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Actualités - Analyse

Controverse larvée autour du thème d'un Cabinet d'entente nationale

À gauche, à droite, au centre, une même revendication : le pays a besoin d’un Cabinet d’entente nationale, pour faire face à la récession socio-économique comme aux échéances régionales. Le hic c’est que la définition et la composition d’un tel Cabinet donnent lieu à d’innombrables opinions divergentes ou contradictoires. En somme, il n’y a guère d’entente sur la signification du mot entente. Un terme consacré dans les accords de Taëf qui voient dans la mise en place d’un gouvernement d’union une condition nécessaire pour l’instauration d’un État solide, dont l’autorité s’affirmerait sur toutes les régions par le biais de ses forces régulières propres. Dix ans après la signature de ce pacte, d’ailleurs officiellement baptisé «document de l’entente nationale», ce concept reste lettre morte. Nul, jamais, dans la présente République, ne s’est aventuré à former un gouvernement intégrant les principales composantes sociopolitiques du pays. Une frange importante de Libanais est demeurée discriminée, tenue à l’écart de la vie publique ou même ostracisée. La responsabilité de cet état de fait (accompli) n’est pas, objectivement, bien déterminée. Certains y voient le signe que la guerre a effectivement fait des vaincus, qui en paient naturellement le prix. D’autres soutiennent que c’est le camp de l’Est, via le général Michel Aoun mais aussi via le Dr Samir Geagea, qui a refusé d’intégrer le circuit, pour ne pas avoir à entériner Taëf. Un détail discutable du reste, puisque les FL étaient quand même représentées au sein du gouvernement formé après Taëf par un conseiller de leur leader, M. Roger Dib. On peut également rappeler que le Bloc national et le Parti national libéral récusaient de leur côté le nouveau système. Aujourd’hui les temps sont-ils vraiment mûrs pour que l’Est politique participe enfin au gouvernement ? Verra-t-on sous le régime du président Lahoud ce que l’on n’avait pu voir sous celui du président Hraoui ? Quelles formations seraient-elles sollicitées, et accepteraient-elles de jouer le jeu ? La réponse à ces questions paraît naturellement liée aux circonstances qui prévaudront lorsqu’il faudra composer le prochain Cabinet. Mais il est sans doute bon de rappeler des critères tout à fait élémentaires, que la sémantique officielle a tendance à oublier. Tout d’abord, on ne peut évidemment pas parler d’un Cabinet d’union nationale qui serait monochrome. Il faut que les parties opposées y cohabitent. Si les clivages se rapportant au système rendent des retrouvailles générales impossibles, il faut à tout le moins colmater les nouvelles brèches occasionnées par les élections. Et pour cela regrouper au sein du gouvernement loyalistes et opposants de la phase présente. Ce qui serait un premier pas, une ouverture, vers l’union nationale. Au stade de défrichage actuel, des médiateurs proposent que le Cabinet englobe, aux côtés des taëfistes traditionnels, des courants comme les aounistes, les FL, le BN, le PNL, les Kataëb, la mouvance du président Gemayel. Ils feraient partie du gouvernement soit directement soit par le biais de personnalités proches de leurs vues. Mais à supposer que ce projet, qui a tout l’air d’être utopique, soit théoriquement adopté, il faudra encore que les parties concernées puissent se mettre d’accord sur un programme. Sans quoi le Cabinet ne serait plus un lieu de rencontre mais de dispute, ce qui porterait gravement préjudice au pays. Or les opposants qu’on inviterait à rallier l’Exécutif ne sont même pas d’accord entre eux, tant s’en faut, par rapport aux questions de base, comme Taëf. Certains acceptent ce pacte, mais demandent qu’on en parachève l’exécution, ce qui sous-entend la neutralisation des milices qui restent armées et le retrait des forces syriennes. D’autres proposent une révision en profondeur du système, tout en en gardant les bases. D’autres enfin militent pour un changement total de l’ordre établi, un contrat national tout à fait nouveau. Il semble donc difficile, sans compter qu’il y a aussi une question de nombre de sièges, de former un gouvernement regroupant toutes les forces politiques du pays. Comment résoudre ce dilemme ? Un ancien responsable, qui idéalise sans doute un peu trop la notion de «peuple souverain», suggère que l’on passe outre aux leaderships et qu’on réalise l’entente à travers les masses «qui se soucient peu de savoir par qui elles sont gouvernées, mais se préoccupent beaucoup par contre de la manière dont elles le sont. Aujourd’hui, souligne cet homme d’expérience, les Libanais attendent un pouvoir capable de juguler la crise socio-économique, d’assainir les finances publiques et de réformer l’Administration. Ce sont là les vrais problèmes du pays».
À gauche, à droite, au centre, une même revendication : le pays a besoin d’un Cabinet d’entente nationale, pour faire face à la récession socio-économique comme aux échéances régionales. Le hic c’est que la définition et la composition d’un tel Cabinet donnent lieu à d’innombrables opinions divergentes ou contradictoires. En somme, il n’y a guère d’entente sur la signification du mot entente. Un terme consacré dans les accords de Taëf qui voient dans la mise en place d’un gouvernement d’union une condition nécessaire pour l’instauration d’un État solide, dont l’autorité s’affirmerait sur toutes les régions par le biais de ses forces régulières propres. Dix ans après la signature de ce pacte, d’ailleurs officiellement baptisé «document de l’entente nationale», ce concept reste lettre...