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Actualités - Reportages

"Post Modern", de Walid Sadek Mariage ambivalent pour un message flou

Dans le cadre des Rencontres d’Ayloul 2000, Walid Sadek présente une installation intitulée Post Modern. Une photographie géante de 4mx3m, qui pendra du plafond de la Maison Samaha jusqu’au 5 septembre, de 10h à 19h. Sur cette photographie impressionnante, on voit cheikh Hassan Nasrallah, souriant, tenant à bras le corps Walid Sadek lui-même, l’emprisonnant du bras, coude saillant, dans ce geste à la fois violent et complice qu’on retrouve souvent dans les jeux d’enfants. Le portrait du cheikh est net, alors que le visage de l’artiste est flou. Mais que vient faire ici cheikh Hassan Nasrallah ? «Son image a été très présente dans le pays pendant ces dernières années, et surtout lors de la libération du Sud. Les valeurs du Hezbollah, celles du Liban, transformé en “société militaire”, tout cela a été tellement dominant dans la vie de tous les jours que j’ai eu envie d’émettre une opinion personnelle, celle d’un citoyen, d’un seul individu», répond l’artiste. «Mais il s’agit bien d’art. L’analyse et le discours politique n’ont rien à voir dans mon travail». Quant au message de Walid Sadek, il reste très ambigu. «Au-delà du personnage, il y a, symboliquement, la relation avec toutes les promesses qui ont été faites au peuple libanais, pendant 10 ans, et qui n’ont jamais été tenues jusqu’au bout», explique-t-il. Et d’ajouter : «J’ai utilisé la technique employée pour les élections, mais contrairement aux photos de cette dimension, mon installation ne dit rien de net et cela me plaît». «J’aime entretenir ce flou. Je n’essaye jamais de convaincre le spectateur ou de lui imposer une idée. Mes œuvres s’adressent plutôt à moi-même. Pour le reste, chacun y trouve une “explication”, selon son caractère, sa personnalité, sa réalité, sa culture», souligne Walid Sadek. On peut voir un témoignage d’admiration à Hassan Nasrallah ou y percevoir beaucoup de cynisme. La suite, au verso La photographie de Walid Sadek est installée de manière à ce qu’on la voit de dos et non de face, lorsqu’on rentre dans le salon de la Maison Samaha. Et là, en plein centre du «verso», l’artiste a collé la photographie d’une toile de Gustave Courbet, de petite dimension, intitulée La Rencontre ou Bonjour M. Courbet. Cette peinture de 1854 est très révélatrice de la personnalité de ce peintre, qui s’est distingué du lot. On le voit portant son matériel sur le dos, se dirigeant vers un champ, pour peindre. Il rencontre un mécène, accompagné d’un serviteur, et tous deux saluent l’artiste avec respect, tandis que ce dernier garde la tête haute, avec un certain air de supériorité. Walid Sadek a placé une bulle dans la bouche du mécène bourgeois, disant : «As-salam aleykom, wal mawtou li aadouwikom» (que la paix soit avec vous, et mort à votre ennemi). Phrase qui était utilisée, paraît-il, par les Arabes avant l’islam. Avant donc d’être remplacée par «Wa alaykom es-salam» (que la paix soit aussi avec vous). «Je trouve cette formule logique, parce qu’on ne peut être vraiment en paix qu’une fois l’ennemi mort, note Walid Sadek. Et, malheureusement, elle est bien adaptée à notre logique à nous, qui est une logique de guerre. Car notre société ne peut vivre qu’en état de guerre». Dans l’œuvre de Sadek, il y a aussi, bien sûr, sa réalité en tant qu’artiste. «Je projette toujours de faire de l’art comme je l’entends, et je me dis que demain sera un jour meilleur. Mais pour le moment, je suis obligé de faire avec l’ambiance générale politico-sociale, dont je subis la pression, dans ma vie de tous les jours. Je suis forcé d’en tenir compte, je n’arrive pas à en faire abstraction», dit-il. Parallèlement à l’art, Walid Sadek enseigne l’histoire de l’art à la LAU, après avoir longtemps enseigné cette même matière à la NDU. Il est aussi le trompettiste du groupe libanais de jazz oriental Soap Kills. Ce jeune artiste – donc c’est la troisième participation au festival Ayloul – a beaucoup de choses à dire sur l’opinion individuelle bafouée, sur le pouvoir destructeur de la parole... Le public d’Ayloul 2000 pourra le rencontrer samedi 5 septembre à 19h, à la Maison Samaha, pour une discussion.
Dans le cadre des Rencontres d’Ayloul 2000, Walid Sadek présente une installation intitulée Post Modern. Une photographie géante de 4mx3m, qui pendra du plafond de la Maison Samaha jusqu’au 5 septembre, de 10h à 19h. Sur cette photographie impressionnante, on voit cheikh Hassan Nasrallah, souriant, tenant à bras le corps Walid Sadek lui-même, l’emprisonnant du bras, coude saillant, dans ce geste à la fois violent et complice qu’on retrouve souvent dans les jeux d’enfants. Le portrait du cheikh est net, alors que le visage de l’artiste est flou. Mais que vient faire ici cheikh Hassan Nasrallah ? «Son image a été très présente dans le pays pendant ces dernières années, et surtout lors de la libération du Sud. Les valeurs du Hezbollah, celles du Liban, transformé en “société militaire”, tout cela a été...