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Actualités - Reportages

France L'excédent commercial rongé par la facture pétrolière

L’excédent commercial français a fondu au premier semestre 2000 sous le poids de la facture pétrolière, malgré la dépréciation de l’euro théoriquement favorable aux exportations. Sur les six premiers mois de l’année, l’excédent commercial français a fléchi à 32,258 milliards de FF contre 56,089 mds FF durant la même période de l’année précédente, en données corrigées des variations saisonnières, selon les chiffres publiés hier par les Douanes. L’excédent de juin s’inscrit aussi en baisse à 7,360 mds FF, contre 11,432 mds FF en juin 1999. La réduction du solde s’explique par le «seul alourdissement de la facture énergétique» de 40 milliards de francs par rapport au premier semestre 1999, s’est empressé d’expliquer le secrétaire d’État au commerce extérieur, François Huwart. La flambée du prix du pétrole, aggravée par la chute de l’euro face au dollar, monnaie dans laquelle le pétrole est traditionnellement libellé, a renchéri les importations à 997 millions de francs au 1er semestre, soit une hausse de 19,5 % sur la même période de 1999. La volatilité étant actuellement le maître mot sur les marchés pétroliers, le ministre ne se fait guère d’illusion pour cette année : il prévoit un excédent en baisse de quelque 40 mds de FF à 70 mds de FF pour 2000, contre 112 mds l’année dernière, à condition toutefois que le baril se maintienne autour des 27 dollars. Toutefois, si l’or noir avait la mauvaise idée de continuer de caracoler au-dessus des 30 dollars le baril, alors l’excédent français se limiterait à 60 mds de FF, prévoit-il. La hausse des importations s’explique aussi, paradoxalement, par la bonne santé de l’économie française dont la demande intérieure, plus forte que celle de ses grands voisins (Italie, Allemagne), se trouve en partie assouvie par les achats à l’étranger. Les exportations, elles, ont réussi à se maintenir autour des 180 mds de FF en juin (à 179,838 mds contre 181,803 mds FF en mai), grâce «aux très bons résultats de l’industrie civile», souligne M. Huwart. Pour les six premiers mois de l’année, les exportations sont en hausse de 15,6 % à 1 030 mds de francs. Aidées par la croissance américaine et la dépréciation de l’euro, les ventes vers les États-Unis se sont accélérées au 1er semestre et le solde est excédentaire en faveur de la France de 1,1 md, du jamais vu depuis 1990. En revanche, vis-à-vis de l’Union européenne, l’excédent s’est réduit, notamment en raison du repli des exportations agroalimentaires après les festivités de l’an 2000. Mais «les perspectives à l’exportation demeurent très favorables pour les prochains mois, compte tenu du plafonnement à un haut niveau des commandes étrangères», prévoit Régis Platel, économiste à Natexis Banque. M. Huwart, pour sa part, se dit «satisfait» des résultats français qui témoignent de «la bonne compétitivité de nos produits», dans un contexte de «fort dynamisme des échanges mondiaux». Au total, la contribution du commerce extérieur à la croissance, déjà très faible en 1999, de l’ordre de 0,1 point pour une hausse du PIB de 2,9 %, devrait être carrément nulle cette année, selon les prévisions de l’Insee. «Mais cela n’a rien d’alarmant», indique Michel Devilliers, responsable du département de la conjoncture à l’Insee. «L’époque du fétichime du solde commercial, justifié dans les années 1980 par une carence de la compétitivité française, est aujourd’hui révolue, car l’industrie française est désormais compétitive», explique-t-il. Il reste que le solde commercial français s’est réduit comme peau de chagrin depuis 1997 : on est passé d’un record à 157 mds FF en 1997 à 142 mds en 1998, puis 112 mds en 1999 et enfin 70 mds prévu cette année. Dans le même temps, la croissance française se renforçait, s’appuyant sur la demande intérieure qui alimente les importations.
L’excédent commercial français a fondu au premier semestre 2000 sous le poids de la facture pétrolière, malgré la dépréciation de l’euro théoriquement favorable aux exportations. Sur les six premiers mois de l’année, l’excédent commercial français a fléchi à 32,258 milliards de FF contre 56,089 mds FF durant la même période de l’année précédente, en données corrigées des variations saisonnières, selon les chiffres publiés hier par les Douanes. L’excédent de juin s’inscrit aussi en baisse à 7,360 mds FF, contre 11,432 mds FF en juin 1999. La réduction du solde s’explique par le «seul alourdissement de la facture énergétique» de 40 milliards de francs par rapport au premier semestre 1999, s’est empressé d’expliquer le secrétaire d’État au commerce extérieur, François Huwart. La...