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Actualités - Chronologie

France Fabius veut enterrer la taxe Tobn, suscitant l'ire de la gauche

Le ministre français des Finances, Laurent Fabius, a tenté d’enterrer le projet de taxe Tobin sur les flux internationaux de devises, qu’il juge difficilement applicable, suscitant l’ire de parlementaires ou associations de gauche. L’idée de la taxe, imaginée par le prix Nobel d’économie James Tobin dans les années 1970, serait d’imposer à un taux relativement faible toutes les transactions de devises afin de lutter contre les mouvements spéculatifs de capitaux et de financer ainsi les programmes contre la pauvreté. Dans un rapport adressé au Parlement, Laurent Fabius a souligné les «difficultés pratiques» d’une mise en œuvre d’une telle taxe. Il a proposé, à la place, «quatre grandes orientations» pour lutter contre les excès spéculatifs. Il entend ordonner la libéralisation du mouvement des capitaux, combattre «la spéculation internationale en luttant contre la délinquance financière», accentuer «la coopération monétaire régionale» et encore renforcer le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans «la régulation du système financier international». M. Fabius a ajouté qu’il comptait agir «sur la base de ces orientations» tant au sein de l’Union européenne que des différentes enceintes financières internationales. Sans jamais condamner la taxe, M. Fabius avait déjà souligné en juillet les difficultés de sa mise en place. «Si un ou plusieurs pays refusent son application, comment fonctionne-t-elle ?», avait demandé le ministre. Les marchés étant totalement ouverts, la taxe, pour être opérationnelle, devrait normalement faire l’objet d’un consensus mondial entre quelque 182 pays et des dizaines d’entités offshore, consensus qui fait aujourd’hui défaut. Dans une première réaction outrée, les députés socialistes Julien Dray et Yann Galut ont accusé mardi le ministre de manier «la langue de bois» et d’avancer des propositions en «trompe-l’œil». «Tout le monde sait que la libéralisation des mouvements de capitaux n’a jamais été ordonnée et ne pourra jamais l’être», estiment les deux députés. «La lutte contre la spéculation ne peut se mener sans volonté politique au plan international», ajoutent-ils, en soulignant que toutes les autres mesures «ont lamentablement échoué». Ils accusent Bercy d’avoir mené une étude «technique» et non une «étude de faisabilité sur le principe politique» freinant la spéculation. Pour sa part, le président de l’association ATTAC, Bernard Cassen, a indiqué que le rapport ignore la proposition qu’il avait faite au ministre de conduire, durant la présidence française de l’Union européenne (juillet/décembre 2000), «une étude de faisabilité sur l’instauration de la taxe Tobin au seul niveau européen». M. Cassen regrette que la volonté politique fasse défaut à Bercy. Soutenue par le Conseil économique et social et par de nombreux opposants à la mondialisation de l’économie, la taxe compte de nombreux adversaires dans les milieux financiers et les banques centrales, qui la rejettent comme une idée sympathique mais irréaliste. Plus catégorique, le prix Nobel d’économie 1999, le Canadien Robert Mundell, l’a qualifiée d’«idée stupide» qui ne supprimerait pas la spéculation mais gênerait les transactions de l’économie réelle. Le projet de taxe a déjà subi quelques revers : l’Assemblée nationale française avait rejeté à l’automne dernier un amendement sur l’institution d’un impôt sur les opérations de change. Le Parlement européen avait refusé en janvier une résolution demandant à l’Union européenne de réfléchir à sa faisabilité. Mais ATTAC, dont l’objectif principal est l’institution de la taxe, n’entend pas baisser les bras. Ses militants se réunissent d’ailleurs en université d’été à La Ciotat jusqu’à samedi.
Le ministre français des Finances, Laurent Fabius, a tenté d’enterrer le projet de taxe Tobin sur les flux internationaux de devises, qu’il juge difficilement applicable, suscitant l’ire de parlementaires ou associations de gauche. L’idée de la taxe, imaginée par le prix Nobel d’économie James Tobin dans les années 1970, serait d’imposer à un taux relativement faible toutes les transactions de devises afin de lutter contre les mouvements spéculatifs de capitaux et de financer ainsi les programmes contre la pauvreté. Dans un rapport adressé au Parlement, Laurent Fabius a souligné les «difficultés pratiques» d’une mise en œuvre d’une telle taxe. Il a proposé, à la place, «quatre grandes orientations» pour lutter contre les excès spéculatifs. Il entend ordonner la libéralisation du mouvement des...