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Actualités - Chronologie

Jean-Charles de Castelbajac, nouveau venu dans la haute couture

Jean-Charles de Castelbajac, 50 ans, dont 30 de métier, franchit une nouvelle étape dans un parcours peu ordinaire : il a présenté en juillet sa première collection de haute couture. «Je n’ai pas eu l’impression d’un grand saut mais plutôt d’une continuité, d’une suite logique», explique ce passionné d’art, de photographie et de Harley Davidson. «Sur ma couture aujourd’hui travaillent des artisans qui m’ont accompagné depuis 20 ans, comme des tisserands, des brodeurs, etc.». «Quand je restaure ma maison dans le Gers (sud-ouest), je travaille avec des compagnons. Il se passe la même chose rue Cassette (ndlr : adresse parisienne de la maison Castelbajac). Une petite robe qui va peser 250 gr en poids réel, c’est un million d’émotions en poids sentimental car elle est faite par 30 personnes. Depuis la genèse de son tissu jusqu’à son aboutissement, elle est la robe de chacun, de la petite main au brodeur», raconte-t-il. Ce besoin de quitter provisoirement le prêt-à-porter n’est pas arrivé à n’importe quel moment. «L’acte du prêt-à-porter est un acte peut-être plus spontané, un peu moins laboratoire. Or j’ai toujours ce besoin de recherche en moi». À l’inverse du premier où on peut faire de l’effet, en haute couture «on simplifie, on élague», dit celui pour qui la question essentielle est : «Comment, aujourd’hui, en couture faire de beaux vêtements et s’amuser en même temps ?». Spécialiste de la récupération et de l’hétéroclite, Castelbajac, honni ou adoré selon les cas, affirme que la collection ne comporte que des matières nobles comme le cachemire et qu’il raconte 35 petites histoires «où le ludique bascule dans l’élégance». Celui qui a été un des premiers à se battre «pour la rencontre entre les arts plastiques et la mode, l’artisanat et la mode ou l’écriture et la mode» n’a pas seulement créé une griffe depuis toutes ces années. Il a joué aussi avec tout ce qui pouvait lui tomber sous la main ou presque : canapés, tapis, linge de maison, verres, bougies jusqu’aux pots de peinture. Parce que la mode est «indissociable du mode de vie». Heureux que les «années noires du minimalisme des années 90» soient finies, il renaît avec l’arrivée du nouveau millénaire car «on est plus attentif de nouveau à la vraie beauté du geste, au retour à de vrais matières, à une envie de couleurs, une envie d’être moins dur avec soi-même et d’accepter des mots qui peuvent s’appeler paresse, naïveté, gentillesse, civilité, délicatesse». Interrogé sur un lien éventuel entre les vêtements qu’il a créés pour la série télévisée Drôles de dames, ceux du pape lors des Journées mondiales de la jeunesse et la haute couture, il répond : «Un passage de mon défilé s’appellera “Drôles de dames”, en hommage à la comédienne Farah Fawcett. Les JMJ ? Elles ont été un tournant dans ma vie car j’ai rendu à qui de droit des formes qui m’avaient inspiré dans mon enfance». «Le point d’orgue de cela ? Mon premier vêtement de couture je l’ai fait pour le pape», poursuit ce catholique déclaré. Boulimique d’idées et de travail, son année 2000 se traduit encore par d’innombrables rendez-vous, comme le 22 juillet à Istres (sud-est) où il a présenté un défilé rétrospectif et, en septembre, l’ouverture d’un deuxième concept store à Paris. Mais il a aussi un autre projet qui lui tient à cœur : enseigner à l’École de la Chambre syndicale de la haute couture et entraîner d’autres couturiers dans son sillage «parce que dans notre société, parfois on oublie trop qu’on a été jeune et on oublie trop qu’on va être vieux».
Jean-Charles de Castelbajac, 50 ans, dont 30 de métier, franchit une nouvelle étape dans un parcours peu ordinaire : il a présenté en juillet sa première collection de haute couture. «Je n’ai pas eu l’impression d’un grand saut mais plutôt d’une continuité, d’une suite logique», explique ce passionné d’art, de photographie et de Harley Davidson. «Sur ma couture aujourd’hui travaillent des artisans qui m’ont accompagné depuis 20 ans, comme des tisserands, des brodeurs, etc.». «Quand je restaure ma maison dans le Gers (sud-ouest), je travaille avec des compagnons. Il se passe la même chose rue Cassette (ndlr : adresse parisienne de la maison Castelbajac). Une petite robe qui va peser 250 gr en poids réel, c’est un million d’émotions en poids sentimental car elle est faite par 30 personnes. Depuis la...