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Actualités - Reportages

Des conditions de vie dignes du Moyen Age pour les archéologues

Pour effectuer les fouilles dont ils sont chargés, les archéologues en Irak vivent dans un vieux bâtiment abandonné depuis une dizaine d’années, qui servait en fait de centre d’études aux scientifiques responsables d’un projet visant à combattre la désertification. Mais depuis l’embargo, ce projet est suspendu. Pour les archéologues, il s’agit de leur «maison» qui est en fait formée de quatre hangars entourant une construction en béton servant de salon, salle à manger, salle de dessin, salle de réunion… Les archéologues vivent en famille. Le Dr Dony Georges, responsable des fouilles au sud de l’Irak, est considéré comme le grand oncle de l’équipe dont les membres se plaisent à le surnommer : «Amo Dony» alors que le Dr Nawal Metawalli, également en charge des fouilles au sud de l’Irak, est la grande tante qui habite la chambre juxtaposée à celle des filles. La journée de l’équipe commence avant l’aube et se termine vers 10 heures du soir. Les fouilles débutent à 5 heures du matin et durent jusqu’à midi. Dès le début de l’après-midi, le soleil devient insupportable. Pour tenir bon face au vent, au sable et à la chaleur du soleil, les archéologues se couvrent d’un large manteau ; de grosses bottes leur protègent les chevilles des morsures de serpents et de scorpions. Ces derniers sont si fréquents sur le tell qu’il est nommé Oum el-Akareb (akareb signifiant scorpions en arabe). Un keffieh leur couvre la tête et le visage, ne laissant entrevoir que les yeux. La sécheresse gerce la peau de leurs visages ; les produits de protection solaire sont inexistants en Irak. Toutefois, tous ces «détails banals» ne gênent pas le quotidien de l’équipe. Les dix heures de travail par jour sont assurées dans la joie. Au déjeuner, l’ambiance est gaie, décontractée et familiale. Ils racontent leurs matinées, les histoires drôles des ouvriers et s’amusent à imiter l’accent du Sud. Certes, leur famille et la civilisation du XXe siècle leur manquent, mais ils ont appris à s’adapter à leur situation. Désormais, ce sont de vrais producteurs. Tout ce que l’on mange sur leur table est fait maison. «Nous ne faisons pas confiance aux produits laitiers de la région, ils ne sont pas pasteurisés. Alors, pour ne pas prendre des risques, nous les préparons nous mêmes avec du lait en poudre. Nous préparons entièrement notre nourriture et nous nous procurons l’eau potable de la station supervisée par l’Unicef à 250 km de l’endroit où nous sommes», explique le Dr Dony. L’eau est plus que précieuse dans cette maison, surtout l’eau potable. Car elle n’est pas puisée dans le voisinage, mais cherchée en voitures dans des bidons. La station est à deux heures de voiture. L’approvisionnement est indispensable et il n’est pas question de gâchis. Pour avoir le courant, indispensable pour refroidir quelque peu le frigo et pour assurer le finissage des dessins des objets découverts, il faut mettre en marche un petit moteur rapporté de Bagdad et dont le rugissement est insupportable. Le plus frappant dans cette maison, cachée au fin fond du désert où le vent de sable souffle dix heures par jour, est sa propreté. Car malgré la fatigue des fouilles, les archéologues chassent la poussière à coups de balai. Certes, la poussière ne tarde pas à refaire son apparition, mais l’effort vaut quand même la peine. Ces jeunes archéologues sont ravis de vivre cette expérience, même si elle dure depuis dix mois et risque de se prolonger encore. Ils sentent qu’ils participent à la sauvegarde de l’Irak.
Pour effectuer les fouilles dont ils sont chargés, les archéologues en Irak vivent dans un vieux bâtiment abandonné depuis une dizaine d’années, qui servait en fait de centre d’études aux scientifiques responsables d’un projet visant à combattre la désertification. Mais depuis l’embargo, ce projet est suspendu. Pour les archéologues, il s’agit de leur «maison» qui est en fait formée de quatre hangars entourant une construction en béton servant de salon, salle à manger, salle de dessin, salle de réunion… Les archéologues vivent en famille. Le Dr Dony Georges, responsable des fouilles au sud de l’Irak, est considéré comme le grand oncle de l’équipe dont les membres se plaisent à le surnommer : «Amo Dony» alors que le Dr Nawal Metawalli, également en charge des fouilles au sud de l’Irak, est la...