Le khan des couturiers est le seul – avec celui des égyptiens – à s’étirer en longueur. Et c’est un des rares à avoir été ravalé (grâce à un don du gouvernement allemand en 1992), après avoir été très endommagé durant la guerre. Il est composé de deux bâtisses longitudinales en pierre jaune, qui s’étendent sur une cinquantaine de mètres. Et sont séparées par une rue piétonne, coiffée d’une rangée de voûtes croisées, surmontées de lattes de bois. Pas de cour carrée donc, et une proximité, un face-à-face des artisans, qui au lieu d’exacerber leur rivalité, semble les rapprocher, les réunir comme de vieux potes faisant front commun. Les rangs resserrés face à un métier qui ne fait plus vivre que quelques rares familles... Construit par les mamelouks, au quatorzième siècle, pour servir de caserne à leurs soldats, le souk a été transformé en hôtellerie (avec écuries au rez-de-chaussée et chambres d’hôtes à l’étage), avant de devenir au début du siècle dernier le quartier des couturiers. «Tous les couturiers “arabes” de la ville s’étaient regroupés dans cette rue. Ils y confectionnaient la tenue traditionnelle : le cherwal, sa chemise et son gilet, le keffieh, la abbaya et le imbaz...», racontent les quelque six héritiers actuels du métier. «Dans les années cinquante, il y a eu une petite incursion de ceux que l’on nommait les “tailleurs occidentaux”. Ceux-là même que l’on voyait, dans les brochures touristiques d’avant-guerre, installés en rang devant leur machine à coudre sur le pas de leur porte. Puis vint la guerre, et avec elle la destruction d’un certain univers. Nombre de couturiers ont fermé boutique, d’autres se sont recyclés en commerces. Aujourd’hui, les deux rangées d’échoppes offrent des abbayas et autres vêtements traditionnels, mais sur la trentaine de tailleurs qu’il abritait, le souk ne compte plus qu’une demi-douzaine... Ils continuent à coudre sur commande des tenues traditionnelles pour quelques vieux montagnards attachés au cherwal. Ainsi que pour une clientèle d’émigrés qui se font confectionner un costume national, à porter les soirs de spleen, de nostalgie du pays...
Le khan des couturiers est le seul – avec celui des égyptiens – à s’étirer en longueur. Et c’est un des rares à avoir été ravalé (grâce à un don du gouvernement allemand en 1992), après avoir été très endommagé durant la guerre. Il est composé de deux bâtisses longitudinales en pierre jaune, qui s’étendent sur une cinquantaine de mètres. Et sont séparées par une rue piétonne, coiffée d’une rangée de voûtes croisées, surmontées de lattes de bois. Pas de cour carrée donc, et une proximité, un face-à-face des artisans, qui au lieu d’exacerber leur rivalité, semble les rapprocher, les réunir comme de vieux potes faisant front commun. Les rangs resserrés face à un métier qui ne fait plus vivre que quelques rares familles... Construit par les mamelouks, au quatorzième siècle, pour servir de...
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