une action qui réjouirait Israël mais mécontenterait les pays arabes. «De telles prises de position au lendemain des discussions de Camp David ont suscité l’inquiétude dans la communauté arabe», écrit Jimmy Carter. «Aucune initiative ne devrait être prise par personne qui rende encore plus difficiles» des négociations ultérieures, ajoute l’ancien président qui affirme qu’il y a une forte majorité d’Israéliens comme de Palestiniens en faveur de la paix. Selon lui, la question du statut de Jérusalem ne peut être abordée de front. Il suggère «de négocier des accords pratiques sur un accès illimité, un contrôle des lieux saints et un partage de l’administration». «Il est impossible dans un futur proche pour Yasser Arafat comme pour Ehud Barak de faire des concessions sur toute question de souveraineté», ajoute-t-il. Le président rappelle que lors des accords de Camp David en 1978, il lui était apparu évident «qu’il aurait été politiquement suicidaire pour Sadate ou tout autre leader arabe» d’accorder des concessions sur le contrôle des lieux saints. Ainsi, dans le texte de l’accord de 1978, il avait proposé un article de clauses pratiques sur Jérusalem, reconnaissant la sainteté de la ville aux trois religions, garantissant un accès libre à tous et organisant un conseil municipal avec une représentation équilibrée. Mais cet article avait finalement été retiré de peur que la Knesset ne rejette l’ensemble de l’accord. Jimmy Carter propose de renouveler cette stratégie : «C’est la seule approche de base qui peut réussir sur la question de Jérusalem», selon lui.
L’ancien président américain Jimmy Carter, qui a orchestré les accords de paix de Camp David en 1978 entre Israël et l’Égypte, a donné des conseils et a émis une critique sur les récentes négociations du sommet israélo-palestinien, dans une tribune au New York Times dimanche. Jimmy Carter loue les efforts du président Clinton et des leaders israélien et palestinien mais rappelle que dans de telles négociations, le médiateur «doit garder au moins un semblant de neutralité». «Embrassades d’un côté et admonestations de l’autre sont toujours une tentation politique après un échec, mais cela rend très difficile d’organiser à l’avenir d’autres négociations nécessitant une confiance mutuelle dans le médiateur», écrit l’ancien président. Après l’échec du sommet de Camp David le 25 juillet, Bill...
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