Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Colère et jubilation à Assira al-Shamaliya

Debout sur les gravas de sa maison rasée par l’armée israélienne, une Palestinienne crie sa douleur, mais un proche la console : «Ne te lamente pas, trois soldats israéliens ont été tués cette nuit et aucun des nôtres n’est tombé». «Les juifs sont nos ennemis», lance la femme, alors que la foule, qui aide cette quinquagénaire à récupérer ses maigres biens éparpillés dans les décombres, scande «Allah Akbar» («Dieu est grand») et promet de la venger. Pour les habitants d’Assira al-Shamaliya, un gros bourg de quelque 10 000 habitants proche de la ville de Naplouse (nord de la Cisjordanie), considéré comme un bastion intégriste, la colère se mêle à la jubilation après la fusillade qui s’est déroulée samedi soir. La localité se trouve dans une zone administrée par les Palestiniens, mais où l’armée israélienne reste chargée de la sécurité. C’est de la maison de deux étages à présent totalement détruite que Mahmoud Abou Hannoud, 33 ans, un chef de la branche armée du mouvement de la résistance islamique (Hamas), a ouvert le feu sur les militaires israéliens lancés à sa poursuite. En face, dans la maison en construction où les soldats avaient pris position, une foule de curieux se presse pour voir les traces de sang qu’ils ont laissées sur les murs. Certains, surtout des jeunes, ne cachent pas leur satisfaction, d’autres gardent un visage fermé et ne disent rien. Les douilles laissées par les soldats sont ramassées en souvenir. Fait sans précédent, les assiégés palestiniens ont eu le dessus sur les militaires israéliens, membres d’une unité d’élite, Douvdevan (Cerise en hébreu), spécialisée dans ce genre d’opération. Il s’agit même de l’un des revers les plus sanglants jamais subis par l’armée israélienne dans le cadre de ses opérations contre les mouvements palestiniens intégristes. Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Shaoul Mofaz, n’a pas exclu dimanche que les trois soldats tués l’aient été par leurs propres camarades. Il est déjà acquis, selon la version israélienne, que le soldat blessé l’a été par des balles israéliennes. Bien que blessé assez sérieusement à l’épaule, d’après ses proches, Mahmoud Abou Hannoud a réussi à prendre la fuite par une porte située à l’arrière qui donne sur une oliveraie. Il est parvenu à se réfugier dans la ville autonome de Naplouse, sous contrôle palestinien, où il a été arrêté par la police palestinienne dans l’hôpital où il était allé se faire soigner. Des membres de sa famille, qui ont requis l’anonymat, ont regretté cette arrestation, mais se sont déclarés convaincus que l’Autorité palestinienne ne livrerait pas à Israël un responsable militaire du Hamas, chose qu’elle n’a jamais faite dans le passé. Le propriétaire de la maison, Nidal Mohammad Yassin Daghlass, 36 ans, un professeur d’éducation physique, a été blessé dans l’accrochage et arrêté par l’armée israélienne. Selon ses voisins, les Israéliens l’ont laissé plusieurs heures sans soin et ont exigé qu’il retire ses vêtements avant de se rendre. Dans les heures qui ont suivi la fusillade, l’armée a imposé un couvre-feu sur la localité et procédé à plusieurs arrestations, dont celle de l’imam de la mosquée, cheikh Dunar Hamadneh, dont la maison a été fouillée sans ménagement. Des affrontements avec des jeunes Palestiniens scandant «Nous sommes avec toi, Mahmoud Abou Hannoud» se sont poursuivis de façon sporadique jusqu’au début de la matinée. En fin de matinée, le couvre-feu a été levé, les gens sont descendus dans la rue et l’armée israélienne est finalement repartie.
Debout sur les gravas de sa maison rasée par l’armée israélienne, une Palestinienne crie sa douleur, mais un proche la console : «Ne te lamente pas, trois soldats israéliens ont été tués cette nuit et aucun des nôtres n’est tombé». «Les juifs sont nos ennemis», lance la femme, alors que la foule, qui aide cette quinquagénaire à récupérer ses maigres biens éparpillés dans les décombres, scande «Allah Akbar» («Dieu est grand») et promet de la venger. Pour les habitants d’Assira al-Shamaliya, un gros bourg de quelque 10 000 habitants proche de la ville de Naplouse (nord de la Cisjordanie), considéré comme un bastion intégriste, la colère se mêle à la jubilation après la fusillade qui s’est déroulée samedi soir. La localité se trouve dans une zone administrée par les Palestiniens, mais où...