Le parquet de la cour de sûreté de l’État (DGM) d’Ankara a intenté hier un procès contre Fethullah Gulen, dirigeant d’une importante confrérie musulmane, pour «constitution d’une organisation afin de renverser l’ordre laïc pour le remplacer par un ordre religieux». L’acte d’accusation élaboré par le procureur de la DGM d’Ankara, Nuh Mete Yuksel, requiert jusqu’à 10 ans de prison et une amende contre M. Gulen aux termes d’une disposition de la loi antiterroriste, a indiqué l’agence Anatolie. Celui-ci sera vraisemblablement jugé par contumace, a-t-on précisé de source informée. Le procureur accuse la confrérie de vouloir fonder «une dictature théocratique dans tous les systèmes de l’État» en utilisant les jeunes qui suivent un enseignement dans les écoles appartenant au groupe où «ils sont soumis à un lavage de cerveau». «Il s’agit de la plus importante et la plus puissante organisation en Turquie de caractère fondamentaliste dont les ressources financières sont occultes», précise notamment l’acte d’accusation, cité par Anatolie. M. Gulen, 63 ans, se trouve aux États-Unis depuis plus d’un an pour un traitement médical. Ses avocats ont récemment annoncé qu’il ne pouvait prendre l’avion en raison de sa maladie. L’un des principaux leaders spirituels de la confrérie des «Nurcu» (lumière), il est depuis plusieurs années dans le collimateur de la justice turque. «Le groupe Gulen accorde une grande importance à une propagation des principes Nurcu au sein de l’armée», qui se considère comme la gardienne des principes laïcs, souligne l’acte d’accusation. Les disciples de Gulen, considérés comme des modérés, ont mis en service plus de 300 écoles et des universités, en Turquie, dans les républiques turcophones ex-soviétiques d’Asie centrale, dans le Caucase, en Extrême-Orient et dans les Balkans. Le Premier ministre Bulent Ecevit en personne avait réagi au mandat d’arrêt contre Gulen en exprimant ses regrets «à titre personnel». La confrérie possède également un journal, une chaîne de télévision, une agence de presse, une banque et une dizaine d’autres compagnies en Turquie. Les milieux prolaïcs turcs les accusent de former dans leurs écoles plusieurs centaines de milliers d’élèves contre les principes laïcs de la République. La puissante armée turque, qui expulse chaque année des centaines d’officiers et des sous-officiers accusés de lien avec des groupes islamiques extrémistes, considère le fondamentalisme musulman comme la menace principale pour la République laïque et demande depuis plusieurs années un contrôle plus étroit sur la confrérie et son chef. Le chef d’état-major turc, le général Huseyin Kivrikoglu, cité jeudi par le journal Hurriyet, a indiqué que sur une quarantaine d’officiers radiés début août par le Conseil militaire suprême turc, onze étaient membres de cette confrérie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le parquet de la cour de sûreté de l’État (DGM) d’Ankara a intenté hier un procès contre Fethullah Gulen, dirigeant d’une importante confrérie musulmane, pour «constitution d’une organisation afin de renverser l’ordre laïc pour le remplacer par un ordre religieux». L’acte d’accusation élaboré par le procureur de la DGM d’Ankara, Nuh Mete Yuksel, requiert jusqu’à 10 ans de prison et une amende contre M. Gulen aux termes d’une disposition de la loi antiterroriste, a indiqué l’agence Anatolie. Celui-ci sera vraisemblablement jugé par contumace, a-t-on précisé de source informée. Le procureur accuse la confrérie de vouloir fonder «une dictature théocratique dans tous les systèmes de l’État» en utilisant les jeunes qui suivent un enseignement dans les écoles appartenant au groupe où «ils sont...