L’activité s’est ralentie hier sur les marché des changes de Beyrouth, en raison de la contraction de la demande du dollar dont l’offre continuait à se faire sentir au-dessous du point supérieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en maintenant sa fourchette d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est parvenue donc à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande du billet vert, les établissements de crédit ont continué à le négocier pratiquement à des cours supérieurs à ce taux indicatif et inférieurs à 1 514,00 LL, soit entre 1 513,25 et 1 513,50 LL, ont indiqué les cambistes. Pourtant, le volume d’affaires de la journée d’hier s’est sensiblement contracté pour ne pas dépasser au total quelque quatre millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques dans un marché équilibré de lui-même, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. Coup d’arrêt à la chute de l’euro À l’étranger, la monnaie unique européenne est repassée tout juste au-dessus du seuil de 0,89 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux grâce à des achats motivés par son faible coût, après avoir chuté plus tôt dans la journée en Europe au-dessous de ce niveau dans la crainte qu’une hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) aujourd’hui ne freine la croissance de la zone euro. La glissade de la monnaie unique avait démarré la veille, l’euro ayant brisé son précédent record de faiblesse face au yen et au dollar dans un mouvement qui s’est poursuivi hier avant de tourner court après une déclaration faite par le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, au quotidien allemeand Sueddeutsche Zeitung. Celui-ci a estimé que le niveau actuel de la monnaie unique européenne n’est pas justifié par les fondamentaux économiques de la zone euro. «Lorsque les marchés auront pris conscience du potentiel de croissance de l’Europe, l’euro s’appréciera alors nettement», a ajouté M. Welteke, qui est considéré comme étant l’un des membres les plus écoutés du Conseil des gouverneurs de la BCE. Pourtant, les marchés restaient préoccupés par la réunion aujourd’hui de la BCE sur les taux d’intérêt européens. D’après la majorité des analystes, la BCE devrait relever ses taux, pour la sixième fois de son histoire, pour contrer la poussée d’inflation que connaît la zone euro du fait de l’envolée des prix de l’énergie. Ils craignent qu’un tour de vis monétaire ne ralentisse la croissance économique de la zone euro, jugée fragile. La semaine dernière, un mauvais indice IFO de conjoncture en Allemagne avait jeté une ombre sur les perspectives de croissance en Europe. Quant aux chiffres sur le Produit intérieur brut (PIB) allemand au deuxième trimestre qui ont été meilleurs que prévu, n’ont eu aucun impact positif sur l’euro, car les marchés regardent davantage l’indice IFO qui donne des indications sur l’avenir plutôt que sur le passé comme le PIB. De l’avis unanime des experts financiers, si la BCE augmente ses taux aujourd’hui d’un demi-point en pourcentage, ce sera négatif pour l’euro car les investisseurs sont désormais persuadés que la croissance européenne a atteint un pic. Selon eux, quoi qu’il arrive, l’euro devrait en pâtir car toutes les raisons sont bonnes pour vendre de l’euro et acheter du dollar. En outre, l’euro a également souffert de la vigueur du yen qui bénéficie d’un regain de confiance dans la solidité de la reprise économique japonaise. De son côté, la livre sterling n’est pas parvenue à se soustraire aux influences baissières émanant des anticipations d’un statu quo monétaire lors de la réunion de la Banque d’Angleterre sur les taux jeudi prochain. Cela étant, l’euro a réussi seulement hier à réduire ses dégâts face au dollar qui s’est négocié, à New York, sur un ton partagé, comme suit : – 0,8925 pour un euro contre 0,8920, la veille – 1,4575 pour un sterling contre 1,4565 – 2,1915 DM contre 2,1925 – 7,3495 FF contre 7,3535 – 1,7335 FS contre 1,7340 – 2 169,50 lires contre 2 170,70 – 106,45 yens contre 106,15. Bourse de Beyrouth : hausse de Solidere A À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la hausse hier avec la reprise de Solidere A dont 14 706 actions ont progressé de 7,00 à 7 1/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,17 % à 64,40 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs se maintenait toujours à 140,30 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des volumes d’affaires minces avec au total 69 706 actions d’une valeur globale de 162 905 dollars. Affaiblissement de Wall Street Sur les places boursières internationales, des prises de bénéfices continuaient à peser hier sur la tendance des marchés américains, après les gains accumulés pendant le mois d’août. Les investisseurs commencent également à s’inquiéter de la performance financière des groupes américains face au ralentissement de la croissance économique. À cet égard, ils ont été sensibilisés hier par l’annonce du Conference