L’offre du dollar s’est contractée hier, à Beyrouth, à la veille de la deuxième et dernière étape des législatives libanaises, dans un marché autrement calme en raison de la faiblesse aussi de la demande en cette monnaie, qui est restée limitée aux besoins quotidiens courants des opérateurs. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, celui-ci s’est invariablement maintenu à la clôture officielle au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier pratiquement tout près du haut de cette fourchette d’intervention de la BDL et contrairement aux jours précédents, entre 1 513,75 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait guère dépasser quelque cinq millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente dans un marché équilibré de lui-même sans aucun recours à la BDL. Nouvel accès de faiblesse de l’euro après la BCE À l’étranger, l’euro a touché un plus bas historique de 0,8845 dollar hier sur les marchés des changes internationaux qui ont mal digéré la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever son principal taux de refinancement (le REFI) d’un quart de point, en pourcentage seulement à 4,50 %, alors qu’on s’attendait à une hausse d’un demi-point en pourcentage de ce taux. L’euro a reculé également face au yen sans pour autant casser son plus bas historique de 94,07 yens atteint la veille. Bien que le conseil des gouverneurs de la BCE ait averti les marchés qu’il resterait «vigilant» à l’avenir quant aux risques pesant sur les prix, les analystes financiers ont estimé insuffisant le geste de la BCE hier pour contenir les tensions inflationnistes à moyen terme liées essentiellement à la baisse de l’euro comme à l’envolée des prix pétroliers. De ce fait, il n’est pas impossible que la monnaie unique teste de nouveaux plus bas à court de terme, indique-t-on dans les milieux cambistes. Ceux-ci faisaient remarquer que la BCE a choisi l’option la plus basse, celle d’un quart de point en pourcentage, en prenant en considération le mauvais indice de conjoncture allemand (IFO) de la semaine dernière, et alors qu’il y a beaucoup d’incertitudes sur l’état de l’économie européenne. Cela étant, et malgré que la majorité des analystes estiment que la BCE relèvera une nouvelle fois ses taux d’un quart de point en pourcentage dans les six semaines qui viennent, l’euro ne parvenait pas à se soustraire hier aux influences baissières émanant du relèvement insuffisant de ces taux. Il a dû, en effet, renouer avec la baisse, permettant au dollar de se négocier à New York, sur un ton ferme comme suit : – 0,8883 pour un euro contre 0,8940, la veille – 1,4500 pour un sterling contre 1,4595 – 2,2020 DM contre 2,1875 – 7,3845 FF contre 7,3375 – 1,7415 FS contre 1,7300 – 2 179,75 lires contre 2 165,85 – 106,75 yens contre 106,50. Bourse de Beyrouth : nouvelle hausse de Solidere A À la Bourse de Beyrouth, le marché des valeurs mobilières a continué sur sa lancée de ces derniers jours sous la conduite de Solidere dont 41 822 actions A ont regagné 1,75 % à 7 1/4 dollars contre 7 1/8 dollars la veille, alors que le restant de la cote demeurait stable. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,17 % à 64,51 points, pendant que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 140,30 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle est restée généralement mince avec au total 89 150 actions d’une valeur de 416 908 dollars. Wall Street : marchés soutenus Sur les places boursières internationales, les marchés américains ont accueilli favorablement hier des chiffres indiquant un ralentissement de la croissance économique aux États-Unis illustré par la baisse de 7,5 % en juillet des commandes industrielles contre une hausse de 5,2 % en juin. Ce développement a conforté le scénario d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine qui pourrait dispenser la Réserve fédérale (Fed) de procéder à de nouvelles hausses de taux d’intérêt. En effet, le marché obligataire américain a bénéficié de cette annonce ainsi que le restant de la cote à Wall Street et la Bourse électronique Nasdaq. Les grandes vedettes industrielles et celles de la distribution, des télécommunications, de la haute technologie... ont été les plus grandes bénéficiaires de ce climat et les plus travaillées de la cote. C’est ainsi que l’indice Nasdaq est parvenu à frôler le seuil des 4 200 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 11 