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Actualités - Chronologie

L'art phénicien : caractère composite et division en périodes

L’étude de l’art phénicien ne peut se concevoir qu’à condition d’y comprendre les divers monuments de tous les territoires qu’ont occupés les Phéniciens. N’étudier que ceux de la côte syrienne serait insuffisant. À cet égard, la connaissance des antiquités découvertes dans l’île de Chypre est particulièrement instructive ; nous savons que les Phéniciens se sont établis en de nombreux points de l’île à une époque relativement basse ; or, c’est à cette époque qu’appartient la presque totalité des monuments que nous possédons. Chypre vient donc compléter la Phénicie et, par comparaison, nous permet d’établir des classements. En même temps que nous constaterons une parenté indéniable entre l’art phénicien et celui de Chypre, nous remarquerons à quel point l’art de Phénicie est composite ; il emprunte ses éléments aux civilisations voisines : Mésopotamie, Syrie du Nord et monde hittite, Égypte et Grèce. C’est la façon d’assimiler ces emprunts et de leur donner un cachet personnel qui fait de ces éléments si divers l’art phénicien. Dans certains cas même, l’emprunt est total ; nous verrons les rois phéniciens faire usage de sarcophages égyptiens et bien souvent nous constaterons que sur un calcaire syrien, un artiste, sans doute étranger, a représenté une scène religieuse, avec inscription, purement étrangère. La multiplicité des échanges commerciaux et aussi la fréquence des invasions qui laissèrent si rarement la Phénicie maîtresse de ses destinées expliquent ce résultat en apparence paradoxal. Les monuments phéniciens sont très inégalement répartis au cours des âges ; jusqu’ici les plus anciens faisaient défaut. Les découvertes de M. Montet sont venues combler quelque peu ces lacunes et, pour la commodité de l’étude, nous pourrons distinguer dans l’art de la Phénicie deux périodes, l’une qui va des origines au début du premier millénaire avant J-C, pendant laquelle l’art phénicien paraît comme l’imitation servile de celui de l’Égypte, d’Égée et des pays étrangers à la Phénicie en général ; l’autre qui comprend le premier millénaire avant notre ère, jusqu’à la fin de l’époque gréco-romaine, où l’art ne se contente plus d’imiter, mais où il coordonne, où il assimile ses emprunts pour en faire un tout homogène. Puis nous étudierons l’art funéraire ; nous le connaissons bien, en raison des multiples découvertes de tombeaux des deux périodes ; il me paraît préférable pour éviter des redites de l’isoler dans un chapitre spécial de façon à avoir une vue d’ensemble sur ce qui reste, pour nous la part la plus importante, de l’art des Phéniciens.
L’étude de l’art phénicien ne peut se concevoir qu’à condition d’y comprendre les divers monuments de tous les territoires qu’ont occupés les Phéniciens. N’étudier que ceux de la côte syrienne serait insuffisant. À cet égard, la connaissance des antiquités découvertes dans l’île de Chypre est particulièrement instructive ; nous savons que les Phéniciens se sont établis en de nombreux points de l’île à une époque relativement basse ; or, c’est à cette époque qu’appartient la presque totalité des monuments que nous possédons. Chypre vient donc compléter la Phénicie et, par comparaison, nous permet d’établir des classements. En même temps que nous constaterons une parenté indéniable entre l’art phénicien et celui de Chypre, nous remarquerons à quel point l’art de Phénicie est...