Board que l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie a enregistré une baisse de 0,1 % en juillet, pour le troisième mois consécutif, dans la mesure que ce baromètre est censé préfigurer la conjoncture aux États-Unis dans les six à neuf mois prochains. De plus, le marché a souffert de la révision à la baisse des prévisions de bénéfice du numéro un mondial de l’électroménager Whirlpool pour l’ensemble de l’exercice 2000 en raison d’une concurrence accrue aux États-Unis et d’un environnement de plus en plus difficile dans son secteur d’activité en Europe. Toutefois, les gains du secteur financier, après l’annonce du rachat de la banque d’affaires américaine Donaldson Lufkin Jenrette (DLJ) par Crédit Suisse First Boston, ont contribué à alléger quelque peu les pressions sur la cote américaine. Il en est de même des rachats de couverture et d’une chasse aux bonnes affaires dans le secteur de la haute technologie qui ont soulagé le Nasdaq, lui permettant de recouvrer une grande partie de son terrain perdu. Pourtant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est resté dans le rouge, fluctuant entre un plus haut à 11 210,29 points et un plus bas à 11 096,35 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h, heure locale de Beyrouth, 11 119,28 points, en baisse de 95,82 points sur la veille. Irrégularité des Bourses européennes Les marchés boursiers européens s’inscrivaient sur une note irrégulière en fin de journée hier, affectés par la baisse de Wall Street et la faiblesse persistante de Crédit Suisse à la confirmation de son acquisition d’une banque américaine d’investissement. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop n’a pratiquement pas varié et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes a perdu 0,40 %. Les marchés ont toutefois été soutenus par la forte progression de certaines valeurs des médias et de la technologie et par la bonne tenue de celles du bâtiment et des industrielles. Les achats sélectifs sur les valeurs de la technologie et des médias se sont accélérés, les investisseurs cherchant à placer leurs liquidités, tout en attendant le résultat de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) aujourd’hui. «Les valeurs sont grandes, vedettes et liquides, et elles se sont comportées relativement faiblement ces derniers mois», a estimé Kevin Gardiner, de J.P. Morgan. Le groupe néerlandais des télécommunications KPN, l’une des principales baisses des valeurs vedettes, a abandonné 6,40 %, après avoir annoncé que son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) de l’ensemble de l’exercice pourrait être inférieur à sa prévision initiale de 3,6 milliards d’euros. Les financières, les banques, les pharmaceutiques, les assurances et l’automobile ont été les secteurs les plus faibles, certaines valeurs sensibles aux taux d’intérêt souffrant de la prudence des investisseurs avant la réunion de la BCE dont on attend un relèvement d’un quart de point de taux. Parmi les autres valeurs qui se sont distinguées à la baisse, Crédit Suisse a cédé 2,10 % après l’annonce du rachat de son concurrent américain Donaldson, Lufkin & Jenrette pour 11,5 milliards de dollars. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 1,4 % mercredi, passant sous la barre des 17 000 points, la mauvaise performance de la production industrielle japonaise au mois de juillet ayant découragé les investisseurs, selon des opérateurs. L’indice Nikkei-225 a perdu 240,08 points (-1,4 %) à 16 901,67 points, deux jours seulement après avoir dépassé les 17 000 points pour la première fois depuis le 17 juillet. L’indice élargi Topix a reculé de 20,84 points à 1 518 85 points. «Le chiffre de la production industrielle, pire que prévu, annoncé hier, constitue un des principaux facteurs de la baisse du Nikkei», a indiqué un courtier de Sakura Friend Securities, Koichi Kawata. La production industrielle japonaise a diminué de 0,7 % en juillet contre une hausse révisée de 1,9 % en juin, a annoncé mercredi le ministre du Commerce. Cette donnée est considérée comme un indicateur de la santé économique du Japon. «Les valeurs sensibles à la demande intérieure ont été vendues car la production a été légèrement en dessous de la prévision du gouvernement qui tablait sur une baisse de 0,2 %», a précisé un analyste de marché de Nikko Securities, Kazue Mayuzumi. 514 millions de titres ont changé de mains contre 565,2 millions mardi. Un yen plus fort a également entraîné les valeurs de la haute technologie et de l’automobile à la baisse, selon des opérateurs. «Les investisseurs ont vendu leurs actions dans les exportateurs de haute technologie et les firmes automobiles, le yen étant plus fort qu’hier face au dollar», a ajouté M. Mayuzumi. «Ils craignent qu’un yen plus fort ne vienne contrecarrer les récentes révisions à la hausse des prévisions de résultats effectuées par certaines sociétés», a-t-il poursuivi.
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