104,86 points et un plus haut à 11 310,55 points avant d’afficher en préclôture, à 23h, heure locale de Beyrouth, 11 286,72 points, en hausse de 183,71 points sur la veille. Les Bourses européennes ont flirté avec les records Les marchés boursiers européens ont flirté avec des records jeudi, tirés par les valeurs de la technologie, à la suite d’un relèvement largement prévisible des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). L’indice paneuropéen FTSE Eurotop a gagné 0,70 % et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes 0,20 %. L’indice des technologiques du DJ Stoxx a affiché une hausse de 3,72 % à 1 094,40, celui des médias a progressé de 2,96 % à 537,14 et celui des télécoms de 1,78 % à 645,69. La BCE a relevé de 4,25 à 4,50 % son taux minimum de refinancement, amenant certains économistes à évoquer un nouveau durcissement dans les six semaines à venir. «Je pense que la BCE a probablement été un peu trop prudente. C’est sans doute une mauvaise gestion par la BCE des attentes du marché plutôt qu’autre chose (…). Cela veut simplement dire que les anticipations de relèvement vont accompagner les prochaines réunions de la BCE», a dit Sharda Dean (Schroders). «Un demi-point aurait été perçu comme trop agressif, la BCE a choisi d’opter pour un quart», a ajouté toutefois Jean-François Cauvet, d’ETC. «La BCE a fait preuve de pragmatisme, elle était obligée de ménager la chèvre et le chou. Le dilemme était de ne pas obérer la croissance en Europe, notamment en Allemagne, et en même temps de contrecarrer l’inflation importée», a-t-il précisé. Les sociétés d’équipement de télécommunications ont fortement progressé à l’image de télécommunications ont fortement progressé à l’image de Nokia, en hausse de 4,30 %, et d’Ericsson de 3,20 %, à l’idée que le secteur restera bien orienté même dans un environnement de hausse des taux d’intérêt. Ces deux titres avaient été lourdement affectés au début du mois par des craintes suscitées par le ralentissement de la croissance des résultats. «La confiance dans le secteur commence à revenir et, bien que ce soit un argument pervers, les opérateurs estiment que même avec la hausse des taux d’intérêt, la croissance des résultats du bloc TMT sera supérieure à celle des industrielles», a déclaré David Thwaites, de BNP Paribas. La société française de distribution Carrefour, l’une des plus fortes hausses des valeurs vedettes, a progressé de 6,10 %, après avoir publié des résultats très encourageants pour le premier semestre et réaffirmé ses objectifs de croissance pour l’année. Tokyo : troisième séance de baisse La Bourse japonaise a terminé en baisse jeudi, pour la troisième séance consécutive, sur des prises de bénéfices opérées en dépit d’une amélioration des perspectives de résultats des entreprises nipponnes. Toutefois, les observateurs se disent convaincus que, dans l’ensemble, le marché est appelé à un assez bel avenir. «Les cours des actions vont probablement monter à moyen terme et le climat n’est pas trop mauvais, les entreprises annonçant de très bons résultats», a dit Tsuyoshi Segawa, de Sakura Securities. «Toutefois, reconnaît ce professionnel, vu les pertes de ces trois dernières séances, le marché ne semble pas avoir totalement recouvré la santé». Déjà en baisse mardi et mercredi, l’indice Nikkei a encore cédé 40,41 points, soit 0,24 %, à 16 861,26. Il avait terminé lundi à 17 181,12 après être monté de 4,5 % en l’espace de trois séances. L’indice pondéré TOPIX, à plus large base de calcul, a perdu quant à lui 7,41 points, soit 0,49 %, à 1 511,44. On a dénombré, sur la première section de la cote, 791 valeurs en baisse contre 445 en hausse, dans un volume de 589,99 millions d’actions contre 523 millions mercredi. À l’électronique, Toshiba a reculé de 3,76 % à 1 049 yens, abandonnant ainsi une partie de la hausse de 25 % qu’il avait enregistrée en l’espace d’un mois avant de s’orienter à la baisse mercredi. Son concurrent Hitachi, dont la tendance s’était également inversée la veille après une avance de 10 % en une quinzaine de jours, a perdu 3,22 %, à 1 263 yens. Si des analystes expliquent la plupart des ventes par des prises de bénéfices, on a observé aussi que, dans d’autres pays d’Asie, des valeurs liées aux semi-conducteurs ont subi des pressions à la suite du rappel par l’américain Intel du Pentium III, son dernier microprocesseur.
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