À ce jour, plus de 15 000 manchots du Cap victimes de la pollution pétrolière provoquée par l’échouage d’un cargo panaméen au large des côtes sud-africaines ont pu être relâchés, grâce à un véritable mouvement de solidarité internationale. Une collaboratrice du zoo français de Doué-La-Fontaine (à 340 kilomètres à l’ouest de Paris) participe aux opérations de sauvetage qui, même si la majorité des oiseaux touchés sont arrivés au bout de leur peine, ne sont toujours pas terminées. Deux mois après la catastrophe écologique, quelque 4 000 manchots devront encore être soignés et suivis pendant quatre semaines environ. «Avant d’être relâchés, les oiseaux franchissent plusieurs étapes», a expliqué Brigitte Bodineau, 26 ans. «D’abord, ils devaient être lavés, à condition qu’ils aient assez de graisse pour pouvoir l’être, manger suffisamment, par gavage si besoin. J’ai vu deux manchots entièrement noirs, d’autres souffrent de graves problèmes oculaires», a-t-elle ajouté. Cette phase est en principe terminée pour toutes les victimes de la marée noire provoquée par le cargo minéralier «Treasure» le 23 juin au sud-ouest de l’Afrique du Sud. Les oiseaux peu touchés se sont nettoyés eux-mêmes dans des grands bacs du centre de réhabilitation. «Ensuite, il faut s’assurer que leur plumage est parfaitement imperméable et, en cas de doute, reprendre quatre jours plus tard ce combat avec les oiseaux qui acceptent difficilement certaines positions. Enfin, ils subissent une analyse sanguine. Les veines des pattes de manchot n’ont plus de secret pour moi», a raconté Brigitte Bodineau. Inquiétude justifiée Les adultes sont relâchés le matin à Milnerton Beach (région du Cap) pour pouvoir gagner d’instinct, avant la tombée de la nuit dans la zone Robben Island, île riche en faune mais tristement célèbre surtout pour sa prison où était incarcéré Nelson Mandela, ou l’île proche de Dassen. Les très jeunes y sont emmenés directement, car la nage serait trop épuisante pour eux. L’inquiétude pour cette unique espèce africaine de manchot était parfaitement justifiée : en tout, quelque 50 000 de ces oiseaux, soit peut-être la moitié de l’espèce protégée, ont été touchés à des degrés divers. Les manchots du Cap sont l’unique espèce des ces oiseaux marins incapables de voler, originaires des côtes atlantiques de l’Afrique australe, entre la Namibie et le Cap, d’où le nom français de l’espèce que les Anglo-Saxons appellent manchot à pattes noires (Black-Footed Penguin) ou manchot-âne (Jackass Penguin). Autrefois, leur nombre dépassait un million, mais ce chiffre risque d’être aujourd’hui inférieur à 100 000. Cette situation s’explique surtout par la pollution pétrolière, qui a frappé la région dès 1967, date à laquelle le canal de Suez a fermé jusqu’au milieu des années 70 obligeant les navires à contourner l’Afrique par le sud. Actuellement, les manchots du Cap sont menacés essentiellement par la pêche intensive à la sardine, qui constitue normalement la moitié de leur alimentation. Le zoo de Doué avait décidé d’envoyer sa collaboratrice au Cap suite à un appel des Sud-Africains à la solidarité internationale. Le principal problème n’était pas de trouver des volontaires – ils ont été 40 000 à se manifester – mais des techniciens connaissant bien cette espèce pour les encadrer. La jeune Française avait acquis cette expérience en tant que soigneur et animatrice du zoo de Doué, qui possède trente manchots du Cap adultes chez lesquels, l’an dernier, quatorze naissances ont été enregistrées.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À ce jour, plus de 15 000 manchots du Cap victimes de la pollution pétrolière provoquée par l’échouage d’un cargo panaméen au large des côtes sud-africaines ont pu être relâchés, grâce à un véritable mouvement de solidarité internationale. Une collaboratrice du zoo français de Doué-La-Fontaine (à 340 kilomètres à l’ouest de Paris) participe aux opérations de sauvetage qui, même si la majorité des oiseaux touchés sont arrivés au bout de leur peine, ne sont toujours pas terminées. Deux mois après la catastrophe écologique, quelque 4 000 manchots devront encore être soignés et suivis pendant quatre semaines environ. «Avant d’être relâchés, les oiseaux franchissent plusieurs étapes», a expliqué Brigitte Bodineau, 26 ans. «D’abord, ils devaient être lavés, à condition qu’ils aient assez de...