Le Premier ministre israélien Ehud Barak a plaidé hier à Ankara en faveur de l’industrie de défense israélienne, qui brigue plusieurs gros contrats avec la Turquie, lors d’une courte visite au cours de laquelle le processus de paix au Proche-Orient a été relégué au second plan. «Nous déployons et déploierons tous nos efforts pour assurer que l’industrie de défense israélienne remporte le maximum de contrats», a dit M. Barak lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue Bulent Ecevit. «La compétition est dure et il y a plusieurs facteurs qui influencent ces contrats», a-t-il dit, soulignant que son pays mettra tout en œuvre pour «convaincre» la partie turque «de ce que nous avons à leur offrir». Le directeur général du ministère israélien de la Défense, Amos Yaron, a indiqué que, lors de leur entretien, M. Barak avait assuré M. Ecevit qu’Israël avait «décidé de continuer le dialogue sur tous les appels d’offre encore ouverts» et que son pays était prêt à transférer «la meilleure technologie israélienne» à la Turquie. Danny Yatom, conseiller de M. Barak pour la sécurité, a souligné qu’Israël continue d’être «un sérieux candidat pour toutes les offres». Israël est en lice pour quatre projets d’armement d’un montant de plusieurs centaines de millions de dollars. Ces projets sont la modernisation de chars M60 de l’armée turque de fabrication américaine, un premier satellite-espion turc, des hélicoptères d’attaque et la vente d’un avion-radar israélien Awacs. La compagnie israélienne Israel Aircraft Industries (IAI) est en lice avec le Français Alcatel pour la vente à la Turquie de son premier satellite-espion. Le consortium russo-israélien Kamov-IAI brigue un contrat de 145 hélicoptères d’attaque, mais la Turquie a annoncé qu’elle avait entamé des négociations commerciales «en priorité» avec la société américaine Bell-Textron. Concernant le système Awacs, Boeing et Raytheon (israélo-américain) sont en lice. Enfin, le groupe Israeli Military Industries (IMI) brigue la modernisation de quelque 170 chars de combat M60-A3 américains de l’armée turque. Le processus de paix au Proche-Orient, après l’échec du sommet de Camp David, a également été évoqué : M. Ecevit a souligné que la Turquie attachait une grande importance à la poursuite des négociations afin de parvenir à un règlement juste et durable de la question. «Nous admirons les pas courageux de M. Barak en matière de politique intérieure et étrangère», a-t-il dit. La Turquie a signé avec Israël en février 1996 un accord-cadre de coopération militaire, provoquant la colère du monde arabe et de l’Iran, qui y voient une menace dirigée contre eux. Elle entretient aussi d’étroites relations avec les Palestiniens. M. Barak, en réponse à une question, a indiqué que les discussions entre les deux pays pour la vente à Israël, frappé par une grave pénurie, d’eau potable en provenance du fleuve Manavgat près d’Antalya sur la Méditerranée, se poursuivaient. Il s’agit de fixer le prix de l’or bleu. Une délégation israélienne est attendue dans les jours prochains en Turquie pour évoquer la question, selon une source diplomatique turque. M. Barak, arrivé hier matin, devait aussi s’entretenir avec le chef de la diplomatie Ismail Cem, le ministre de la Défense Sabahattin Cakmakoglu et le président Ahmet Necdet Sezer avant de regagner Israël, après avoir tenu un point de presse à l’aéroport d’Ankara.
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