Le caviar, qui a toujours accompagné les repas de fête en Iran, est devenu pratiquement inaccessible pour les Iraniens, même riches, mais commerçants et gouvernement misent sur la privatisation pour assurer sa «renaissance». «La privatisation acceptée par le gouvernement était la seule solution. Nous allons pouvoir vendre notre caviar aux Américains qui ont levé l’embargo sur ce produit», explique Behrouz Nechati, un homme d’affaires qui voyage souvent en Grande-Bretagne et aux États-Unis. «Je crois en sa renaissance», explique cet homme, qui a passé son enfance au bord de la mer Caspienne où est produit le caviar. Le principe de la privatisation du caviar en Iran, monopole d’État y compris sous le chah, a été annoncé la semaine dernière par Khodakaram Jalali, directeur-général de la société de pêche iranienne, la «Chilat». Cette compagnie, qui détient le monopole pour l’élevage des esturgeons, la pêche, la commercialisation du caviar et l’exportation, entend désormais «encourager les activités du secteur privé et fournira les esturgeons aux entreprises intéressées», a affirmé M. Jalali. «Les entreprises privées intéressées pourront produire et exporter le caviar. Celles du secteur public pourront bénéficier d’aides bancaires pour leurs projets de développement», a-t-il ajouté, sans plus de précisions. Selon lui, «le prix du caviar a connu une forte augmentation» passant en un an de 390 à 680 dollars le kilo en moyenne, selon des chiffres officiels. Seul commerçant d’un quartier pourtant «chic» de Téhéran à vendre le célèbre «grain noir», Djamchid Salimi n’écoule plus aujourd’hui que 5 à 6 kg de caviar par mois. «Le caviar connaît des difficultés surtout en raison de la pollution de la Caspienne. Des sociétés privées pourraient mieux organiser la défense de l’environnement, protéger les esturgeons», espère-t-il. «Nos prix sont prohibitifs. Nos clients ne sont quasiment que des étrangers, des Français, des Italiens, mais aussi des Russes qui aiment le caviar iranien», note-t-il. «Nous fournissons aussi quelques très rares restaurants de luxe», ajoute M. Salimi, qui possède l’un des sept magasins de caviar de la capitale. «Mais le caviar n’accompagne plus les fêtes de familles. Pour les mariages, c’est impensable, car les Iraniens invitent des dizaines, voire des centaines de convives. Il ne fait honneur à la table que dans les petites fêtes privées, presque toujours organisées par des étrangers», déplore-t-il. Le tarif le plus bas pour un caviar de marque, c’est celui de l’Ikra Sevruga, à 3 400 000 rials le kilo, soit 430 dollars. Quant au meilleur Beluga, il peut grimper, dans son commerce, jusqu’à 1 300 dollars. En raison de la pollution pétrolière croissante de la mer Caspienne, la production a nettement baissé, passant de 310 tonnes en 1990 à environ 100 tonnes actuellement, dont plus de 80 % destinées à l’exportation, essentiellement l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Japon.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le caviar, qui a toujours accompagné les repas de fête en Iran, est devenu pratiquement inaccessible pour les Iraniens, même riches, mais commerçants et gouvernement misent sur la privatisation pour assurer sa «renaissance». «La privatisation acceptée par le gouvernement était la seule solution. Nous allons pouvoir vendre notre caviar aux Américains qui ont levé l’embargo sur ce produit», explique Behrouz Nechati, un homme d’affaires qui voyage souvent en Grande-Bretagne et aux États-Unis. «Je crois en sa renaissance», explique cet homme, qui a passé son enfance au bord de la mer Caspienne où est produit le caviar. Le principe de la privatisation du caviar en Iran, monopole d’État y compris sous le chah, a été annoncé la semaine dernière par Khodakaram Jalali, directeur-général de la société de pêche...